Voy. le Courrier de Art, n° du 24 mai
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On remarquera que les Italiens de cette époque, daccord sur ce point avec les Flamands, se plaisent a prodiguer des motifs sans lien avec le sujet principal, mais qui, en charmant la vue, remplissent la premiére mission de Vart décoratif. De ce nombre sont les oiseaux, les quadrupédes, les fleurs qui, dans un si grand nombre de tentures, occupent le premier plan et comme la place d’honneur. Dans la Présentation de la téte de Pompée, c'est un paon; le méme volatile se retrouve dans l’Annonciation, de la collection Spitzer, et dans la Descente du Saint-Esprit, de Véglise Santa- Maria della Salute, a Venise; ailleurs, dans la Péche miraculeuse de Raphaél et dans la Barque de Vénus (collection du baron de Worms}, ce sont des grues gigantesques, etc., etc. Cette saine tradition se maintint longtemps : au xvme siécle encore, dans les Résidences royales, tissées aux Gobelins, on rencontre de ces motifs si éminemment décoratifs . ici des oiseaux, la un chat, ailleurs des vases de-fleurs.
A cété de l’Italie, il faut citer PEspagne, tributaire comme elle des ateliers flamands. Les résidences royales regorgeaient de ces précieux tissus, qui aujourd’hui encore, 4 Madrid ou a l’Escurial, se chiffrent par centaines. Parmi les présents que le roi de Castille envoya a Tamerlan (+ 1405), on remarquait des tapisseries dont les portraits étaient faits avec tant de délicatesse, dit un chroniqueur persan, que si on voulait leur comparer les ouvrages merveilleux autrefois exécutés par le peintre Mani sur la toile d’Arténe, Mani serait couvert de honte et ses ouvrages paraitraient difformes.