SCÈNE III
MADAME D’HARVILLE, FLORINE
MADAME DHARVILLE, des gravures de modes A la main.
Ab! vous êtes là, Florine?...
FLORINE
Oui, Madame... j’entrais à l’instant dans ce salon... Est-ce que Madame m’a sonnée?
MADAME n’ilARVILLE.
Non.
FLORINE
Faut-il préparer la toilette de Madame ? Madame sortira-telle ce matin?
MADAME d'HARVILLE.
Je ne sais.
FpORINE.
Il fait un temps superbe.
MADAME d’HARVILLE.
Sortir... rester... Je n’ai de goût à rien depuis quelque temps.
FLORINE
C’est que peut-être Madame s’ennuie d’être veuve.
MADAME D’HARVILLE
Plaît-il?
FLORINE
Pardon!... c’est une idée que j’ai comme ça... il me semble que le veuvage doit être la chose du monde la plus triste, quand elle n’est pas la plus gaie !
MADAME D'HARVILLE
Ah!... Et qui vous a donné ces idées-là. Mademoiselle?
FLORINE
Personne... elles viennent toutes seules... J’ai bonne opinion du mariage... il n’y a pas de mal à ça... et je gagerais qu’au fond Madame est du même avis que moi.
Vous êtes une sotte. (Elle va s’asseoir au bureau.)
FLORINE*
Je ne dis pas cela pour l’époux que vous regrettez... Vous n’avez pas été heureuse avec M. d’Harville, ce n’est pas une raison pour renoncer au mariage.
* Madame d’Harville, Florine.