CHAPITRE XV
198. Couple moteur d'un moteur asynchrone à courant alternatif simple. — Dans le chapitre xv du tome I, en adriK^tlant Thypothèsede la décomposition théorique du champ alternatif en deux champs tournant en sens contraire, on a étudié, au point de vue simplement physique, la valeur que peut atteindre le couple moteur d'un moteur à courant alternatif simple. Il convient maintenant de compléter cette étude et d'arriver à la détermination quantitative des grandeurs qui pratiquement entrent en jeu.
On peut admettre, pour le moment, que le moteur à courant alternatif simple équivaut h deux moteurs a champ tournant accouplés par un joint rigide, les circuits des deux stators étant reliés en tension, de manière à ce qu'ils soient parcourus par un môme courant et les connexions étant établies pour que les champs développés tournent en sens inverse {fiff. 221 ).
Un système ainsi constitué ne démarre pas spontanément : mais, nne fois le mouvement imprimé dans un sens, il s'établit entre les deux couples moteurs une différence qui favorise le mouvement. Aussi, en négligeant les pertes dues aux frottements ainsi que les pertes dans le fer et dans le cuivre, le couple résultant ne s'annule pas lorsque ce groupe atteint la vitesse angulaire du synchronisme par rapporta un des champs tournants. Dans le cas de la ligure 221, le couple serait nul
à la vitesse angulaire du synchronisme pour le rotor I; mais, comme on va le voir, il ne le sera plus pour le. rotor 11. Il pourrait se produire néanmoins une vitesse angulaire critique pour laquelle le couple résultant serait nul.
Fio. 2-21.
Soient w la vitesse angulaire des champs, égale pour chacun d'eux, mais de sens inverse, w' la vitesse angulaire unique de Torgane mobile ; le glissement en tant pour cent du premier moteur est, comme on le sait.
iOO
Pour le second moteur, au contraire, le champ tournant ayant une vitesse angulaire de sens contraire, le décalage est donn<^ par l'expression
tu Clî
et il en résulte que la somme des deux glissements est constamment
Ferraris * a été le premier h montrer l'allure que prend lo
1. li. Ferraris, Di un melod) per la Iratlazione Uei vetlori rotanli od aliema-
couple moteur résultant en traçant sur un même diagramme les valeurs des deux couples moteurs {fi.g. 222) :
2 ' ra + (u, — (o^L^î C ^ A^ ^ (^ + ^'^
en fonction du glissement ; en supposant égale Tintensité du champ 4>i pour chacun des deux moteurs élémentaires et, par conséquent, égale à 2'I>^ pour la valeur maximum du champ alternatif, le couple résultant est donné par Texpression :
w -f- fo'
FiG. 222.
La courbe tracée avec des points et des traits {fig. 222) et dont les ordonnées correspondent à la différence C^ — C^ donne les valeurs du couple résultant, pourvu que l'on prenne comme axes O'O et O'Y, 0' étant le point d'origine.
Le couple Cr est nul lorsque to' a pour valeur zéro, c'est-àdire lorsque l'induit est au repos; mais, s'il est en mouvement, Cr prend différentes valeurs à partir de zéro, valeurs qui restent positives tant que o)' <; O'A. La partie descendante MA cor-
respond au régime stable, parce qu'alors le couple diminue lorsque m augmente.
Le couple s'annule pour une vitesse angulaire O'A légèrement inférieure à celle du synchronisme ; mais, pratiquement, cela se produit quand le glissement est une faible fraction de 1 ^/q, de sorte qu'il est difficile de distinguer, à ce point de vue, un moteur à courant alternatif simple d'un moteur polyphasé.
A l'aide du diagramme d'Heyland, on peut mettre en évidence la véritable propriété d'un système de deux moteurs à champ tournant inversés et accouplés entre eux ; en effet, le diagramme tient compte des fuites magnétiques qui ne sont pas mises en évidence dans la formule qui a servi à déduire la valeur des couples; en outre, le diagramme suppose que l'alimentation se fait à potentiel constant, ce qui est le cas ordinaire de la pratique.
"""""'' '"^"^^îf^