‹ La technique des courants alternatifs a l'usage des Belectriciens, contre maîtres, monteurs etcChapitre 131 sur 153 · volts · texte numérisé non relu

volts

11 s'ensuit qu'à la station génératrice la tension, au départ, devra avoir pour valeur

V^ I (3 658,2 + 336)2 j. (4go + 420)» ) r= 4 091 volts,

-et le décalage de phase de Tintensilé par rapport h la tension

sera

, 4sn + 420 ,^ .^, y = arctang3^,^^^^3.^^ = i20 4^.

LIGNES DE TRANSMISSION. SYSTKMES DE DISTRIBUTION 5i87

251. Effets dus à la capacité. — Pour calculer les ciïels ^produits par la capacité de la ligne^ effets qui, ainsi qu'on l*a fait remarquer au paragraphe 139 du tome I, présentent seuleineiil une ccHaine importance dans le cas de très longues l^nes, on peut recourir à une simple considérai ion qui, comme Ta démontré Tau teur^ permet de déterminer promplemenl la •capacité d'un conducleur par rapport i la terre et par rapport ^ux autres conducteurs qui lui sont parallèles.

Il convient d'abord de faire remarquer que la valeur de la <îapacité ainsi obtenue ne tient pas compte de la capacité des isolateurs qui supportent le (il et que, dans le cas de très hautes tensions exigeant des isolateurs de grandes dimensions, ■cette capacité peut être du mrme ordre de grandeur que celle •du conducteur considéré isolément. On ne lient pas compte non plus de rinfluence des appuis métalliques lorsque la ligne en comporte.

l^a capacité d'un conducteur cylindrique, par rapport h un plan indéfini mélaHique qui lui est parallèle, cas identique à celui d'un conducteur ordinaire par rapport à la terre, a pour valeur, par unité de longueur, lorsqu'elle est exprimée en unités électrostatiques et que le fil se trouve dans l'air dont la -constante diélectrique est égale à l'unité :

21og.^

r étant le rayon du conducteur el - la distance de son axe au

plan métallique ou à la terre {fig. 277). Cette capacité a une valeur double de celle que le même conducteur présenterait par rapport à un autre conducteur parallèle, placé à la même

<listance ^ du plan, mais do côté opposé, sur la rertirale

menée du conducteur sur le plan et ayant une charge conïtraire à celle du premier.

i. Eleliricista, février 1932.

Alors, avant de considérer Taction de la lerre, on peut, dans les cas de la pratique, considérer celle du second conducteur pris comme image virtuelle du- premier, en supposant un miroir étendu à la sur» face du sol, étant admis que la capacité de ce conducteur par rapport à son image est exprimée par

2log,

et non par

comme cela serait si le second conducteur

était réel au lieu d'ôtre une simple image

virtuelle, Fio. 277. Dans ces conditions, si le conducteur par

unité de longueur possède une charge d'électricité de quantité q que Ton suppose répartie le long de Taxe du fil, le potentiel f/ à la surface du conducteur dépend de y = eu et, par conséquent,

: 2g loge

2 loge ^

Les surfaces équipotentielles en dehors du fil vont graduellement en se déformant, et la déformation maximum se trouve comprise entre le conducteur et la terre qui, considérée comme un plan, constitue ainsi une surface de niveau U =i).

Dans les régions voisines du conducteur considéré, si celui* ci est suffisamment éloigné de la lerre, les surfaces équipotentielles dues à la charge q peuvent être considérées comme cylindriques et concentriques au fil et cela avec une approxi-

mation bien sufiisante au moins pour le jr de la distance qui

sépare le conducteur de la terre. Pratiquement on rencontre dans cet intervalle les autres conducteurs de la ligne.

Ceci dit, on peut admettre que le potentiel au point P dû à la charge q est

U, =. 2q loge-.

Si en P se trouve un conducteur de faible diamètre tendu parallèlement au premier, on peut admettre alors que le potentiel U, dû à la charge q^ se répartit uniformément sur sa surface ; donc ce conducteur reçoit une charge, par unité de longueur, d'une quantit ^ d'électricité y^, charge que Ton suppose concentrée le long de son axe. Dans ces conditions, le potentiel à la surface de ce conducteur aura pour valeur

U^+2qp\oge^,

Dp étant la distance qui le sépare de son image virtuelle et Vp étant le rayon de sa section. Si autour du point P se trouvent d'autres conducteurs cylindriques, placés parallèlement et chargés, le potentiel aura pour valeur définitive

Up = 2qp logeT^ + ^^^ Ï^S^^r (^^)

Cette équation peut être établie pour chacun des conducteurs de la ligne et, puisque la valeur du potentiel de chacun des différents conducteurs est connue, dans les conditions de fonctionnement normal, on a ainsi un nombre d'inconnues q égales à celles des équations. U et q étant connus, la capacité de chaque conducteur peut être immédiatement déterminée.

En se référant à la définition du potentiel, l'expression donnée représente le travail à effectuer en opposition aux forces électriques pour transporter l'unité de quantité d'électricité du point où le potentiel est zéro jusqu'à la surface du conducteur considéré. Il s'ensuit que la valeur de la capacité donnée par la formule représente la capacité de ce conducteur par rapport à un plan imaginaire où le potentiel peut être considéré comme

590 LA TECHNIQUE DES GOURiLNTS ALT£RNATIFS

nul (/.one neutre). Ainsi, dans le cas d*uue ligne à coûtant alternatif simple [fig. 278), lu capacité serait représentée par celle du condensateur constitué par un conducteur et ie plan US par rapport auquel les deux conducteurs sont symétriquement placés.

IR

FiG. 218. Fio. 279.

Dans le cas d'une ligne triphasée, la capacité serait exprimée par i*apport à une ligne imaginaire de potentiel nul (intersection de trois plans de potentiel nul) occupant le centre du triangle {fig. 279). Ces deux cas et particulièrement le second présentent un grand intérêt, c'est pourquoi on va les développer.

252. Cas d'une ligne a colrant alternatif simple. — Lesdeux conducteurs ayant à tout instant des potentiels égaux, mais de sens opposés, et, par conséquent, les charges étant égaleset de sens contraires, on peut exprimer la valeur instantanée du potentiel pour l'un comme pour l'autre des deux conducteurs par

expression qui donne, en supposant que les con^lucteors soient situés dans un plan horiaontai (D = D^),

u = lq (iog«d — iog^r) = 2^ Iog« -- La capacité d'un des conducteurs, considérée comme on Ta

LIGNES DE TBAXSMISKIOX, SYSTÈME» DE DISTiaBUTION 591

indiqué précédemment, est par conséquent

2 loge -

La capacité de Tautre conducteur a la même valeur. Les deux condensateurs étant montés en cascade, la capacité complexe, c'est-à-dire la capacité de la ligne par unité de longueur, a une valeur moitié de la précédente, soit

4 log, J:

résultat bien connu.

253. Cas d'une ligne triphasée. — Le problème relatif à une ligne triphasée est beaucoup plus simple à résoudre lorsque, au lieu des distances Dj, D^, D3 séparant les conducteurs de leurs images virtuelles, on prend une distance unique, D, correspondant à la valeur moyenne des précédentes. L'erreur que l'on commet ainsi est pratiquement négligeable.

On a, en général,

M = 2 (0 sin wf) l0ge ^ + 2 [0 sîn («f - y)] loge^ +

+ 2[0sm(^«-^^)]log,^.

En mettant dans les trois termes la distance unique D et en développant, on obtient

M = 20 I sina>( loge- + ( — 2 **°^^ "" 2 ^°^***0 ^^8<r T +

^- - sinwï + ^ coswn loge^ jr.

c'est-à-dire

w == 20| sintot loge s'intat loge"; I

u = 20 sin wt loge -

et, par conséquent, la capacité d'un des conducteurs d'une ligne triphasée par rapport à la zone neutre est exprimée par

0 sino)g j

<5'est-à-dire par

par unité de longueur, correspondant à la moitié de la capacité du condensateur formé par deux conducteurs seulement.

254. Pour appliquer la formule qui vient d'ôfre établie, il faut exprimer la capacité en farads, les tensions en volts et les intensités en ampères. On sait que l'unité électromagnétique absolue de capacité vaut (3 . 10^^)^ unités absolues électrostatiques et que le farad a pour valeur 10~^ de l'unité absolue. Le rapport entre le farad et l'unité absolue électrostatique est donc

(3. i0<0)2. 10-» = 9 . lOH.

Si ensuite on rapporte la capacité au kilomètre de longueur {10'* cm) et que l'on réduise les logarithmes naturels en logarithmes décimaux, on a, une fois les opérations effectuées :

Pour une ligne à courant alternatif simple :

Ç - ! — farad par kilomètre de ligne ;

Pour une ligne triphasée et par rapport à la zone neutre :

Ç =z -2—^ '— — farad par kilomètre de conducteur.

La capacité étant connue, on trouve immédiatement la valeur efficace de l'intensité du courant de charge dans le condensateur à l'aide de la. formule (32) (Voir § 65) :

le = i^^CU,

U représentant la valeur efficace de la différence de potentiel entre les armatures du condensateur, différence de potentiel normale pour le cas d'une ligne à courant alternatif simple et différence de potentiel entre un conducteur et le centre de Tétoile (tension correspondant à une phase) dans le cas d'une installation triphasée.

Ainsi, dans l'exemple — 4° — donné page 581, dans lequel rf = 60cm et r = 0,4cm, on a

___ ^»"-*^ - ^^ =: 111,25 . 10- <» farad par kilomètre,

et pour 60 kilomètres de conducteurs,

0 = 6675. 10 -<o farad.

La fréquence étant de 40 périodes par seconde, l'intensité du courant de charge pour chaque conducteur est

Je = 2r/'CU = 250 . 6675 . lO"*» . H 600 = 1,94 ampère.

11 en serait ainsi si la totalité de la capacité se trouvait en un seul point sous la tension alternative U\ mais les phénomènes sont bien différents.

La capacité n'est pas en effet placée en un point unique, mais est uniformément répartie sur toute la longueur de la ligne; c'est pourquoi on examinera dans un des paragraphes suivants le moyen d'établir des formules générales qui tiennent compte des phénomènes de réactance et de capacitance de la ligne ainsi que des dérivations d'un fil à l'autre ; on se bornera à indiquer la méthode à suivre pour obtenir une solution approximative qui, dans la pratique, est plus que suffisante pour se rendre compte de la grandeur du phénomène.

255. Capacité répartie en quelques points. — La capacité totale de la ligne ou du conducteur, suivant qu'elle est à courant alternatif simple ou triphasé, peut être subdivisée en un certain nombre de capacités égales et l'on peut admettre qu'elles sont placées en quelques points seulement de la ligne. Prati-

59i LA TECHNIQUE DES COURANTS ALTERNATH^S

quement, iî est plus que suffisant de concentrer en im pomt la capacité correspondant à 10 kilomètres de ligne, 5 krïomètres de chaque côté de ce point. On voit aFors immédiatement que Timpédancc de la dernière section APQB du circuit {fig, 280) est en dérivation avec l*impédance du condensateur AB et on trouve alors la valeur résultante. Cette impédance est en outre en série avec Fimpédance de la section ACBD du €ircuit et, à son tour, cette impédanc3 totale ainsi trouvée est en dérivation par rapport à celle du condensateur CD. En procédant ainsi jusqu'au point de départ de la ligne, on peut calculer la valeur approximative de l'impédance de la totalité de cette ligne. Naturellement on peut aussi calculer, section par section, les tensions et intensités correspondant à une charge déterminée.

M est évident que Fon peut établir des formules génévaJes pour chaque section d'une ligne divisée en un nombre plus oa moins grand de parties. Le calcul n'est point compliqué et constitue un excellent et utile exercice d'application; mais il est préférable de développer graduellement le problème numérique du cas considéré, parce que Ton peut ainsi suivre les variations des valeurs de la tension et de Tintensité.

Pour la rapidité des calculs, l'emploi de l'hyperbole équilatère, exposée au paragraphe 37, est d'un grand secours, précisément parce qu'il est constamment nécessaire de trouver la valeur de l'admittance correspondant à une certaine impédance et réciproquement. Mais il ne faut pas perdre de vue qu'avec les grandeurs en jeu dans le cas d'une ligne aérienne, le degré d'approximation que l'on peut atteindre par l'emploi de la méthode graphique est très faible.

256. Application pratiqce. — Dans une installation de transport d'énergie par courants triphasés à lignes multiples, la résistance d'un conducteur est de 20 ohms et la réactance apparente de 25 ohms. La capacitance totale de la totalité du conducteur par rapport à la zone neutre (conducteur idéal reliant les centres des étoiles) est de 3160 ohms. La tension

«toilée à Tarrivée est de 15000 volts efficaces el Ton admet que, par suile de dérivations d'uû conducteur à Tautre, chaque branche du circuit triphasé absorbe environ 2,5 ampères.

On veut calculer la tension qu*il faudra appliquer au départ de la ligne, lorsque la charge à Tarrivée exige 94 ampères de courant énergétique et 42 ampères de courant magnétisant décalé en retard.

A rx

Fio. 280.

On peut admettre que la ligne correspond à un circuit élémentaire divisé en 5 sections et que la cinquième partie de la capacité totale est placée au centre de chacune de ces sections. Alors Timpédance présentée par les deux sections extrômes de la ligne AP et PI (yîy. 280) est 2 — j2,b, tandis que, dans les sections intermédiaires AC, CE, EG, Gl, cette impédance a pour valeur 4 — jb.

En dérivation entre les points AB, CD, etc., on suppose qu'il y a des condensateurs, chacun d'eux présentant une eapacitance de

— = 3 160 . 5 =: 158000 ohms.

Déplus, pour tenir compte des dérivations existant entre les divers conducteurs, on admet que chacun de ces condensateurs

absorbe un courant énergétique de ^ = 0,5 ampère, correspondant à une résistance ohmique de 30 000 ohms sous une tension de 15 000 volts, de sorte que l'impédance de chaque condensateur est exprimée par

(Z)= 30000 -t-il5 80O

correspondant à une admitlance

(Y) — 0,000025 — jO,000013,

ce qui résulte de calculs effectués à Taide des formules (23) et (24).

L'intensité totale et le décalage de phase à l'arrivée sont

/:==: y/j (94)2 + (42)2 j ^ 103 ampèfcs

langç =gl = 0,445, f = 24°.

Par conséquent, Timpédance du circuit du récepteur PQ est, d'après la formule (29),

(Z) = IL^,.£sjni^,33^2-;60.

En ajoutant à cette impédance celle de la partie AP de la ligne, on a

comme expression de Timpédance dans la section du circuit APQB.

A cette impédance correspond une admittance

à laquelle il faut ajouter Tadmittance du premier condensateur :

0,000025 — jO,000013.

Par conséquent, l'admittance totale entre les points A et B est la suivante :

A cette admittance correspond une impédance

à laquelle il faut ajouter l'impédance 4— yS de la partie AC. On continue à opérer comme il vient d'être indiqué et ainsi

de suite, en remontant jusqu'au départ de la ligne. En effectuant les calculs, on trouve :

Impédance de la partie CAPQBD du circuit :

Tadmitlance correspondante étant

(Y) = 0,005 840 +yo,002 809.

En y ajoutant Tadmittance du condensateur CD, on a Tadmittance totale du circuit considéré, qui est maintenant

et l'impédance correspondante est

On ajoute l'impédance de CE, et l'on a

pour expression de l'impédance de EC...DF, à Jaquelle correspond une admittance de

(Y) =1 0,005 606 +yo,002 794.

En ajoutant à cette dernière admittance celle du condensateur EF pour avoir l'admittance totale dudit circuit, le résultat est

(Y) =0,005 631 +iO,002 78l.

A cette admittance correspond une impédance

h laquelle on ajoute l'impédance que présente EQ, ce qui donne

comme valeur de l'impédance du circuit GE...FH, à laquelle correspond une admittance

598 ul technique des courants alternatifs

. En y ajoutant l'admittance du condensateur GH, on trouve

qui est l'expression de Tadmitlance totale de ce circuit, dont Timpédance est

On ajoute à cette impédance celle de la partie G I, ce qui donne

(Z) = lol,86— ;80,57,

dont radniiUance correspondante est

On y ajoute Tadmiltancc du condensaleur IL, et Ton a

à laquelle correspond Timpédance

Enfin, en ajoutant l'impédance de la partie IP', qui est égale à 2 — y2,5, on a

expression donnant Timpédance totale de la ligne, réceptrice comprise, dans les conditions de charge indiquées.

A la rigueur, pour trouver la valeur de la tension au départ, il faudrait maintenant calculer les intensités de courant dans chacune des parties de la ligne et, après avoir déterminé les chutes de tension active et réactive, les ajouter aux tensions correspondantes précédentes. Mais on peut procéder d'une manière plus rapide à Taide d'un calcul approximatif. On peut admettre que, pour chaque condensateur, la tension est la môme et que chacun d'eux consomme 0,5 ampère de courant énergétique et 0,95 ampère de courant magnétisant en avance^

15000 0,95 étant égal à • L'alternateur devra donc débiter

lo oUU

94 + (5 . 0,5) = 96,5 ampères

LIGNES DE TRANSMISSION, SYSTÈMES DE DISTRIBUTION 59d

de courant énergétique et

42 — (5 . 0,95) = 37,25 ampère*

de courant magnéiisant. Par conséquent l'intensité totale a pour valeur

I = v!(î^,^>)*+ (3*7,25)2; ~ 403,4 ampères. La valeur absolue de Timpédance étant

Z = vM (1^)3,77)2 + (82,?5)2 ! = 174,1 ohms,

il s'ensuit que la tension nécessaire pour obtenir un débit de 103,4 ampères est de

r = Z/ = 174,4 . 103,4 =: 18 033 volts,

ce qui donne la solution du problème.

11 convient de faire remarquer qu'en négligeant la capacité et les dérivations entre conducteurs, Timpédance totale de la ligne est de

et, en valeur absolue,

Z = V { lir»3,2)a + (85)« i = 175,2 ohms. L'intensité totale étant

J = yj 1 (9t)» + (42)« I = 103 ampères,

la tension îi appliquer au départ pour obtenir 15 OCO volts dans les conditions de charge indiquées est

U = 175,2 . 103 = 18 045 volts.

On peut en conclure que la capacité de la ligne considérée peut parfaitement bien être négligée dans les conditions de charge normale. Cette capacité, donnant lieu à un couranl de

charge décalé en avance de | par rapport a la tension, peut

produire des eiïets sensibles à vide ou lorsque la ligne vient

à être brusquement interrompue ; c'est ce qui a été expliqué complètement dans le paragraphe 139 du tome I.

257. Capacité uniformément distribuée. — Dans une ligne de transmission électrique d'énergie, la capacité n'est point répartie en des points déterminés, mais bien uniformément distribuée. Ce n'est que pour faciliter les explications que l'on a admis, dans le paragraphe précédent, que les capacités étaient réparties en plusieurs points déterminés, afin de montrer, par un exemple pratique, le peu d'influence qu'exerce la capacité dans le cas de tensions de 15000 à 20000 volts et d'une longueur de ligne de 60 à 80 kilomètres. Il faudrait maintenant, pour préciser, développer le cas général pour arriver a établir les formules pratiques permettant d'éviter les calculs intermédiaires, afin de déterminer, étant donné la tension à l'arrivée, la valeur de celle à appliquer au départ.

Le calcul à faire est un peu laborieux, soit que l'on ait recours à l'analyse, soit que Ton utilise la méthode des quantités complexes.

Avec la méthode analytique, on part toujours des équations différentielles aux dérivées partielles relatives à l'augmentation élémentaire de l'intensité et de la tension dans un conducteur de longueur égale à l'unité, présentant de la résistance, de l'inductance, de la capacitance et de la conductance d'isolement, et Ton suit la méthode ordinaire de l'analyse en représentant les grandeurs vectorielles par leurs expressions trigonométriques, comme le fait M. Heaviside.

La méthode des quantités complexes, adoptée par MM. Steinmetz, Lacour et autres, consiste à représenter les grandeurs vectorielles par des quantités complexes.

Il n'entre pas dans le cadre du présent ouvrage d'exposer ces deux méthodes, ni de donner les formules établies parles auteurs qui viennent d'être cités, parce qu'elles exigeraient de longues explications.. Du reste les résultats que l'on peut obtenir à l'aide de ces formules sont les mêmes que ceux que l'on déduit du développement graphique du problème, étant

admis que la capacité est placée en des points déterminés. Le degré d'exactitude que permet d'obtenir la méthode graphique est évidemment d'autant plus grand que plus nombreux sont les points de répartition de la capacité.

Donc, pour effectuer le calcul, il suffit de supposer la capacité répartie en un nombre suffisamment grand de points différents, c'est-à-dire à diviser le circuit en un certain nombre de sections. Soient U^ [fig. 281) la tension à l'arrivée et /| l'intensité du courant pour des conditions de charge déterminées. Par suite de la résistance et de l'inductance que présente la première partie du circuit, le vecteur de la tension en AB Ifig. 280) est t/.,. L'intensité du courant dans la première dérivation, dérivation due à la conductance d'isolement, a pour valeur i\ ce courant est en concordance de phase avec U^ et son intensité est proportionnelle à la tension U.^, Dans le condensateur, il passe un

courant ù décalé de y de période en avance par rapport à la tension L\i et d'une intensité proportionnelle à celte dcr- Fio. 28i.

nière. Dans la deuxième partie

du circuit, l'intensité du courant est, par conséquent, 1.2^ en ajoutant à (/.> la chute de tension produite par la résistance ohmique de la ligne et par l'inductance, on trouve que la tension dans la partie CD [fig, 280) est représentée par ^'3, et ainsi de suite jusqu'à l'extrémité de la ligne. Les extrémités des vecteurs se trouvent situées sur deux courbes qui diffèrent d'autant moins de celles qui correspondent à une répartition uniforme de la capacité que plus nombreux sont les points de répartition de cette capacité.

La figure 281 est intéressante parce qu'elle montre les varia-

402 LA TECHNIQUE DES COUB▲^XS ALTERNATIFS

lions, en 12 points successifs de la ligne, de la tension, de rintensité et du décalage de phase. On voit immédiatement que, dans le cas examine, tandis que Tinteiisité est décalée eo retard par rapport à la tension à larrivée, elle est, au contraire, décalée en avance au départ. L^intensité du courant non seulement n est plus constante dans la ligne, mais diminue uniformément; il en est de môme de la tension. Toutes les grandeurs variant comme des ondes, on peut trouver facilement par Ja méthode graphique les valeurs de l'intensité et de lu tension, en 12 points considérés de la ligne^ aux diiïérents instants successifs de la période. 11 suffit, à cet effet, de supposer qu'une ligne partant de 0 (origine des temps) tourne d'un mouvement uniforme et correspondant à la période. En marquant les diverses positions qu'elle prend àdifférents moments successifs delapériodeet en projetantau-dessus de laligoe les points 1,2,3, 4,..., 12 des deux courbes pour chacune de ces positions, orb construit le diagramme de Tintensité et de la tension, en portant les valeurs de ces grandeurs comme ordonnées et en prenant pour abscisses la distance des points considérés àTexlrémité qui termine la ligne.

On peut aussi construire un autre diagramme en traçant une droite représentant la ligne de transmission et, aux points considérés, porter en ordonnées les valeurs efficaces de La tension, de Tintensité et de la grandeur du décalage. On obtient alors un diagramme comme celui que montre la figure 282" qui correspond au diagramme ligure 283. Au point d arrivée de la ligne, U étant égal à zéro, le cas représenté est celui du fonctiomiement à vide.

Il est évident que le diagramme est modifié suivant les différentes charges. Le diagramme du fonctionnement à vide présente une grande importance pour le technicien, parce que les phénomènes de capacitance ne peuvent produire des effets notables que dans ces conditions, comme on Ta expliqué au paragraphe 139 du tome I, et que Ton peut ainsi se rendre compte de la valeur du courant de charge nécessaire pour mettre la ligne en tension. La solution du problème est alors

LIGNES DE TRANSMISSION, SYSTÈMES DE DISTRIBUTION ftO^

beaucoup plus simple à trouver par suite de ce fait que, siToa supprime la capacité due aux grands transformateurs, servant

Arrvée de (aligne

Zan^uptir delà li^ne FiG. 282.

])èpart dâ/aàçne.

à abaisser la tension à l'arrivée, en les mettant hors circuit, la capacité des lignes souterraines et celle que présentent les-

moteurs synchrones surexcités restent seules, capacités qui? doivent être déterminée?.

Les effets de la capacitance ne sont pas ordinairement d'une-

grande importance ; mais, lorsque la ligne atteint une longueur d'une centaine de kilomètres et que la tension dépasse 20000 volts, ces effets ne sont plus négligeables. On peut rappeler à ce sujet les indications données, à propos de la ligne de Saint-Georges dans le département de TAude, dans le paragraphe 139 du tome I.

Par conséquent il est indispensable, lorsqu'il s'agit de très longues lignes de transmission, d'installer à l'arrivée des coupecircuit fusibles ou automatiques qui ne soient pas trop sensibles, parce que leur fonctionnement pourrait entraîner une surélévation de tension dans la génératrice. En effet, lorsqu'il y a une certaine charge, la génératrice exige une excitation déterminée pour pouvoir fournir le courant sous la tension nécessaire. Si la ligne ne présentait pas de capacité, une brusque interruption du circuit aurait pour conséquence une subite élévation de la tension au départ; cette augmentation de tension correspondrait à la chute de tension dépendant des conditions de charge. Si, au contraire, la ligne présente une capacité notable, le courant de charge annule plus ou moins le courant magnétisant, décalé en retard, dû à l'inductance de la ligne et des réceptrices lorsque cette ligne est en charge. Si les réceptrices sont brusquement retirées du circuit, le courant magnétisant décalé en retard a son intensité réduite au minimum, mais ne sera pas annulé complètement à cause du courant do charge qui circule sur la ligne et reste constant. Ce courant a alors pour effet de renforcer l'excitation, ce qui entraîne une augmentation de tension qui peut atteindre une valeur dangereuse (Voir t. 1, § 139).

Il ne faut pas oublier non plus qu'à la suite d'une brusque interruption du circuit, la tension peut aussi atteindre une valeur dangereuse par suite do l'augmentation de vitesse angulaire que tendent à prendre rallernateur et le moteur qui le commande, la charge étant supprimée.

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