‹ La technique du ballonChapitre 56 sur 95 · TOTAL · texte numérisé non relu

TOTAL

Avant vernissage

96gi’

Verni à 1 couche

l39gr ,

— 2 couches

, 23'gr

Verni et enduit d'huile d’o-

live

L’enveloppe du ballon militaire français est en soie ponghée de Chine, pesant seulement 8o grammes par mètre carré. A cause des recouvrements et des coutures qui réunissent les fuseaux entre eux, le poids est porté à 96 grammes par mètre carré d’enveloppe finie.

L’enveloppe en ponglié d’un ballon de 54o m^ (lo m. de diamètre environ) pèse en définitive : 3i k. non vernie et io5 après vernissage.

L’oxydation lente que subissent les vernis a aussi pour résultat de produire, avec le temps, une légère augmentation de poids : environ o®%07 par jour et par mètre carré, au début.

Le matériel militaire italien est également fort léger: tous les efforts, d’ailleurs, ont été dirigés vers la mobilité la plus grande. Son enveloppe sphérique est en soie italienne. Le tissu, teint en jaune en vue de sa

DES ÉTOFFES A BALLON

protection contre l’action de la lumière, ne pèse que 8o grammes au mètre carré, avant vernissage.

On le trempe tout d’abord dans le vernis, qui l’imprègne ; puis on le soumet à un vernissage complémentaire en plusieurs couches intérieures et extérieures ; enfin on recouvre l’enveloppe d’une poudre d’aluminium, fixée au tampon, qui lui donne un pouvoir réfléchissant considérable et empêche réchauffement du gaz intérieur.

Le poids du tissu verni est de i6o grammes par mètre carré. Le ballon captif normal italien, grâce au souci que l’on a pris d’en alléger tous les organes, a pu être réduit à 45o m^ pour enlever deux aéronautes jusqu’à 5oo mètres, et son enveloppe ne pèse que 5o k.

Étoffes doubles ou triples. — Tant que l’on s’en tient aux petits diamètres, les étoffes simples offrent une résistance suffisante. On se contente de renforcer l’enveloppe aux deux pôles, où l’on dispose une collerette en étoffe double. Cette étoffe est formée de deux tissus superposés et réunis au moyen d’une colle au caoutchouc.

Dans les ballons de grande capacité, il peut être également nécessaire de recourir à des étoffes multiples.

Dupuy de Lomé, pour son dirigeable de 1872, a employé une étoffe dont la composition et le poids par m^ sont les suivants :

Taffetas de soie blanche

Nanzouk (de coton)

Caoutchouc interposé (7 couches). . .

M. Gabriel \on proposait pour un grand captif de 60000 mètres cubes, destiné à l’Exposition de i889, de constituer l’enveloppe de six épaisseurs de pongbé collées au moy'en de caoutchouc vulcanisé.

Celte enveloppe, après vernissage, devait peser I k. 200 par ; mais elle aurait pu, paraît-il, supporter des tensions de 6280 k. par mètre avant de se rompre.

Etoffes caoutchoutées h — L’intérêt des étoffes vernies a bien diminué d’ailleurs, depuis qu’on est parvenu à fabriquer des étoffes caoutchoutées d’une résistance et d’une étanchéité tout à fait remarquables, et qui ne nécessitent plus l’intervention d’aucun vernis.

Ces étoffes sont composées de deux épaisseurs de tissu généralement en coton.

Le tissu est d’abord recouvert d’une pellicule de caoutchouc dont l’épaisseur peut être réglée à i/io mm. en la faisant passer entre des couteaux et des calandres. On a ainsi Y étoffe simple.

On peut s’en contenter pour un ballon de petit volume et de faible pression : par exemple , pour les aérostats destinés à soutenir l’antenne d’un poste de télégraphie sans fil. Cela ne saurait suffire pour l’enveloppe d’un ballon monté qui exige une étoile double.

Pour constituer l’étoffe double à ballon, on colle deux bandes de tissu simple, caoutchouc contre caoutchouc ; mais pour assurer encore mieux l’étanchéité, on met en outre une nouvelle couche de caoutchouc sur la face qui doit être à l’intérieur du ballon. Le

^ Espitalmeh , 7.

DES ÉTOFFES A BALLON

caoutchouc doit être très pur; à cet égard, le para otïre toutes les garanties désirables.

On peut adopter deux dispositions : le tissu intérieur double face étant en droit fd , on lui superposera le tissu extérieur, soit en droit fil, soit en diagonale sur le premier.

Le tissu diagonal étant coupé par panneaux à 45^^, et posé avec des recouvrements collés, il en résulte un léger excédent de poids, d’environ lo gr. par m^, pour des tissus de même force.

L’expérience d’ailleurs ne semble pas indiquer qu’il s’ensuivra une augmentation de résistance. En outre, lorsque l’étoffe se déchire, cette déchirure est nette pour l’étoffe à fils droits ; les lèvres peuvent être facilement rapprochées et la blessure réparée.

La déchirure de l’étoffe diagonale est au contraire déchiquetée, et il est impossible d’en rapprocher exactement les bords. La réparation est donc difficile.

Le caoutchouc s’altère rapidement sous l’action de la lumière solaire; il devient cassant, et l’étoffe perd son imperméabilité. On doit le protéger au moyen d’une teinture inactinique : du jaune daniline ou du chrornate neutre de plomb. C’est cette couleur qui a valu au premier Lebaudy le nom de Jaune.

L’application de la teinture au chrornate se faisant sur l’étoffe extérieure avant de la caoutchouter, il est donc possible de procéder ensuite à la vulcanisation, la chaleur ayant pour effet de faire 'disparaître la couleur jaune qui arrête les rayons actiniques du soleil, et le caoutchouc non vulcanisé s’altère beaucoup plus vite.

Les causes d’altération sont multiples; mais les plus

graves proviennent des impuretés du gaz, surtout quand leur action est favorisée par l’humidité. On doit particulièrement s’assurer que l’hydrogène ne contienne pas de sulfures, d’arsenic, du sélénium d’antimoine, ni de phosphore.

L’étoffe double des gros ballons pèse de 270 à 3oo gr. par mètre carré et offre à la rupture une résistance de 700 k. à I 5oo k. par mètre linéaire.

§ 3. — Mode de construction de renveloppe.

Construction par fuseaux. — Lorsque l’on fait usage d’étoffe de faible largeur, le mode de construction le plus simple pour l’enveloppe d’un ballon sphérique ou allongé consiste à décomposer sa surface en fuseaux méridiens, ayant pour plus grande largeur, sur l’équateur, celle de l’étoffe en pièce (o"h4o pour le ponghé), en tenant compte du recouvrement de o"‘, 02 nécessaire aux coutures.

On peut découper les fuseaux à la main, sur un patron de papier fort, et nous avons indiqué (ch. XI) la manière de faire l’épure de ce patron; mais, dans les grands ateliers de construction, on opère ce découpage mécaniquement au moyen d’une scie sans dents, coupant à la fois un empilage d’étoffes pressées ; c’est le procédé usité dans les ateliers de coupe pour vêtements confectionnés. Pour perdre le moins d’étoffe possible, les pièces sont d’abord cousues bout à bout, en sorte que ces coutures transversales sont rares et inégalement distribuées le long des fuseaux.

'DES ÉTOFFES A BALLON

Décomposition par panneaux. — Si la décomposition en fuseaux est particulièrement avantageuse lorsqu’on emploie une étoflé de faible largeur, elle se prête moins bien à l’utilisation des étoffes de grande largeur et notamment des étoffes caoutchoutées, dont l’usage tend à se généraliser de plus en plus.

Il est préférable alors de décomposer l’enveloppe en zones dont la hauteur est déterminée par la largeur de l’étoffe. Chaque zone est elle- même divisée en panneaux par des lignes méridiennes qui, pratiquement, peuvent être remplacées par des lignes droites dans la faible étendue d’une zone.

Comme on le voit, on est conduit à découper autant de patrons qu*il y a de zones.

Les panneaux d’une même zone sont découpés côte

à côte, mais alternativement la tête en haut et la tête ^n bas, de telle sorte que leurs bords méridiens se touchent, ce qui occasionne une perte d’étoffe réduite au minimum.

Si l’on plie la pièce d’étoffe en prenant les plis sur les axes ab, a!b' ^ a’b" ... des panneaux, on voit qu’il suffira de passer l’empilage sous la scie sans dents, pour couper d’un seul coup tous les bords méridiens.

Étoile et collerette. — Si l’on prolongeait tous les fuseaux jusqu’à leur extrême pointe, il arriverait un moment où, par suite de la largeur trop réduite.

toutes les coutures se loucheraient. 11 convient donc d’arrêter le fuseau lorsque sa largeur devient insuffisante. En particulier, la calotte zénithale d’un ballon spliérique est alors garnie d’une étoile dont les pan-

DMS ÉTOFFES A BALLON

neaux correspondent à deux fuseaux. L’étoile elle-même est reliée à une collerette en étoffe renforcée, au centre de laquelle est ménagée l’ouverture circulaire destinée à recevoir la soupape. Sur le pourtour de cette ouverture, l’étoffe se redresse pour entourer le cadre de la soupape, et l’on sertit le tout au moyen d’une cordelette fortement serrée sur plusieurs tours.

On mettra de même uné‘ étoile et une collerette à la partie inférieure pour recevoir la manche d’appendice.

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