SCÈNE V
FL0R1NE, à part.
Elle n’a pas l’air trop fâché! (Haut.) Madame?...
MADAME D'haRYILLE, descendant à gauche.
Vous qui savez tout, Mademoiselle, pourriez-vous me donner quelques renseignements sur les personnes qui habitent la maison d’en face?
FLORIDE^ à part.
Bien!... pour le billet. (Haut.) Oh! certainement. Madame, nous avons trop peu de voisins pour que je ne les connaisse pas tous.... D’abord, au premier étage, un vieux général qui est aux eaux de Plombières... Au deuxième, une famille... le père, la mère et trois demoiselles, qui sont tous à la campagne... Au troisième...
MADAME D’HÀRVILLE.
Au troisième?
FLORINE, allant vers la fenêtre.
Là où il y a des fleurs...
MADAME D’HARVILLE
Ne vous approchez donc pas de la fenêtre... si l’on vous voyait, quel air ça aurait-il? Au troisième?...
FLORINE, revenant.
Un jeune homme seul.
MADAME DHARV1I.LE.
Et ce jeune homme?
FLORINE
M. Lucien Dubreuil... un jeune homme très-bien... Il est avocat.
MADAME D’HARVILLE
Il est avocat !... (Elle réfléchit, à part.) Quelle idée folle me passe par la tête !... (Haut.) Il est avocat?
FLORINE
Oui, Madame. (Elle va fermer la fenêtre.)
MADAME D’HARVILLE, à part.
C’est bien hardi peut-être... Oh ! ne réfléchissons pas... car je renoncerais à mon projet... (Elle va à la table et écrit.)
FLORINE, à part, regardant sur le guéridon.
Le billet n’y est plus. (Haut.) Madame n’a plus besoin de moi?
MADAME D’HARVILLE, tout en écrivant.
Il m’est venu un scrupule à propos de mon procès avec M. Roland... Je voudrais consulter un homme de loi, et, puisque j’en ai un pour voisin... (Lui remettant une lettre qu’elle vient d’écrire.) Faites remettre à l’instant cette .lettre à M. Lucien Dubreuil.
FLORINE; surprise»
A ce jeune homme ?
Oui... à cet avocat... allez...
FLORINE, de même.
J’y vais, Madame. (Elle sort au fond.)