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DU QUESTIONNAIRE

A. — Etablissement du questionnai f^e.

L'établissement de ce questionnaire est le fruit d'une collaboration. Le point de départ a été fourni par des notes sommaires, au moyen desquelles les maîtres de l'école Voltaire, à Montpellier, sur Finitiative du direc. teur de cette école, M. Michel, résument et fixent chaque année leur appréciation de chacun de leurs élèves. Les divers points d'observation intéressant le caractère moral relevés dans l'ensemble de ces notes ont été réunis et classés, fournissant ainsi la matière d'un premier schéma, qui a été ensuit-e étendu, remanié, modifié, autant qu'il a paru nécessaire ; en ce nouvel état le schéma a été soumis aux observations critiques des auditeurs des conférences de pédagogie de la Faculté des lettres de Montpellier et de plusieurs maîtres des divers ordres d'enseignement, qui ont bien voulu accorder leur concours. Le questionnaire a ainsi

(1) V. supra, p. 100. ^ Ce questionnaire a été publié d'abord dans le Bulletin de l'Association amicale des instituteurs et institutrices de l'Hérault, juillet 1913, puis dans \ Union morale, organe de la Ligue française d'éducation morale, juillet 1914. — La présente rédaction a subi par rapport à la première publiée quelques modifications de forme extérieure, plus que de fond, dans le sens déjà indiqué dans la Notice (V. ci-dessous le dernier alinéa de la section A.) Les quelques tests de la colonne 3 sont donnés à titre de simple indication et en vue des perfectionnements ultérieurs attendus de l'usage.

bénéficié de critiques et de suggestions fournies notani'ment par Mmes Gruvellier, directrice de l'École normale d'institutrices de Montpellier ; Planté, directrice de l'École primaire annexe; Groshens, directrice de l'École maternelle annexe ; Soboul, professeur à l'École normale de Nîmes ; Planté , institutrice à Saint-Clément ; MM. Gramaussel et Lafont, professeurs au Lycée de Montpellier ; Olive, directeur de l'École Normale de Montpellier; Philibert, directeur de l'École normale de Nîmes ; Salles, inspecteur primaire à Montpellier; Danchaux, professeur à l'École supérieure ; Daumas, Gay, Nazon, Vallette, instituteurs publics à Montpellier, etc.. Des monographies d'essai ont été faites fort utilement, à l'aide d'une première rédaction du questionnaire, par six élèves-maîtresses de l'École normale de Montpellier.

Le questionnaire a donc été élaboré, à partir d'une première base d'expérience pédagogique, avec le concours et sous le contrôle de praticiens de l'éducation scolaire. Le résultat obtenu a été ensuite confronté avec les travaux déjà publiés d'un point de vue analogue, dont nous avons pu prendre connaissance.

Yi' Intermédiaire des éducateurs^ bulletin de l'École des sciences de l'éducation de Genève, a bien voulu s'intéresser à notre Questionnaire en cours de préparation et nous fournir des renseignements utiles : en sollicitant de ses lecteurs sur les points qui nous préoccupent des indications nouvelles, il nous a permis d'attendre pour l'avenir une collaboration précieuse, dont nous lui sommes d'avance reconnaissants.

Il convient, en effet, de ne pas considérer le présent Questionnaire comme un résultat définitif. Nous pensons que, tel qu'il est, il est déjà susceptible de rendre service à l'éducateur curieux d'observation. Mais c'est par l'usage même qu'il devra être progressivement précisé et mieux adapté à la pratique. A ce travail de perfectionnement nous convions tous les maîtres qui

voudront bien mettre eux-mêmes le Questionnaire à l'essai, et nous les prions instamment de nous adresser leurs critiques, leurs suggestions de modifications, de questions supplémentaires, de simplifications, etc.. Nous espérons que des éditions ultérieures porteront la marque d'une vigoureuse révision collective.

Dès à présent il nous est apparu que la rédaction actuelle oscille entre deux types de questions : questions générales, demandant l'indication d'une qualité ou manière d'être psychique attribuée à l'enfant, et questions particulières portant sur des faits d'observation directe non interprétés. Nous avons cru devoir conserver pour le moment ce double caractère, qui répond à un double besoin. Mais nous pensons que cette dualité nous indique la direction dans laquelle le perfectionnement du Questionnaire doit être cherché : il semble qu'il soit appelé à se dédoubler et à comporter, d'une part, une série de questions (T appréciation psychologique, réduites au plus petit nombre possible ; d'autre part, l'indication d'un grand nombre de faits à observer susceptibles de servir de tests relatifs à chacune des questions d'appréciation et aidant à répondre à ces questions avec quelque sûreté.

B. — Instruction pour V usage du questionnaire.

Il est destiné de façon générale à faciliter aux maîtres l'observation qui leur permet de pénétrer les caractères individuels de leurs élèves. C'est là son usage pratique immédiat.

Il permet aussi, en fixant les résultats de ces observations, de rassembler des matériaux pour servir à la connaissance générale des éléments et du développement du caractère des enfants et à celle de l'influence que l'éducation exerce et est susceptible d'exercer sur ce développement.

Pour rassembler des matériaux propres à cet usage, il sera particulièrement fructueux d'employer le Ques-

tionnaire à des études comparatives permettant de mettre en évidence Faction de tel ou tel facteur psychique ou social du développement moral. — On pourra, par exemple, étudier comparativement des petits groupes d'enfants soigneusement établis d'après le milieu familial et social auquel ces enfants appartiennent (des comparaisons de ce genre sont spécialement requises pour l'étude des facteurs sociaux de l'éducation); — ou des petits groupes établis d'après certains caractères psychologiques (des comparaisons de ce genre pourraient donner lieu à la distinction de types moraux différents, réclamant des formes d'éducation morale non identiques); si l'on recommence chaque année la monographie du caractère d'un même enfant jusqu'à la fin de sa scolarité, la collection de ces monographies constituera l'objet d'une étude comparative très utile pour la connaissance du développement du caractère moral.

Dans tous les cas il sera nécessaire de procéder par monographies constituées aussi complètement que possible au cours de l'expérience scolaire.

Pour faire la monographie du caractère moral d'un enfant, il n'est pas nécessaire de répondre à toutes les questions. Il convient de ne répondre qu'aux questions auxquelles se rapportent exactement des observations faites; pour cela le procédé le plus sûr est de se borner à placer, en regard de la question ou du numéro qui la représente, le simple énoncé des faits observés, qui semblent se rapporter le mieux à la question.

La description générale demandée à la fin du Questionnaire ne doit pas être un résumé des réponses faites; elle doit exprimer directement la notion d'ensemble que le maître est parvenu à se faire du caractère étudié; elle doit, sans subir l'influence de la forme systématique du Questionnaire, mettre en évidence les traits saillants les plus propres à caractériser la nature individuelle de l'enfant observé.

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