RAPPORT DE LA RÉSISTANCE AU POIDS
Toile de coton. . . .
2fr,50 '
— de lin
Soie ponghée . . . .
1 Ofr »
Soie française (tali’etas).
Vernis. — Le moyen le plus anciennement connu pour imperméabiliser les étoffes a consisté à les enduire d’un vernis siccatif; mais il est très difficile de trouver un bon vernis, tant il doit remplir de conditions jusqu’à un certain point contradictoires.
Il faut qu’il sèche assez vite et ne soit pas poisseux, sans que ses propriétés siccatives le rendent cassant. Il doit être doux, moelleux et assez souple pour que l’étoffe qui en est revêtue puisse se chiffonner sans crainte. Enfin sa composition doit être telle qu’il n’attaque point le tissu.
Charles et Robert, en 1788, employaient un vernis à l’huile de lin cuite. Conté améliora le procédé, et son vernis était si parfait, que les ballons militaires de la première République purent tenir la campagne pendant des mois entiers, sans ravitaillement de gaz.
Le vernis de Conté se composait plus spécialement de : i"" huile de lin siccative; 2"" caoutchouc, cire ou glu; S'’ enfin, comme dissolvants, l’essence de térébenthine et l’huile de lin épurée. La formule exacte et surtout le tour de main de fabrication en sont perdus;
DES ÉTOFFES A BALLON
mais on trouve aujourd’hui dans Tindustrie des vernis donnant des résultats analogues.
Toutefois, si le vernissage réussit à rendre rétoffe étanche, on ne saurait empêcher que l’oxydation lente des matières qui le composent n’atteigne en même temps le tissu, qui perd peu à peu toute résistance, comme on peut le constater sur les étoffes des vieux ballons que l’on a conservés. En outre, ce travail d’oxydation ne va pas sans échauffement, surtout lorsque l’enveloppe est pliée et, dans cet état, soumise à une haute température. C’est ainsi qu’il est très difficile d’assurer la conservation des enveloppes vernies pendant les traversées dans les mers tropicales. Même dans nos pays tempérés, il importe de visiter souvent et de ventiler, — au besoin de gonfler à l’air, pendant plusieurs jours, — les ballons conservés en magasin.
Le vernis peut s’appliquer extérieurement ou intérieurement. C’est le vernissage intérieur qui est usité pour les ballons militaires français. Ce procédé offre tout d’abord cet avantage que la surface extérieure n’est pas poissante, et que les herbes ou la poussière s’y collent moins aisément au moment de l’atterrissage ; en outre, la pression du gaz tend à appuyer le vernis sur les pores du tissu et contribue ainsi à en boucher les trous. On l’applique généralement à trois bu quatre couches, et on achève en passant une couche d’huile d’olive. Il en ré.sulte une augmentation de poids sensible; mais l’accroissement va en diminuant pour les couches successives.
La Techn’njue du Ballon. 2* édit.
Poids de Fenveloppe en soie après les couches successives (coutures comprises).