‹ La tapisserieChapitre 15 sur 39 · Plutarque, Démétrius , XII · texte numérisé non relu

Plutarque, Démétrius , XII

tocle, montre, au surplus, de quelles complications comme dessin ces beaux ouvrages étaient coutumiers. Interrogé par Xerxès, auprès duquel il s’était réfugié, sur les projets que nourrissaient les Grecs, le héros répondit : « La parole de l’homme ressemble proprement à une tapisserie historiée et figurée, pour ce que en l’une et en l’autre les belles images qui y sont, se voyent quand on les étend et qu’on les déploie, et au contraire n’apparaissent point quand on les serre et qu’on les drape1 ».

Quanta la qualité textile des tapisseries de ces époques lointaines, nous pouvons nous en faire une idée approximative par les précieux spécimens qui sont une des curiosités du Musée d’art et d’industrie de Lyon, et par la collection de tapisseries coptes que possède la Manufacture des Gobelins.

Ces débris, malheureusement, ne proviennent que très exceptionnellement de grandes tentures d’appartement, ou de tapis destinés à recouvrir des sièges. Presque tous ont été retrouvés dans des sépultures antiques, notammentàAkhmin (l’antique Panopolis), àSakkarah, àFayoum, et faisaient partie de la parure ou du vêtement des personnages ensevelis.

Ces spécimens, si on les compare aux fragments de décoration et surtout aux mosaïques de ces temps lointains, et si l’on s’en rapporte au style de leur ornementation, paraissent remonter, pour les plus anciens, au 11e siècle de notre ère, et pour les plus récents, au vnc et au vme. Le dessin en est généralement assez sommaire, et très inférieur à celui des vases des époques précédentes. Mais il est facile de voir cependant que les artistes auxquels on en a demandé les modèles possédaient un sens très remarquable des exigences de la décoration. Si les personnages, en effet, sont le plus souvent sacrifiés et semblent parfois grotesques,

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