‹ La technique des rayons XChapitre 31 sur 62 · CS · texte numérisé non relu

CS

CS

bc p

APPLICATIONS MÉDICALES ET CllI RU RG1CALES io5

devoir se produire. Enfin le même procédé radiographique permellrail peul-êlre <ie constater le sexe du fœtus avant sa naissance.

2. Dans le même ordre d’idées, les rayons X ont une utilisation toute tracée en médecine légale. M. Bordas a en effet communiqué, le (S juin 1896, a la Société cl e médecine légale, deux photographies de poumons de fœtus dans lesquels les radiations de Rœntgen ont permis de reconnaître la présence de bulles cl air dans les

poumons qui ont respiré tandis que, dans le cas contraire, le cliché se montrait complètement opaque. On peut ainsi discerner le cas où les enfants sont nés vivants.

La photographie des fœtus, quoique n’ayant pas encore été effectuée pendant la grossesse de la femme, a pu être cependant exécutée de diverses façons qui font croire au prochain succès de la question abordée. C’est ainsi qu’à l’Académie de médecine MM. Varnier, Chappuis, Chauvel et Funcke-Bréntano ont présenté une radiographie intra-utérine; elle montrait un fœtus à terme dans l’intérieur d’un utérus retiré du corps d’une femme éclamptique.

Un autre cliché montrait plusieurs fœtus dans un utérus de cobaye femelle vivante.

Enfin MM. Imbert et Berlin-Sans ont effectué une radiographie, faite après la mort, du corps entier d’un nouveau-no. Celle reproduction a été faite en une seule lois avec une pose de vingt-cinq minutes et un tube locus placé a 72 centimètres de deux plaques 24 X 3o juxtaposées et sur lesquelles le petit cadavre était couché. « Sur 1 épreuve obtenue, toutes les parties du squelette sont nellemenls reproduites. On y distingue, en particulier, les dents dans leurs alvéoles, le cercle

lympanique, toutes les vertèbres, y compris les diverses pièces du sacrum, les trois os du bassin, les côtes, les clavicules, les omoplates, etc.

« Il esLdonc possible d'obtenir, par une seule épreuve, des renseignements complets et précis sur le scpieleltc entier d un enfant, et ces renseignements comprennent la présence de minimes points d’ossification (fémur, tibia, points latéraux des diverses vertèbres sacrées, etc.) dont quelques-uns, ceux des phalanges des orteils et des cuboïdes par exemple, n’ont pas un diamètre supérieur ào""",5 et ne pourraient être décelés que bien difficilement par une dissection même minutieuse. De là l'importance de la radiographie en médecine légale pour déterminer l’étal exact du squelette d’un fœtus et par suite son âge, lorsqu’on aura, par une série d’épreuves, constaté, semaine par semaine, le développement du système osseux. La radiographie constituera encore, semble-t-il, un procédé précieux d’investigation pour l’élude de tous les cas tératologiques; en fournissant, en outre, le moyen de reconnaître, dès leur apparition, des malformations osseuses dont on pourra suivre pas à pas le développement sur le vivant, la radiographie permettra peut-être de déterminer la cause prochaine de ces anomalies et d’établir sur des bases sûres une thérapeutique chirurgicale ou orthopédique rationnelle(i). »

La radiographie pourra également donner des renseignements précieux sur le squelette des enfants monstres que l’on voit naître et vivre parfois pendant quelque temps. Les enfants à deux tètes, à deux thorax, à quatre bras ou à quatre jambes écriront ainsi euxmèmes leur constitution ostéologique. Les équivalents

(i) Imbert et Bertin-Sans. Revue générale des Sciences du 3o juin i8f)(i.

Monstre liumuiii à deux lûtes.

APPLICATIONS MEDICALES El CHIRURGICALES 109

des frères Siamois cl des femmes à deux tôles ne présenteront plus de secrets grâce aux rayons de Rœntgen.

En injectant dans le système circulatoire des cadavres, des substances convenables, les rayons X donneront aussi des détails anatomiques insaisissables jusqu’ici. MM. Cb. Remy et G. Contrcmoulins ont montré (i) qu’en injectant de la cire à cacheter commune dissoute dans l’alcool dans le système artériel d’un cadavre, on obtenait jusqu’aux plus fines divisions de ces vaisseaux.

Page 1