‹ La télégraphie sacrée mise en paraboles [microforme]Chapitre 3 sur 4 · LAN SU · texte numérisé non relu

LAN SU

4 ne vous ai vu grandir et ne vous ai façonnées que pour cette 4 mission.— L'enseignement, c’est la génération des âmes.—J’ai 4€ loin d'ici de vastes domaines ; c’est la part d’héritage que vous (4 a laissée “ votre Père qui est au Ciel ; ” établissez vous sur ‘ces domaines et peuplez-les. Il faut que par milliers, par 4€ dizaines et par centaines de milliers des enfants, issus de vous, “ fassent honorer mon nom, et illustrent l’impérissable mémoire 4 de Celui qui m'a engendrée moi même de toute éternité, ”’

Et les deux Filles, profondément émues, s’acheminèrent vers cette jumelle vocation;

Une fois fixée sur le sol de son patrimoine, l’Ainée qui s’appelait Quebecca prit pour mari un nommé! Laval, de bonne maison et qui apportait en contrat de belles espérances. —Les noces se célébrèrent avec une sainte allégresse et sous les plus heureux auspices, comme c’est d'ailleurs l'habitude ; maïs bien des années s’écoulèrent, et Québecca n'avait point d'enfants.

La Cadette qui avait reçu au baptême le nom de Marianopolis, et qui méditait sans cesse dans soc cœur les paroles de sa Mère, se disait en voyant sa sœur stérile, en la voyant surtout,

‘# Se faisant un repos de sa stérilité :”?

O mon Dieu ! les vœux de notre Mère étaient de voir

“ notre héritage heureux, riche, fécond, peuplé. En nous en- ‘ voyant dans ces régions toutes nouvelles à la lumière, ne nous “ a-t-elle pas dit comme la Rachel des premiers âzes du monde : “ Da mihi liberos aliaquin moriar, ’—" donnez-moi des ‘ enfants, où sinon je mourrai ’— Et des enfants ! nous n’en avons pas {—Oh ! si ma sœur en avait, comme je les aurais “-chéris ! comme je me serais faite leur institutrice, leur con-

« seillère et leur amie ! C'était tout mon rêve quand elle s’est

& mariée. Maïs le Ciel semble nous abandonner ; le pays est

4 en friche, faute de bras; les bêtes féroces y creusent leurs tan-

“ nières, et y élévent en paix leurs petits, qui dévoreront tout.

“Les ennemis de notre Mêre ;—ils sont puissants et nombreux,

: et ils se multiplient chaque jour.—nous entourent de toutes

‘parts ; ils poussent d'audacieuses incursions sur nos terres ; 4 ils nous menacent de nous dépouiller de notre héritage et de ‘“ nous emmener captives loin de notre patrie.—-Ne dois-je pas ‘ justifier la divine devise qui accompagne le divin blason de ‘ ma race : Dabo tibi gentes,’—" Je te donnerai des nations?”’ 4 Il faut que je me marie.—C'est mon devoir ; c’est ma voca- “ tion ; c’est mon appel.”

Telles étaient les pieuses lamentations de Mariano polis ; tels furent, et la ferme résolution de sa foi, et le noble mobile de ses espérances, et les purs aveux de sa charité.”

Mais, qu'arriva-t-il ?

—Il faut dire que Zaval, l'impuissant Laval, avait introduit dans sa demeure, dans sa demeure sans sourire et sans joie, des bavards, des flatteurs, des outrecuidants, des autoritaires à la souple échine, des larmoyeurs sans àme, des flagorneurs dela force brutale, des cancaniers de salon, des fabricants-colporteurs de fausses nouvelles, des clabaudeurs de théories intéressées, des écrivailleurs d'album, des barbouilleurs d’arrogance, etc., ete., etc. ; en un mot la collection complète de tous ces petits bourreaux-manqués qui forme le personnel-de-cour des petites Principautés pédantes et collet-monté, étroites et rigides, égoïstes et fatiguantes, jansénistes et vénimeuses.

Aussi, à la première nouvelle des loyales intentions de Marianopolis, au premier vent de ses droites démarches d’établissement, toute cette basse-cour ne sut que piailler au scandale.—Se marier! ‘“ Quelle abomination !—-dirent-ils en chorus, —Avoir “ desenfants! Fi! Quelle horreur ’—Est-ce que nous en avons, ‘“ nous |—Et encore, qui parle-t-elle d'épouser, l’ingrate ! Il n’est ‘ bruit que d’un certain Loyola, qui n’a pas le sou, qui n’est ‘ qu'un ÉTRANGER !—-Oui, un étranger, ce qui est du dernier “ monstrueux ! “Que nous faut-il dr plus ? ”’ et un étranger de “ la pire espèce, un caractère intraitable, ‘ qui n'a jamais ‘ appris sur les genoux d’une mère l'amour de la patrie” *

* La Minerve, sur les Jésuites.---No. du 23 Nov. 1872.

de on

& (1), qui n'est en somme connu que pour-avoir roulé sa bosse à ‘ travers le monde, en se faisant chasser de toutes les sociétés “4 policées où il a essayé de se faufiler, qui fait à cette aveugle Marianopolis une cour d'une hardiesse,..… d’une hardiesse ‘ vraiment déplacée. et qui intrigue, le sournois ! auprès de. nos “ amés rt féaux ” Gouvernants, pour contracter par surprise “ avec elle un mariage plus ou. moins licite—Oh! c’est par “ trop insensé, et c’est vraiment intolérable ! ! ”

Si bien que l’infortunée Québecca touts effarouchée de ces ricailleries fit passer en toute hâte à sa Mère la contexture de deux questions :

“ PriMo.—Est-il vrai que vous maudissiez mon union avec ‘ Laval, que vous avez bénie, quand elle s’est conclue ; et que ‘ vous annuliez formellement notre mariage ? ”

‘ SECUNDO.—Marianopolis a-t-elle le droit de contracter un ‘ mariage subreptice et clandestin, devant une autorité autre “ que la vôtre,.. . et de faire des peurs bleues à mon pauvre ‘6 Laval, comme s’il avait toute une bande d’assassins à ses “ trousses ? ”?

4 Réponse immédiate ” Et la Mère répondit :

— “ Evidemment non—Mais, ma chère Enfant, ce que vous “ me mancez est bien étrange, me paraît bien incohérent, et “ trahit chez vuus des émotions qui m'inquiètent pour votre «“ santé.—De grâce, calmez-vous.—Je m’empresse de vous ‘: donner, par le prochain courrier, les conseils que m'inspirent “ ma soilicitude aussi bien que mon autorité, l’une et l’autre ( inviolablement maternelles ; tant sur ce qui se passe dans votre : “ propre ménage, Ma Fille, que sur là manière dont vous devez {t traiter votre sœur cadette, qui est mon enfant aussi bien quo ‘ vous.—Soyez sage. ” Fe

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