AVANT-PROPOS
revendiquée comme son œuvre, et qu’il serait certainement impossible de déterminer exactement la part qui lui devrait être attribuée.
Que si l’on s’étonnait de ce que le domaine public fût, en aéronautique, si mal défini, on pourrait faire remarquer que c’est précisément parce que le colonel Renard a semé à pleines mains, sans s’inquiéter de savoir où la semence devait lever, que son enseignement dispersé dans des cours, des conférences, des discours, des communications à l’Académie des sciences, n’a jamais eu le caractère de revendications personnelles, et c|ue ces idées, répandues largement comme il convient à un apôtre, ont fini par imprégner, pour ainsi dire, l’ambiance aéronautique, en sorte C|u’il serait fort difficile aujourd’hui de faire le départ de ce cj[ui lui appartient sans conteste.
En réalité , ce n’est pas tel ou tel détail de la technique , c’est le corps de doctrine générale qu’il faut lui attribuer, et c’est par là que son œuvre est géniale.
Certes, la plupart des problèmes aéronautiques ont été, depuis vingt ans , explorés par d’autres que par le colonel Renard ; mais son enseignement empruntait à la tournure de son esprit une forme si claire, si fluide en quelque sorte, que, pour qui l’a entendu, sa méthode d’exposition et l’enchaînement de ses idées ont jeté la plus vive lumière sur toutes les quesftions étonnamment variées qui constituent la science actuelle, et qu’il ne semble point possible d’en tracer un autre tableau.
Dans cet ouvrage, où nous avons cherché à rassembler les données actuelles de la technique aéronautique, nous avons suivi cet enseignement , inédit pour une grande part , du colonel Renard, et nous avons fait le plus large emprunt à ses méthodes de calcul , alors même que nous n’en rappelons pas toujours l’origine.
AERONAUTIQUE
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