OBSERVATION X
Forme fibro-caséeuse gauche. — (Laryngite tuberculeuse). — (Adhérences).
Jeune homme, 27 ans. Etudiant en lettres.
Entre le 27 février 1911.
Parents bien portants; un frère bien portant.
A 17 ans, au lycée, bronchite d’une huitaine de jours, mal soignée. Depuis a toujours toussé un peu. En 1906, spina ventosa de lannulaire gauche. Début probable en 1908; altération de la voix. En juillet 1910, 2 cautérisations laryngées. A Leysin, le 15 octobre 1910.
A l'entrée, auscultation, à gauche en avant (paroi déprimée, submatité), respiration voilée avec craquements humides à la fosse susclaviculaire ; souffle éloigné amphorique, craquements humides consonnants à la toux, sous la clavicule. En arrière, submatité jusqu’à la base, respiration indistincte avec ronchi sonores nombreux aux fosses sus et sous-épineuses et rales jusqu’à la base.
Sommet droit submat, expiration prolongée. Pouls, 120. Température subfébrile. Etat général médiocre ; maigre, pâle. Appétit médiocre; a perdu 10 kilos. Poids, 58 kil. 6oo.
Toux abondante. Expectoration, 20 cc. par jour, à bacilles de Koch assez nombreux, courts, fins et épais, moniliformes. Respiration, 24 à la minute.
Aphone : infiltration de la fausse-corde droite ; épaississement de la gauche. Les cordes n'apparaissent pas. Laryngite tuberculeuse. (D" de Reynier).
2 Octobre. A fait des poussées fébriles. En août, cautérisation du
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larynx. Mais depuis le 10 avril, époque à laquelle un mieux est constaté : expectoration un peu diminuée, plus fluide, température meilleure, poids augmenté de 500 gr., la situation pulmonaire est tout à fait stationnaire. Souffle caverneux, sous la clavicule avec gros et nombreux râles. En arrière, respiration rude, voilée, avec râles humides, petits, disséminés peu nombreux.
Le 13 Octobre, essai de pneumothorax artificiel ; 300 ec. sont introduits lentement mais facilement.
2° Insufflation, le 20 octobre; 500 cc. sont facilement introduits. Pas de réaction, pas d’essouflement. Le malade se sent trés bien. L’expectoration tombe progressivement de 20 à 15 cc.
3° Insufflation, le 3x octobre. Ponction sur la ligne axillaire postérieure (8° ou 9° espace). On oblient une pression positive et de faibles oscillations. Injection de 100 cc.; 1۸2۵/6 s'échappe par les bronches.
Le و Novembre, 4° Insufflation, 220 ec. Piqûre sur la ligne axillaire, 5° espace. On introduit avec quelque peine, 200 cc. Oscillations manométriques faibles. Le cœur, palpable au début de l’intervention disparaît derrière une zone tympanique.
Les jours suivants, un peu de gêne respiratoire locale. L’expectoration qui avait augmenté, 25 cc., retombe à 15 cc.
Le 13 Novembre. Matité en arrière, tympanisme dans la gouttière au niveau de la 6° et de la 7° côte. En avant, respiration abolie. Quelques râles à timbre très sonore, non métalliques, dans la région précordiale et préaxillaire. Respiration affaiblie au sommet gauche en arrière.
5° Insufflation, le 14 novembre, roo cc.; ponction, ligne axillaire postérieure.
6° Insufflation, le 18 novembre, 4oo cc.
Expectoration, 10 cc. par jour.
1% Décembre. La dernière tentative a été sans succès. Piqûres en plusieurs endroits en dedans de la pointe de l’omoplate et dans la région sous-axillaire. On ne peut retrouver la poche.
Radioscopie. Opacité dense du poumon gauche; une zône claire grande comme 2 francs vers la base, extérieurement.
4 Décembre. Température normale. Respiration uniformément diminuée ou abolie. Rares grincements lointains. Aucune zône tympanique ni soufflante. Cœur à sa place normale.
3 tentatives : piqüres dans la ligne axillaire antérieure, vers la pointe de l’omoplate et, plus haut, en dedans. On obtient vers la ‘pointe de l’omoplate de faibles oscillations, avec secousse plus mar-
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quée à la toux; les oscillations augmentent d’amplitude au fur et à mesure qu’on introduit de l'azote. Elles sont franches à la fin. Il pénètre foo cc. sous pression. A la fin de l'opération, on constate que i’azote s’est répandu uniformément sur toute la hauteur du dos, dans le tissu cellulaire sous-cutané.
23 Décembre. On renonce à continuer le pneumothorax. Silence et matité partout à gauche, vagues rales dans la profondeur au niveau du mamelon. Expectoration 20 cc. Apyrexie constante.
Quitte le Sanatorium le 18 janvier 1912. Etat général bon; peu dyspnée d'effort. Pachypleurite épaisse. Cavité bien enkystée du sommet. Taux de l’expectoration stationnaire. Tousse peu.
Larynz, voix éteinte en voie de retour.
Résulatts nuls. Il est à se demander si les premières injections étaient bien intrapleurales, après les insuccès multiples qui ont suecédé. Adhérences pleurales résistantes. Pneumothorax impossible.