‹ La télégraphie sans filChapitre 38 sur 57 · ACCROISSEMENT DE LA VITESSE DE TRANSMISSION · texte numérisé non relu

ACCROISSEMENT DE LA VITESSE DE TRANSMISSION

Afin d'obtenir la rapidité de transmission que réclame le trafic d'une grande station radiotélégraphique, 1l a fallu, d'une part, accélérer l'émission et, d'autre part, user à la réception de procédés spéciaux pour séparer des signaux très rapprochés,

Mécanisme d'émission

Comme cela se fait pour les grands cables sous-marins, les dépêches à expédier sont inscrites à l'avance, par perforation, sur une bande de papier qui passe, à cet effet, sous les touches d'un clavier alphabétique. Abaiïssée à la main, une touche compose en une seule frappe les signes de sa lettre. Un trou de très petit diamètre correspond à un point, un trou plus grand à un trait. Convenablement perforée, la bande de papier peut être ensuite, pour l'émission, déroulée rapidement par un transmetteur automatique entre deux cylindres conducteurs que chaque trou de perforation met en contact pour laisser passer le courant d'émission. Le passage est plus long pour un trait que pour un point. L'expédition est possible ainsi, à grande vitesse, et la réception a lieu dans les mêmes conditions.

Réception par enregistrement.

Comme la réception au son est pénible, puisque le lecteur au son doit conserver en permanence son récep-

teur appliqué contre l'oreille, la recherche de l’enregistrement des signaux avait été l’objet de nombreux essais.

Dans le cas d’une réception à grande vitesse, le nombre des signaux reçus par minute est d’ailleurs trop grand pour qu'un lecteur au son puisse les suivre et l'enregistrement est indispensable. L'enregistrement se fait par la photographie ou à l’aide d'un phonographe.

Méthode photographique. — On emploie habituellement un galvanomètre extrêmement sensible, à indications instantanées. C'est, par exemple, un galvanomètre, dit à corde, dans lequel un fil conducteur très fin est tendu entre les pôles très rapprochés d’un puissant aimant. Si l'on fait traverser le fil tendu par les courants redressés successifs qui mettaient en vibration la membrane du téléphone dans la réception ordinaire, l’action magnétique de l’aimant écarte brusquement le fil de sa position d'équilibre au passage de chaque train. En raison de sa très faible inertie, le fil conducteur revient à sa position d'équilibre dans l'intervalle de deux trains.

Le fil conducteur étant éclairé par un faisceau lumineux, l'image qu'une lentille en donne se projette sur une pellicule photographique qui se déroule rapidement, parallèlement au fil. Chaque train d'oscillations est signalé par un intervalle clair provenant d'un déplacement du fil entre deux de ses positions d'équilibre consécutives.

Méthode phonographique. — La membrane du téléphone récepteur est disposée devant le cornet d’un phonographe. Le cornet porte un diaphragme enregistreur muni d'une pointe aiguë qui appuie sur un cylindre de cire tournant autour d’un axe. À chaque train, la vibration de la membrane du téléphone se communique au diaphragme enregistreur et la pointe aiguë perce dans la cire des trous dont le

nombre par signal est proportionnel à la fréquence du son qui était entendu au téléphone. Il y aura, par exemple, vingt trous pour un point et soixante pour un trait. Pour une même fréquence, la distance entre deux trous consécutifs augmente avec la vitesse de rotation du cylindre du phonographe.

Quand on veut reproduire au son une dépêche inscrite, on substitue au diaphragme enregistreur du cornet un diaphragme répétiteur, à pointe mousse, puis on donne au cylindre du phonographe la vitesse de déroulement qui convient à un régime normal de lecture.

Page 1