GÉNÉRALITÉS SUR LES CONTACTS IMPARFAITS
Lorsque, dans un arcuit électrique qui renferme un élément de pile, tel qu'un élément Daniell, on intercale une grande résistance R, qu ne varie pas avec la force électromotrice E de la source, l'intensité Î du courant
| E est exprimée par ia relation | = R en supposant que la
résistance du reste du circuit est négligeable par rapport à R. Avec n éléments de pile en série de même force électromotrice E, constituant un circuit qui renferme une résistance R, devant laquelle la résistance de la pile est
négligeable, l'intensité devient l! — =.
On à vu précédemment que la résistance d’un radioconducteur offrait des caractères différents de ceux d’une résistance invariable R. Considérable pour une très faible force électromotrice, la résistance d’un radioconducteur diminue notablement quand la force électromotrice aug-
mente et peut devenir bientôt très faible : intensité du
courant croît alors beaucoup plus vite que proportionnellement à la force électromotrice de la source. .
Il en était ainsi pour les premiers radioconducteurs à contacts multiples, sous la forme de tubes à limaille de fer, de nickel, d’or et d’autres métaux, et, de même, pour des contacts uniques, tels que pointes d'acier poli sur disque d'acier poli, pointes de tellure sur disque ou cylindre d’ argent, etc..,
Ces premiers radioconducteurs restaient le plus souvent, longtemps conducteurs après l'action d'une étincelle électrique, mais un choc les ramenait à leur résistance initiale. Le rég'age du choc s’établissait facilement pour des étincelles successives, maintenues égales, et on obtenait des alternatives de conductibilité et de résistance qui permettaient, soit l'inscription de dépêches, soit la production d'effets variés préparés à l'avance.
- En raison de leur sensibilité, de la simplicité de leur construction et de la souplesse de leur réglage, les tubes à! limaille furent employés comme révélateurs d'ondes électriques, pendant les premières années de la télégraphie sans fil. Leur genre de conductibilité ne convenait pas, soit pour la réception de signaux par téléphone en télégraphie sans fil, soit pour la téléphonie sans fil. On a trouvé des radioconducteurs spéciaux dont la modification de résistance par les osci.lations électriques ne persiste pas après que ces oscillations ont cessé d'agir, et on a choisi ensuite dans ce groupe, ceux qui ne laissent pas passer également les deux sens d'un courant électrique. Ces derniers contacts sont les détecteurs redresseurs. L'intensité du courant qui parcourt un de ces différents contacts imparfait croît aussi plus vite que la force électromotrice qui lui est appliquée.
Intercalé dans le circuit d'un courant alternatif, un
redresseur, dit parfait, arrête complètement l’une des alternances : le courant qui passe produit alors l'effet d’un courant continu, soit sur un téléphone soit sur un galvanomètre ordinaire.
- I] à été imdiqué, à propos du téléphone, qu un courant alternatif de haute fréquence n agit pas directement sur un téléphone. Redressé (fig. 36), il produit l'effet d'un courant continu, c'esi-àdire détermine un déplacement Fic. 36.
de la membrane. L'effet d'une tranche étroite de courant alternatif, redressée, est celui d’un courant continu de courte durée. Un bref courant alternatif à oscillations décroissantes ou amorties agit encore comme un bref courant continu s'il est redressé et il donne un choc. Une suite de tranches équidistantes alternatives amorties ou non amorties, redressées, donne au téléphone une suite de chocs équidistants. Quand les deux alternances d’un courant alternatif sont inégalement diminuées par le passage à travers un contact redresseur, le redresseur est dit imparfait. L'une des alternances ne disparaît pas complètement, mais l'effet résultant sur un téléphone ou sur un galvanomètre ordi-
“naire est le même, à l'intensité près, qu'avec un rédesseur ‘parfait.
Pyrite de fer et Ée de cuivre, carborandum et pointe de carbone, sulfure de plomb et pointe de cuivre et beaucoup d’autres contacts redresseurs ont été avantageusement employés. On fait surtout
Fic. 37. usage actuellement d'un
fragment de galène G (sul-
fure de plomb cristallisé) sur le quel appuie une pointe métallique p de cuivre ou de plat (fig. 57).
En. 1895, un jeune élève du professeur Righi, à Bologne, M. Marconi, répéta, en augmentant graduellement la distance des deux postes, les expériences de radioconductibilité qui avaient été présentées à l’Académie des Sciences en 1890 et 1891 et publiées dans diverses revues.
Après de multiples essais effectués en Italie, sur terre, puis sur mér, avec des tubes à limailles métalliques, M. Marconi vint en Angleterre, où 1l reçut aide et encouragement.
À cause de la dissémination du rayonnement de l’étincelle, l'effet produit sur le tube et sur son circuit diminuait quand la distance augmentait entre les deux postes, mais les propriétés de l'appareil récepteur se maintenaient si l'on faisait croître, d'abord séparément, puis à la fois l'énergie de l’étincelle de l’éclateur et la hauteur de tiges conductrices annexées aux deux postes.
M. Marconi mit en relief le rôle essentiel des tiges libres qu il reliait, simultanément, l’une à une boule de l'éclateur au poste d'émission, l’autre à une des faces du contact imparfait au poste de réception, et qu'il appelait des antennes.
L'organisation des deux postes, à laquelle il s'arrêta après de longues recherches et qui fut d’abord adoptée sans changement par tous ceux que son succès entraïna sur ses traces, est désignée sous le nom d’excitation directe.