LA PRESSE
triche, donnent à la plupart des journaux les moyens de vivre, et permettent à certains d'être des entreprises commerciales excellentes.
La presse de la capitale n'a pas le monopole de diriger l'opinion. La décentralisation historique, qui a maintenu l'activité de la vie provinciale ou cantonale, et le groupement régional des nationalités assurent à certains journaux de province une influence sérieuse, et donnent aux meilleurs d'entre eux une autorité qui rivalise avec celle des plus grands de Prague. On peut citer entre autres les Lidové Noviny, de Brno, le Cesky Dennik ou la Novd Doba de Plzen, les Narodnie Noviny de Turciansky Sv. Martin, le Slovensky Dennik, de Bratislava, et, entre les journaux allemands, la Reichenberger Zeitung, le Pilsner Tagblall, la Freiheit, et surtout la Morgenzeitung de Moravskâ Ostrava, très nourrie, très informée, très bien faite, si l'on ne considère pas sa tendance politique, et dont le rayon d'action s'étend sur la Moravie, la Silésie, la Slovaquie orientale et jusqu'en Galicie. Dans la presse magyare de Tchécoslovaquie on ne rencontre point de journal qui s'élève au niveau de ceux-là.
Les feuilles tchèques étant, en général, inaccessibles à l'étranger occidental, il se rejette, pour peu qu'il ait quelque teinture de l'allemand, sur les journaux de cette langue. Tous, ils lui présentent les événements politiques non seulement de la Tchécoslovaquie, mais du monde entier, sous le jour le plus favorable à l'Allemagne, avec des nuances, certes, et très sensibles, dans le parti pris et la partiaUté, mais toujours avec parti-pris et partialité. Au temps de l'Autriche, les Tchèques avaient, pour exposer et défendre leurs idées, un journal allemand. Union. Pour en prendre la place, une société tchèque, que l'on dit appuyée par le gouvernement, vient de lancer un grand journal allemand, Prager Presse. D'autre part, Prague a vu naître, dès les premiers mois de la République, un journal en français, la Gazette de Prague. Conçue d'abord à l'intention de la colonie étrangère à la fois comme journal d'informations mondaines et organe de propagande, la Gazette a peu à peu dépouillé le premier de ces rôles pour se donner tout entière au second, de sorte qu'en vérité elle s'adresse aujourd'hui,
malgré qu'elle en ait, plus aux pays étrangers qu'aux habitants étrangers de Prague. On dit qu'elle est destinée à s'élargir, dans quelques mois, en un grand journal du type de la Prager Presse, où celle-ci trouverait son pendant.
Parmi les publications périodiques autres que les journaux, les plus nombreuses, 300 environ, sont du domaine du commerce et de l'industrie. L'économie politique, théorique ou appliquée, en compte près de 150 ; la religion, i' administration et la littérature d'agrément, chacune à peu près 100, la pédagogie et la philosophie 75. Il est remarquable que la proportion des pubhcations allemandes réponde à peine à celle de la population allemande dans la République. Pour tirer de ce fait des conclusions plus précises, il faudrait sans doute, connaître le nombre des abonnés et des lecteurs des divers groupes nationaux de périodiques, et aussi les dates et les conditions de leur création. A première vue,il semble bien que cette constatation prouve que la vie intellectuelle et sociale est chez les Tchécoslovaques au moins aussi active que chez les Allemands.
Les principales revues de caractère général, qui traitent les questions politiques, intellectuelles et économiques, dans un esprit de haute vulgarisation à demi-scientifique, sont Ceskd Revue (La Revue Tchèque), Nase Doba (Notre temps), Noué Cechy (La Bohême nouvelle). Ceskd Demokracie (La Démocratie tchèque) et Realistickà Stràz (La Sentinelle réaliste) sont des revues de doctrine et de critique poUtique et sociale, un peu austères peut-être, mais très pleines, toutes deux organes de groupes indépendants, Tune assez proche du parti socialiste tchèque, l'autre d'une fidéUté intransigeante au réaUsme de Masaryk. Socialistické Listy (Pages socialistes) est l'hebdomadaire du socialisme réformiste, Akademie la revoie mensuelle d'un socialisme plus orthodoxe. Parmi les revues économiques tchèques, Nàrodohospodârsky Obzor (Revue d'économie politique) a une tenue scientifique et fait une très large place aux questions de doctrine ; Cesky financm'k (Le financier tchèque) envisage d'un point de vue plus pratique l'ensemble des affaires économiques ; Prûmyslouy Véstnik (Le Messager de l'industrie) est une source abondante de renseignements économiques. On peut trouver des indications pratiques sur la