‹ La technique du livre. Typographie, illustration, reliure, hygièneChapitre 21 sur 53 · i-îo · texte numérisé non relu

i-îo

Fig. 128 à 131. — 128. Forme actuelle. — 129. Formes proposées par le D' Javal. — 130. Modifications proposées. — ^^131. Forme d'après un manuscrit du xv« siècle.

les débutants, les enfants, auraient probablement la tendance à la prendre pour un z. Par la modification de Tune des boucles, au contraire, on obtiendrait un dessin absolument différent des autres lettres, ce qui ne déparerait pas l'alphabet. Voici les formes proposées en atténuant Tune des deux courbes (fig. i3o) ; la dernière image se rapproche beaucoup de la même lettre du Properce {Ottobon.)^ et aurait ainsi une certaine analogie avec le « final grec (fig. i3i). A .notre avis, la boucle supérieure plus petite serait préférable, la partie inférieure de la lettre se dégageant davantage ; l'ensemble est bien plus lisible.

Il reste à dire un mot de la lettre r, autre lettre

crénée. Sa forme actuelle ne paraît pas convenir au D'' Javal, parce que la retombée de la larme pourrait faire confondre cette lettre avec n. Sans pousser aussi loin que lui cette crainte, il est certain que la larme de Tr est trop retombante et peut s'encrasser facilement à cause du délié qui précède. En adoptant une retombée moins grande, on améliorerait le dessin de la lettre qui imiterait assez celle des anciens typographes (fig. i33).

rrrrrr

Fig. 133 et 133. — 132. Formes actuelles. — 133. Formes modifiées.

Avec cette lettre se terminent les critiques sur l'image des lettres minuscules; nous avons suivi le même ordre que le D^ Javal pour moptrer que ses observations, justes en principe, pouvaient ne plus l'être pour toutes les lettres, lorsqu'on entrait dans l'application. Peut-être n'avait-il pas lui-même tenté de faire des images conformes aux modifications qu'il proposait. .

Nous conclurons en proposant la suppression absolue des traits terminaux des lettres, qu'on remplacerait par un léger évasement du plein ou délié terminant la lettre. Peut-être serait-elle ainsi

mieux différenciée. On aurait alors les figures suivantes pour certaines lettres :

ace

Fig. 134. '

Le caractère qui se rapproche le plus des desiderata que nous avons exprimés dans ces diverses critiques est avant tout Tun des nouveaux types créés par la maison Deberny, au directeur de laquelle nous sommes redevable de conseils très utiles et d'observations fort justes. C'est le nouveau n° 18 de leurs séries, dont nous donnons en cinq corps différents des spécimens (p. 144). Avec un peu plus d'épaisseur, les déliés des lettres auraient une lisibilité parfaite.

Dans l'Album Spécimen général de la fonderie Turlot^ Henri Chaix gendre et 0% successeurs, nous avons remarqué^ dans la série des Bibliophiles, un type nouveau très agréable et qui présente des qualités de lisibilité déjà fort grandes. Les corps 9, 10, 11 (p. 16 et 17) sont nets, bien dégagés et d'aspect attrayant. Avec un peu plus d'épaisseur dans les pleins, ils pourraient être considérés comme bons.

Le type de caractères que nous présentons ici est un des meilleurs, des plus lisibles, qui répond à beaucoup de desiderata exprimés dans ce livre.

M. Tuleu, directeur de la Maison Debemy, a bien voulu faire composer tout spécialement cette page à titre de spécimen; nous l'en remercions cordialement.

Le type de caractères que nous présentons ici est un des meilleurs, des plus lisibles, qui répond à beaucoup de deside* rata exprimés dans ce livre.

M. Tuleu, directeur de la Maison Deberny, a bien voulu faire composer tout spécialement cette page à titre de spécimen; nous Ten remercions bien cordialement.

Le type de caractères que nous présentons ici est un des meilleurs, des plus lisibles, qui répond à beaucoup de desiderata exprimés dans ce livre.

M. Tuleu, directeur de la Maison Deberny, a bien voulu faire composer tout spécialement cette page à titre de spécimen; nous Ten remercions cordialement.

Le type de caractères que nous présentons ici est un des meilleurs, des plus lisibles, qui répond à beaucoup de desiderata exprimés dans ce livre.

M. Tuleu, directeur de la Maison Deberny, a bien voulu faire composer tout spécialement cette page à titre de spécimen; nous l'en remercions cordialement.

Le type de caractères que nous présentons ici est un des meilleurs, des plus lisibles, qui répond à beaucoup de desiderata exprimés dans ce livre.

Nous devons encore signaler, parmi les lettres qui présentent une bonne lisibilité, le type de la maison J.-G. Schelter et Giesecke, de Leipzig. Ce caractère appelé : Cicero Antiqua und Kursiv^ n^ 20, a été étudié sur le spécimen 2824 de leur Catalogue; il est lisible, nous l'avons dit, mais, avec quelques modifications nécessaires pour certaines lettres. L'image des a, e, m, n, u est très bonne, ainsi que du p, qui a subi une modification heureuse, l'ouverture de la panse dans la partie inférieure ; f paraît un peu excentrique. Il est probable que ce caractère dessiné dans la même largeur sur toute la hauteur et avec une épaisseur un peu plus forte des pleins obtiendrait une grande lisibilité.

Les lettres capitales.

Le dessin et la forme des lettres capitales prêtent moins à la critique que ceux des minuscules. A l'exception des lettres A, B, C, D, G, R et S qui peuvent offrir quelques remarques, toutes les autres ont une visibilité et une lisibilité suffisantes. Les capitales sont rarement employées seules dans le texte d'un livre ; elles servent pour le titre, l'en-tête des chapitres et des paragraphes et la ligne de tête de toutes les pages, peut-être encore pour quelques citations spéciales. Elles sont employées plus fréquemment dans les ouvrages de grande érudition tels que les suivants : les recueils d'inscriptions latines et françaises, les

Il ne faut considérer ces critiques qu'à titre d'expression d'un sentiment personnel, car toutes celles qui sont proposées ne pourraient peut-être pas convenir dans l'état actuel du développement de la typographie. Il est un fait certain, c'est que l'image de quelques lettres est défectueuse et nuit beaucoup à la connaissance de la lecture chez lenfant. Dans les caractères compacts la confusion peut être encore plus grande. En développant ainsi ces observations, on a essayé de tenir toujours compte de la nécessité hygiénique pour la bonne conservation de la vue.

Les déliés des lettres sont toujours défectueux et produisent à certains yeux une transformation anormale de la lettre ; il faut une application plus soutenue pour lire des textes compacts, imprimés avec des lettres dont les pleins et les déliés sont très accusés ; au contraire, des caractères de traits uniformes, même maigres, seront lisibles dans leur image jusqu'à une extrême petitesse, et leur lisibilité persistera là où les autres feront tache.

Les caractères compacts.

Un côté de la question n'a pas encore été présenté. On n'a envisagé jusqu'ici que la forme ou l'image des caractères typographiques : il est utile aussi de voir les relations des caractères avec la forme et la disposition du livre, en un mot, le rôle exact du caractère dans la typographie compacte.

Pour les ouvrages ordinaires de lecture, il est admis que la hauteur des caractères a besoin d'être déterminée, surtout s'il s'agit de livres scolaires; mais il est nécessaire aussi de tenir compte des ouvrages à matières abondantes, qui, par nécessité ou économie, doivent présenter un moindre volume possible. Ainsi, pour certains ouvrages de science et surtout pour les dictionnaires et les lexiques, il faut utiliser des caractères de corps assez petits, afin de gagner de la place et d'éviter une trop grande épaisseur du livre. Le choix de ces caractères doit être judicieux et bien compris, tant par l'éditeur que par l'imprimeur, parce que leur lisibilité doit être aussi complète que possible. C'est surtout à l'emploi de ces petits caractères que les observations et les critiques de l'image de la lettre ont été faites ; elles s'y rapportent plus particulièrement. Le D' Javal s'étend assez longuement sur cette partie, mais il n'est pas possible de rendre compte ici de ses diverses théories \

La composition compacte présente des difficultés qu'on doit bien se garder d'éluder, sous peine de produire une œuvre informe et mauvaise au point de vue de l'hygiène de l'œil. Le choix du papier est aussi très important, car les papiers non calandres se prêtent mal à une typographie compacte en petits caractères.

* Javai., loc, cit,j III® partie, ch. xvii.

Il suffit de constater qu'on obtient une compacité lisible par les moyens suivants :

I** Lorsqu'on veut resserrer le texte, tout en employant le caractère moyen (entre 7 et lo points) on peut adopter des caractères dont les lettres à queues sont plus courtes que dans la lettre théorique, comme on le voit par l'exemple suivant :

bdhlp bdhlp = bdhlp bdhlp

On peut interligner ou non la composition, mais, même avec un interligne de un point, on peut gagner quelques lignes sur l'ensemble de la page. Voici le résultat de cette composition :

Avec interligne de i point :

CABàClàBES ï QCEDES LQNGUKS^- CARACTERES A QUEUBS COURTES.

Marcellin-Legriind , corps 9. Marcellin-Legrand , corps 8.

La comparaison de ces trois La comparaison de ces trois

compositions fera ressortir la dis- " compositions fera ressortir la

position qui conviendrait le disposition qui conviendrait le

mieux pour gagner quelques ^^'^'^ P^,?^ S*^"^^^ ^^^^^^

lignes sur l'ensemble de la page. ^'^"^^ '''' ^ ^"^""^*^*" ^-" ^^ ^"^

Sans interlignes :

Marcellin-Legrand, corps 9. Marcellin-Legrand, corps S.

La comparaison de ces trois La comparaison de ces trois

compositions fera ressortir la dis- compositions fera ressortir la

position qui conviendrait le disposition qui conviendrait le

mieux pour gagner quelques î?^^^^ P^,?^ gagner quelques

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lignes sur 1 ensemble de la page. ° «c la ^ -,

2^ En adoptant des types de caractères diflFérents, tels que les allongées ou poétiques, genre MarcelHn-Legrand, des Didot ou des néo-Didot, ou encore des types aux formes grêles où les pleins sont très atténués, comme certains elzéviers modernes, certains types anglais ou américains, on obtiendrait certainement une compacité suffisante, surtout si on ne laisse pas d'interlignes :

Avec interligne de i point :

GABAGTàBBS 1 QUEUES LONGUES. CABACTERES A QUEBES COURTES.

Marceiiin-Legrand , corps 7.

Le caractère allongé est moins lisible que les deux autres ; le néo-Didot présente des pleins un peu trop épais et qui font tache , aussi le meilleur carac^ tère pour les éditions compactes serait celui dont les pleins et les déliés auraient à peu près la même épaisseur.

Le canrctèï« elzévier possède déjà beaucoup de ces qualités ; il est d*une bonne lisibilité, maïs on pourrait peut-être trouver mieux.

Marcelliu-Legrand , corps 7.

Le caractère allongé est moins lisible que les deux autres; le néo-Didot présente des pleins un peu trop épais et qui font tache , aussi le meilleur caractère pour les éditions compactes serait celui dont les pleins et les déliés auraient à peu près la même épaisseur.

Le caractère elzévier possède déjà beaucoup de ces qualités; i} est d*une bonne lisibilité, mais on pourrait peut-élre trouver mieux.

Sans interligne : .

MarcelUn-Legrand , corps 7.

Le caractère allongé est moins lisible que les deux. autres; le néo-Didot présente des pleins un peu trop épais et qui font tache, aussi le meilleur caractère pour les éditions compactes serait celui dont les pleins et les déliés auraient À peu près la même épaisseur.

Le caractère elzévier possède déjà beaucoup de ces qualités ; il est d'une bonne lisibilité, mais on pourrait peut-être trouver mieux.

Marcelliu-Legrand , corps, 7.

Le caractère allongé est moins lisible que les deux autres; le néo-Didot présente des pleins un peu (ron épais et qui font tache , aussi le meilleur caractère pour les éditions compactes serait celui dont les pleins et les • déliés auraient à peu près la même épaisseur.

Le caractère elzévier possède déjà beaucoup de ces qualités; il est d'une bonne lisibilité, mais on pourrait peut-être trouver mieux.

3° Dans la composition, dès qu'on dépasse le corps de 7 points, on se trouve en présence d'une difficulté, c'est la valeur de la lisibilité de la lettre. C'est alors que la nécessité de choisir un caractère dont toutes les parties se dégagent bien, dont les lettres puissent se lire sans fatigue, s'impose, aussi bien à l'éditeur qu'à Timprimeur. En adoptant les mêmes caractères que ci-dessus, mais en corps plus petit, le dernier dont les pleins sont plus grêles se dégage mieux et semble plus lisible que les deux autres :

Avec interligne de i point :

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