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Suspension Renard pour ascension libre

rattachant sur lui -meme au moyen d’une cosse de réglage dans laquelle il est possible de le faire glisser à volonté (Y. § 2).

De même, les attaches, soit des suspentes à la nacelle, soit du cercle aux suspentes de filet, doivent être faciles et sûres. On les fait au moyen de cabillols, en bois, terminant l’iin des cordages à réunir, et s’engageant dans une boucle épissée à l’extrémité de l’autre cordage. Pour plus de garantie , on ligature souvent le cabillot et la boucle avec une petite ficelle.

§ 5. — La nacelle.

La nacelle est en osier, aussi légère cjue possible. Elle affecte un plan rectangulaire, avec des parois verticales. On arrondit les angles verticaux. Parfois même on arrondit également les angles du plan de base , de telle sorte que la nacelle repose sur le sol par un rectangle plus petit que son cadre supérieur. C’est une disposition défectueuse. 11 est préférable de donner à la nacelle, sans cesse sollicitée obliquement par les mouvements du ballon et qui tend à se renverser, une assiette aussi large que possible, qui contribue à la maintenir sur sa base pendant les péripéties de l’atterrissage.

Pour les nacelles de grandes dimensions, on renforce le bord supérieur au moyen d’un cadre en tube métallique. M. Surcouf a également imaginé de disposer, à une certaine distance entre la nacelle et le cercle, un cadre rectangulaire en fer creux, soigneusement étrésillonné pour éviter les déformations. Cet organe intermédiaire a sensiblem.ent les mêmes dimensions que la

nacelle ; les suspentes descendent donc dans des plans verticaux et ne gênent aucunement les aéronautes, comme il arrive dans les suspensions ordinaires où, dès leur point d’attache à la nacelle, les suspentes vont en convergeant vers le cercle.

Enfin, pour assurer au plancher de la nacelle une complète solidité sans lui donner un poids exagéré, il est bon de disposer deux cordages croisés enveloppant la nacelle dans les plans diagonaux; ces cordages, par conséquent, soutiennent le plancher suivant ses diagonales, se relèvent pour suivre les arêtes verticales et se terminent, à hauteur du bord de la nacelle, par des cabillots sur lesquels s’attachent des suspentes.

Les grandes nacelles, où l’on dispose d’une place suffisante, peuvent recevoir des coffres servant à la fois a s’asseoir et à arrimer le lest, ainsi que le matériel qu’on est obligé d’emporter. Dans les nacelles plus petites, on se contente de disposer dans les angles des gaines en osier servant de soutes a matériel. On tapisse souvent enfin l’intérieur de la nacelle d’une étoffe quelconque, pour empêcher l’air de passer a travers la vannerie.

^ G. — Des (Ujres complémentaires.

Pour compléter le matériel nécessaire a une ascension, en dehors des instruments proprement dits (baromètres anéroïdes et enregistreurs, thermomètres, etc.), on doit munir le ballon de sacs de lest en nombre suffisant, d’un guipe-ro|^e et des aj)parcils d’arrêt (ancre, cône -ancre, etc.).

Le lest est Forme de sable fin que fou enferme dans des sacs en toile. Souvent les aéronautes se servent de sacs de 20 k. assez peu maniables. Il semble préférable d’adopter le sac de 10 k., comme dans la pratique militaire française. Les sacs sont arrimés soit dans la nacelle, soit sur les parois extérieures, où ils sont suspendus par les crochets qui terminent des cordons passant dans des œillets percés sur le bord des sacs. Pour les ascensions à grande hauteur, où les pilotes doivent éviter toute fatigue inutile, on a imaginé des attaches spéciales qu’une faible pression du doigt suffit à déclencher.

La quantité de lest nécessaire à une ascension dépend du volume de l’aérostat et de la nature du gaz de gonflement. Elle se compose de deux parties : le lest de manœuvre et la réserve d'atterrissage . Nous avons indiqué quelle doit être cette dernière (ch. Vf). Comme en réalité la quantité totale est limitée par la force ascensionnelle dont on dispose, le lest de manœuvre n’est pas. absolument à la disposition de l’aéronaute.

Ancre. — \Jancre est un des organes les plus imparfaits -du matériel aérostatique, et c’est sans doute pour cela que beaucoup d’aéroûautes, à l’étranger surtout, renoncent à s’en servir et préfèrent atterrir en faisant toujours usage du panneau de déchirure qui, en dégonflant presque instantanément le ballon, évite complètement le traînage. La suppression de l’ancre constitue alors un allègement considérable du ballon.

L’ancre, en tout cas, a dû paraître aux premiers navigateurs aériens comme un organe aussi indispensable en aéronautique qu’en navigation aquatique. On a tenté

tout d’abord d’employer pour la première l’appareil c[ui réassit si bien pour la seconde; mais on s’est

Fig. 90. — Grappin à 4 pattes.

aperçu que ce qui convenait '^parfaitement à l’im convenait médiocrement à Tautre. Ce qui caractérise la navigation aquatique, c’est que le bateau est à un niveau

constant. Aussitôt que l’ancre a mordu, la chaîne de longueur déterminée reste constamment inclinée sous le même angle, tandis qu’un ballon, tout à coup délesté du poids de son ancre, monte aussitôt, ramenant sur

la verticale le câble qui, lui-meme, redresse l’ancre; c’est précisément la manœuvre du navire qui se met à pic pour déraper.

Le modèle de l’ancre marine étant insuffisant, on a cherché à le modifier.

Nous donnons des croquis du grappin à six pattes de Gabriel Yon et des modèles des ancres particulièrement bien comprises de YI. H. Hervé.

Dans le même but, le colonel Renard a doté le matériel militaire d’aérostation d’une ancreherse basée sur un principe tout différent. C’est une chaîne articulée , portant, de part et d’autre de chaque traverse d’articulation, des pattes d’ancre. De quelc[ue façon qu’elle tombe à terre , elle y mord par

un grand nombre de Fig. 93. - Ancre -herse Renard, points. Le délestage

qu’elle provoque en se posant est graduel et ne crée pas de brusque rupture d’équilibre; et, dans le cas où le ballon remonte, il relève progressivement la

LA TECHNIQUE DU BALLOxN

chaîne, maillon par maillon, et se releste d’aiitanL En pratique, on donne aux appareils d’ancrage les poids suivants, d’apiès le cubage du ballon ;

POIDS DE l’aNCHK

Ballon de 300 mètres cubes 8 à 10^

Le cordage de l’ancre étant levé, on l’attacbe le long

Fig. 9'i. — Type d’arrimage.

de la paroi de nacelle ])ar une ficelle que l’on coupe lorsqu’on veut jeter l’ancre; celle-ci est également retenue directement à la nacelle par un bout de cordc facile à lâcher.

Cône-ancre. — Lorsqu’on peut craindre une descente au-dessus de l’eau, où l’ancre ne serait d’aucun secours, on y substitue le cône-ancre, qui est destiné à fixer le ballon au-dessus de la surface aquatique par la résistance que cet appareil oppose au mouvement.

Fig. 95. — Type d’arrimage.

On en attribue l’invention à Sivel ; niais il semble bien qu’on en doive reporter le mérite à Duté- Poitevin, beau-frère de la malheureuse victime de la catastrophe du Zénith. Quoi qu’il en soit, cet organe de manœuvre est composé d’un cône en étoffe assujetti à un cercle rigide que trois cordelettes rattachent au câble unique pendant de la nacelle.

De même qu’un parachute est percé à son sommet d’un trou permettant un lent écoulement de l’air, ])our

La Terbirique du Ballon. 2" édil. H'

régulariser son mouvement, de même aussi, et pour la même raison, le cône -ancre est percé d’un petit orifice à sa pointe. Lorsqu’on le laisse traîner dans l’eau, grâce à la position qu’il prend sous les efforts de traction du ballon sollicité par le vent, l’eau s’engouffrant dans le cône provoque une très grande résistance au déplacement, et le ballon se trouve comme attaché à un point à peu près fixe.

Il est d’ailleurs possible de relever le cône -ancre au moyen d’une cordelette attacliée â sa pointe.

Guide -rope et appareils stabilisateurs. —

Le guide -rope, inventé par Green, est un cordage de i4o mètres de long environ, qu’on laisse pendre du cercle du filet au moment voulu. A l’encontre des autres organes aérostatiques, que l’on fait aussi légers que possible, celui-ci doit avoir un certain poids pour remplir son office de délesteur. Lorsque le ballon descend, — quelquefois plus rapidement c[u’on ne voudrait, — le guide-rope se ])Ose â terre peu â peu et déleste d’autant l’aérostat, dont il amortit la chute. Il arrive même que, grâce à ce délestage, le ballon s’arrête en équilibre â une certaine hauteur et continue sa course, en traînant après lui cette sorte de serpent dont la queue court à travers les cultures, franchit les haies, les murs, les maisons, les lignes télégraphiques elles-mêmes h L’équilibre du ballon est alors des plus

^ Le développement des réseaux distribuant l’électricité à haute tension crée un danger sérieux lorsque le guide-rope jVeut toucher les conducteurs. Il sufüt, en ell’et, que le caille du guide-rope soit rendu conducteur par l’humidité ou la pluie pour que le’ courant électrique soit transmis jusqu’à la nacelle. Fortuitement même, on conçoit qu’il puisse y avoir des étin-

stables, car ses moindres tendances à l’ascension on à la descente sont automatiquement enrayées par le giiide-rope , qui, en se relevant ou se posant davantage, fait varier le délestage dans le sens convenable.

Pour les ballons de taille moyenne, le guide-rope est un câble de même diamètre sur toute sa longueur et pesant 4o â 5o k. au total. On a essayé, pour les grands ballons qui nécessitent un délestage considérable, de reporter la plus grande partie du poids vers le bout libre, en employant soit des sections de câble de diamètres dilTérents, mises bout à bout, soit un câble légèrement conique. Le poids total de la partie traînante doit être de o,i G, G étant le volume du ballon gonflé à l’hydrogène (V. chap. IX). 11 importe que l’extrémité du guide-rope ne puisse pas s’accrocher aux obstacles, notamment aux fds télégraphiques. Pour cela il faut que cette extrémité soit relativement rigide, ce qu’on réalise en l’entourant d’un transfd qu’on appelle une queue - de - rat .

Au départ, le guide-rope est levé en pelote, susceptible d’un déroulement rapide et attaché au flanc de la nacelle.

Lorsqu’on veut disposer d’un délestage considérable, il est nécessaire, comme nous l’avons dit, de concentrer la plus grande partie du poids disponible dans la portion destinée à traîner sur le sol, c’est-à-dire sur une quarantaine de mètres de longueur. Gette partie utile du guide-rope est alors formée d’un faisceau de cordes, liées ensemble par des ligatures, et que l’on a coutume de recouvrir d’une gaine en toile.

On donne plus particulièrement à cet organe le nom

celles et une explosion. Il convient donc d’éviter de laisser traîner les guide -ropes sur les lignes à haute tension.

de slabilisalciir, en raison de sa puissance de stabilisation, c’est-à-dire de son poids par mètre courant, qui représente en défi-

Fig. 96. — Détail du stabilisateur Hervé. ,

mtive la quantité

dont l’aérostat se trouve délesté lorsqu’un mètre de guide-rope se pose à terre.

Enfin, il y a lieu de prévoir toute une série d’organes de stabilisation au-dessus de l’eau. Il nous est impossible, à cet égard, d’entrer dans les détails que le sujet comporte pour être traité complètement, et nous renvoyons aux dilTérents articles que M. Hervé a consacrés à ces appareils , dont il est le créateur ^ .

Nous nous contenterons de faire remarquer que le délestage étant représenté par le poids de l’eau déplacée, il est inutile que la partie immergée pèse plus que l’eau déplacée. M. Hervé a combiné dans ce but des a|)|)areils composés de carènes en bois ou en métal creux, qui donnent alors d’excellents résultats, comme l’ont prouvé notamment les expériences elTectuées avec \eMé({iterraaéen, en collaboration avec le comte de La Vaulx-.

^ IIeHVÉ et SuRCOI F.

Comte II. DE La Vat ia.

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