‹ La télégraphie sans filChapitre 31 sur 57 · BRANLY · texte numérisé non relu

BRANLY

de 500 vibrations par seconde, le diapason vibrant À trans- . met par l'air 5.000 impulsions au diapason récepteur B. Chaque impulsion est individuellement minime, mais l'addition de toutes les impulsions aboutit à un écart dont l'amplitude devient suffisante pour que le diapason primitivement en repos, rende lui-même un son, grâce à sa constitution qui lui donne la même période qu'à l'excitateur. Ce son est entendu nettement et se prolonge seul si l'on vient à arrêter l'excitateur avec la main.

En télégraphie sans fil, dans une excitation directe, une succession aussi considérable d'impulsions est loin d'être réalisée par le circuit oscillant d'émission. Ce circuit oscillant se trouve dans des conditions analogues à celles d'un pendule pesant placé dans un milieu qui oppose une grande résistance à son mouvement : 1l s'arrête après un très petit nombre d'oscillations rapidement décroissantes. On dit que ses oscillations sont très amorties.

L'énergie initiale, limitée, d’un corps vibrant se dissipe, en général, à la fois par divers frottements et par des mouvements communiqués au milieu ambiant. Pour les étincelles de décharge de condensateur, l'amortissement provient de la résistance opposée par le circuit de décharge et spécialement par l'intervalle gazeux compris entre les boules de l’éclateur. Une partie de l'énergie de la décharge est ainsi convertie en chaleur et les valeurs maxima de l'intensité de son courant alternatif décroissent rapidement.

Les oscillations de chaque étincelle d'émission, qui forment un groupe, appelé un frain, s’affaiblissent si vite que la première oscillation du groupe contient la plus grande partie de l'énergie de la décharge totale ; le train ne comprend que quelques oscillations. Le rayonnement électrique de l’étincelle n'exerce pas alors l'effet qu'on

pourrait attendre de sa nature vibratoire. Comme la première oscillation est la seule importante, l'effet dû à un train est, sensiblement, celui d'un choc unique.

À chaque train qui lui vient du poste d'émission, le système électrique de l'antenne de réception est donc brusquement écarté de sa position d' équilibre et oscille avec la période qui convient à sa constitution.

D'après l'étude qui a été faite des antennes, la longueur d'onde des oscillations libres qui parcourent alors l’antenne de réception est la plus grande de celles que permet la lorgueur de l'antenne : la base de l'antenne est un ventre de courant et son sommet est un nœud, sans qu'il y ait de nœuds et de ventres intermédiaires.

Mise en vibration, l'antenne réceptrice n'effectue, ellemême, qu'un nombre très réduit d'osaillations électriques ; la cause principale de cette réduction est la grande résistance du contact imparfait.

Il est essentiel d'ajouter que l'intervalle de temps qui sépare deux trains d'émission, provenant de deux étincelles consécutives de l'éclateur, est tellement grand (fig. 45)

Fic. 45.

par rapport à la durée d'un des trains, que l'effet, déjà minime, qui est dû à chaque train, n'a pas laissé d'impression sur l'antenne réceptrice quand le train suivant agit à son tour.

Ces conditions spéciales suppriment tout avantage qui pourrait résulter d'un accord préalablement étab:1

entre les périodes qui sont propres aux deux antennes, puisqu'il ne peut se produire entre elles de résonance effective. L'antenne d'émission n’exerce donc pas, sur une antenne de réception accordée, un effet différent de celui qu'elle exerce sur une antenne quelconque, non accordée, située également dans son champ d'action.

La vibration électrique d’une antenne d'émission se comporte alors comme une explosion qui fait vibrer toutes les vitres d'alentour et ne leur impose aucune période ; la période de vibration de chacune des vitres est celle qu. répond à son mode individuel de fixation.

Les remarques précédentes font comprendre pourquoi une antenne de réception n'est pas impressionnée exclusivement par une antenne d'émission avec laquelle elle a été particulièrement accordée.

Îl faut ajouter qu'une antenne de réception est, comme une tige de paratonnerre, influencée par l'électricité atmosphérique : toute décharge orageuse, quelles que soient sa provenance et sa période, y fait naître des oscillations électriques, comme dans tous les conducteurs de la région ; elle donne ainsi lieu à des signaux qu'on a dénommés signaux parasites. Par leur répétition et par leur intensité, les signaux parasites peuvent brouiller toute correspondance ; cela est fréquent dans les pays chauds. La multiplicité de ces décharges serait peut-être aussi, pour nous-mêmes, la cause de fâcheuses impressions si nous possédions un organe de réception des oscillations électriques.

Page 1