CONCLUSIONS
deurs de caractères, tant en France qu'en Allemagne, une évolution réelle d'où il pourra sortir, après des tâtonnements inévitables, quelques modèles de lettres qui répondent aux conditions d'hygiène et d'esthétique qu'on en attend.
Les conditions de transformation intellectuelle dans lesquelles s'agitent les diverses catégories sociales, appellent des éléments d'action nouveaux, non seulement dans les organisations industrielles, commerciales, agricoles, mais aussi dans les aspirations de bien-être matériel et dans les expressions artistiques. Gardons-nous de dire aspirations ou expressions idéalistes, spiritualistes ou esthétiques même, ce qu'on pourrait déplorer à plus d'un point. Mais on s'en écarte tous les jours. Les tendances de la masse de la société sont positivistes et plus encore matérialistes. On ne paraît plus rechercher que la satisfaction de la matière dans les formes les plus pratiques et dans l'usage le plus commode.
Le livre, comme le grand propagateur des idées et des théories, est atteint lui aussi dans toutes ses parties par cet ébranlement critique ; c'est dans sa partie matérielle que nous avons étudié sa transformation et aussi jusqu'où elle peut être poussée.
Au point de vue scolaire, il s'améliore tous les jours, s'épurant sous l'influence des idées d'ordre, d'hygiène et de précision qui anime les éditeurs. Ils se stimulent les uns les autres par une concur-
rence sans âpreté, maïs ferme, soutenue et loyale.
L'enfant possède aujourd'hui des livres qu'on n'avait jamais rêvés il y a cinquante ans. Avec cela l'illustration est venue ajouter son attrait en décorant les pages imprimées, en mettant sous les yeux de l'enfant des modèles et des exemples aussi instructifs qu'un texte, mais plus clairs, plus compréhensibles pour lui. La critique de ces sortes de livres se réduit à peu de choses, et bientôt il n'y aura plus rien à souhaiter.
Ce qui manque encore à certains professeurs et à beaucoup d'instituteurs surtout, c'est la définition de ce qui est beau, c'est la sensation de la beauté et de la pureté de la forme vivante ou ornementale. Par l'absence d'éducation artistique, il leur manque le goût épuré qui permettrait un choix plus judicieux de certains livres par lesquels pourrait se développer, à l'école, d'abord, dans le peuple ensuite, un commencement de cette éducation et favoriserait ces instincts d'harmonie et d'art qui existent à l'état latent dans la race gauloise.
.L'art français est plus délicat, plus fin que celui de bien des peuples, on peut s'en rendre compte en comparant entre eux les livres illustrés français et étrangers, mais ce qui manque à notre race, c'est la méthode, l'ordre, la persévérance, toutes qualités profondément implantées en Angleterre et en Allemagne.
Bien que nos ouvrages de luxe soient disputés