LA PRESSE
vie économique de la Bohême dans la revue France-Bohême publiée à Paris. Parmi les publications allemandes, l'hebdomadaire économique Die Wirlschaft est bien fait, et la revue mensuelle Deutsche Arbeit in Bôhmen s'applique à faire ressortir l'importance de la place que tiennent les Allemands dans la vie de la République.
L'Office de statistique de Prague publie des Rapports dont il paraît une édition française, un Bulletin consacré surtout aux questions de méthode de la statistique, et un Manuel, avec une édition française. Un certain nombre de documents importants. Constitution, lois, discours, programmes, sont publiés en français et en anglais dans des brochures qu'édite la Gazette de Prague. Il convient enfin de signaler ici une publication qui doit, si elle suit l'exemple de ses modèles, devenir un périodique annuel, le Ceskoslovensky Kompas (La boussole tchécoslovaque), mine des renseignements les plus précis sur la finance, le commerce et l'industrie de la République. Dans l'ancien Kompass austro-hongrois, qui groupe désormais en un volume spécial les matières qui concernent la Tchécoslovaquie et la nouvelle Autriche, on peut, quand on n'est pas à même de consulter un Kompas tchèque, trouver l'essentiel.
Le plus connu des journaux quotidiens tchèques et le plus volontiers cité est les Nàrodni Lisfy (Feuilles nationales). C'est un grand journal par le format, par la matière, par l'aspiration à donner une information étendue et à exercer une direction sur l'opinion publique. Peut-être est-il plus lu que suivi. Il représente l'orthodoxie nationale-démocrate, dont s'écarte un peu, au profit d'une conception socialisante, l'autre grand journal du parti, les Lidoué Xoviny (Journal du Peuple) de Brno. Bien fait, très nourri, d'esprit assez critique et de jugement indépendant, Lidové Noviny se rapproche en cela de Tribuna, assez nouveau journal de Prague, qu'il est difficile de classer dans un parti, dont l'inspiration est réaliste, et dont la facture montre un peu les risques, mais surtout le bénéfice qu'offre à l'esprit tchèque une intime collaboration avec l'élément isréalite. Cas (Le Temps) est le quotidien des réalistes, feuille de professeurs, dont chaque article est une dissertation, et qui ne sacrifie guère aux grâces : il n'attirera jamais le grand
public, mais, pour quiconque est capable d'un effort, il est une mine précieuse et riche. Ceské Slovo (La parole tchèque) , l'organe des socialistes tchèques, a, au contraire, le don de simplifier, de l'élan, une fougue parfois trop impétueuse. Venkov (La campagne), le grand journal agrarien, qui passe pour le mieux fait des journaux tchèques au point de vue métier, a quelque penchant à chercher la nouvelle à sensation, mais souvent, surtout par les articles de ses collaborateurs universitaires, fait autorité. Cech (Le Tchèque) s'adresse aux lecteurs catholiques; 28 Éijen (Le 28 octobre), organe des socialistes réformistes, inégal, est souvent très attachant. Ndrodnï Politika (La politique nationale), journal neutre, avec un léger faible pour la démocratie nationale, s'adresse au public le plus large. Dans la presse socialiste, Prdvo Lidu (Le Droit du peuple), organe ofTiciel du parti démocrate socialiste tchécoslovaque, un peu compact, a en général de la tenue, et souvent des idées ; Rude Prdvo Lidu (Le Droit du peuple rouge) a essayé de s'approprier son titre, sans réussir à lui prendre ses qualités ; et Rovnost (L'Egalité), de Brno, reste à droite du Rude Prdvo, mais se tient à gauche du Prdvo Lidu.
Longtemps bridée par les chicanes magyares, et s'adressant à un public dans l'ensemble moins éclairé et moins aisé, la presse slovaque est de format et de prétentions plus modestes. Son horizon est resté encore plus strictement provincial : mais elle tend visiblement à s'émanciper et à se mettre à la hauteur de sa dignité nouvelle. Narodnie Noviny (Le Journal national) de Turcianskj'^ Sv. Martin a le prestige de l'âge et de la tradition nationale, dont la petite ville, qui aspire au titre de capitale de la Slovaquie, est depuis près d'un siècle le foyer. Bratislava, la capitale administrative et économique, en plein essor, dispute à Martin son influence, et Slovensky Dennik (Le Journal de Slovaquie) est pour la vénérable feuille un sérieux concurrent.
Dans la presse allemande, Prager Tagblatl occupe une place à part. L'abondance et le sérieux de ses informations politiques et commerciales lui ont valu dans les deux nationalités une clientèle telle qu'on le nomme plaisamment le plus répandu des journaux tchèques. Plus raisonnable et