II. Liste des ouvrages consultés
Index analytique 3^7
LA
GE livre est le résultat d'une série d'expériences et d'applications pratiques, le résumé d'observations et de réflexions provenant de la lecture de quelques ouvrages techniques. La partie scientifique pure y est un peu délaissée en raison des divers points de vue où l'on se place.
Il est utile, avant d'analyser les diverses divisions du livre, de donner quelques principes généraux qui ont servi de guide dans sa rédaction. Après quelques notes sur les matériaux du livre, il est traité de la technique typographique ellemême, de la forme esthétique de la lettre, de l'adaptation exacte de l'illustration à un livre déterminé, des observations que suggèrent l'ornementation et la décoration de la reliure, et enfin des principes hygiéniques qui ont servi de bases à certaines parties.
La technique typographique, à laquelle il est fait de larges emprunts, n'est pas codiifiée suffisamment et se trouve encore sous Tiniluence d^habitudes anciennes. C'est ainsi que les mesures de la lettre ne permettent pas une analyse précise. On doit dire, en faveur de cet état de chose, que le changement de la mesure de la lettre typographique entraînerait une révolution et une perturbation trop profondes dans l'ensemble de la pratique typographique \
Au point de vue de l'esthétique de la lettre, il n'est pas possible de formuler de loi précise. L'éducation esthétique ne peut être définie parce que le goût, la délicatesse d'appréciation ne sont pas en rapport avec l'intelligence des personnes.
* La détermination de la mesure du caractère faite par Fournier en 1737 et la modification apportée par François- Ambroise Didot en 1753 ont bien mis un peu d'ordre dans la division et la grandeur des caractères, |nais leurs mesures étant dérivées du pied de roi, les divisions en sont duodécimales et ne se rapportent plus à la nouvelle division décimale dont le mètre est l'unité. A plusieurs reprises les fondeurs et les imprimeurs se sont préoccupés de cette question et la maison Deberny, l'une des principales de Paris, avait adopté, il y a cinquante-quatre ans, comme type d'unité trois huitièmes de millimètre pour le point, ce qui donne pour le corps 10, trois millimètres; on avait ainsi la base d'un système de mesure décimale ; mais cela ne donnait pas satisfaction à tout le monde. De nos jours cependant, les fondeurs indiquent, dans leurs catalogues, les caractères par la hauteur en points.
A la première conférence du Livre, qui s'est tenue à Anvers en i8go, le vœu suivant a été émis :
« La Conférence émet le vœu de voir adopter une hauteur et un point typographiques universels, basés, s'il est possible, sur une mesure métrique invariable dans tous les pays et chai'ge un
L'évolution de la forme ou de Timage entraîne une transformation harmonique qui n'est pas toujours adéquate aux principes et aux: règles de l'esthétique; aussi n'est-il permis que d'émettre quelques données générales sur la théorie de là forme des caractères typographiques pris dans leur ensemble à travers le temps. D'autre part, on est obligé de tenir compte des conditions physiques nécessaires pour, que la lettre présente une forme normale dans laquelle sa visibilité .et surtout sa lisibilité soient absolues.
En ce qui touche l'ornementation et l'illustration du livre à ses différents degrés, il y aurait long à dire pour exposer nettement les règles qui les régissent, règles siniples en elles-mêmes. Il
comité international de fondeurs et d'imprimeurs typographes, à désigner, parmi ses adhérents, d'établir un étalon à cet égard et à le répandre par tous les moyens de publicité, notamment par rintermédiaire des journaux ttaitant de l'art de Timprimerie.
« Elle invite les propriétaires des journaux quotidiens ou éditeurs, à se conformer à cet étalon pour leë prochains renouvellements de leurs matériel et engage tous les fondeurs et imprimeurs typographes à l'appliquer dans leurs étabhssements, dans le plus bref délai possible. »
Cet autre vœu termine la discussion : « L'assemblée exprime le vcfeu de voir adopter universellement le point typographique ayailt pour base le demi-millimètre et de voir déterminer aussi universellement, la hauteur des caractères à vingt-trois et demi de'miilimètre. »
Compte rendu de la première session de la Conférence du Livre tenue à Anvers au mois d'août i8çOy publié au nom de la Commission d'organisation par le secrétaire général, Max RoosES. Anvers, imprim. J.-E. Buschmann, 1891, in-40, pp. 33 et 44.
Bien entendu, on n'a donné aucune suite à ces desiderata et la Question est toujours eh suspens.
doit exister non seulement un rapport relatif entre le sujet traité et les illustrations, entre l'interprétation artistique, la reproduction des formes ou des idées émises dans le dessin, mais encore dans les procédés de tirage dans le texte ou hors texte. L'artiste, auquel est confiée l'illustration d'un livre, ne doit appliquer sa personnalité esthétique qu'à l'expression exacte de la pensée de l'auteur, en sacrifiant toute banalité ou toute tendance en dehors de cette expression.
Enfin, en matière d'hygiène appliquée, il s'agit moins de se baser sur des expériences, tentées quelquefois sur des sujets prédisposés ou choisis, qui sont peu concluantes, que d'utiliser, pour la conservation de la santé et le développement normal de tous les organes, les moyens dont on dispose dans le milieu où l'on vit, dans la situation sociale que l'on occupe.
En bonne hygiène, il ne faut pas exiger des mesures radicales, troublant totalement des habi-» tudes prises, surtout chez les adultes, où l'accoutumance est faite. Non que de telles mesures, urgentes dans un cas de danger public, ne doivent être signalées et recommandées : mais il faut amener les individus pris jeunes, par une persuasion convaincante, à modifier peu à peu certaines habitudes dangereuses, à les corriger par une réforme appropriée, en les engageant, les obligeant même au besoin, à prendre exemple sur
ceux qui, déjà, ont transformé ces habitudes et les ont rectifiées par d'autres, plus en harmonie avec une bonne santé.
Cet ouvrage s'adresse non seulement aux personnes qui s'intéressent à, ces questions un peu spéciales, mais aussi aux professeurs de nos écoles, aux éducateurs de la jeunesse qui peuvent, plus que tout autre, éveiller chez leurs élèves quelques sentiments de goût, les décider à réformer des habitudes dont la cause est tantôt la paresse, tantôt la négligence, et obtenir de ces élèves certaines transformations utiles, soit dans le choix des livres, des papiers scolaires, soit dans les procédés de lecture et aussi dans les moyens préventifs de garantie contre les maladies épidémiques ou contagieuses.
Les différentes parties qui constituent ce livre n'ont pas, en apparence, un lien de cohésion qui permette d'établir'^un plan d'une homogénéité absolue et présentant une filiation fogique. La matière du livre, très complexe dans ses multiples détails, aurait exigé plusieurs volumes pour être bien développée. On s'est donc borné à certaines généralités techniques et pédagogiques, entrant dans des détails plus étendus en ce qui touche les caractères typographiques, leur description et leur critique, ainsi que sur l'illustration, la reliure et l'hygiène du livre. De là cette division en sept
grandes parties qui présentent entre elles quelques liens communs dont le caractère est un peu spécial, à l'exception de la première.
Pour rester aussi clair que possible, nous exposerons la division des parties et des chapitres à la suite les uns des autreg avec une explication succincte de leur contenu, afin que le lecteur puisse se rendre compte de la composition de ce livre.
Première PARTIE. Des papiers et des ancres. — Il peut paraître anormal de commencer par Tétude de ces matériaux : mais, comme au cours du livre ils seront cités assez souvent, il est préférable de mettre les deux chapitres de cette partie en tête de l'œuvre.
Chapitre premier. Du choix des papiers pour Vimpression des livres, — L'importance qu'il y a à bien choisir les papiers qui conviennent pour les divers travaux d'éditions, pour les livres scolaires, et surtout pour les ouvrages de luxe, mérite d'être mise en évidence. C'est aussi dans cette intention qu'il est question des qualités de ces papiers.
Chapitre ii. Des encres typographiques et des encres à écrire. — Sans entrer dans de longs détails sur la composition des encres typographiques qui varient de fabrication selon la couleur et remploi, celles qui sont utilisées tout spécialement pour la typographie, sont indiquées; et par
la même occasion il a été question des encres à écrire. Il n'est nullement superflu d'avoir de bonnes notions sur tout ce qui se rapporte à la fabrication du livre, les encres étant avec le papier un des éléments constitutifs du livre.