‹ La télégraphie sans filChapitre 110 sur 221 · TR · texte numérisé non relu

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à l'École professionnelle supérieure des Postes et Télégraphes par M. le colonel Ferrié, qui a puissamment contribué au développement des applications de la télégraphie sans fil.

Un des problèmes les plus importants de la navigation est de déterminer avec la plus grande précision possible la position du navire à un instant quelconque. C’est le problème du « point ». En pleine mer on détermine la longitude et la latitude par des observations astronomiques à condition de posséder l'heure du méridien origine, dont la différence avec l'heure locale à un même instant physique, donne la longitude. Chaque navire transporte dans ce but plusieurs chronomètres, réglés au départ sur l'heure du méridien origine, et dont on suit la « marche » avec grand soin. Il n’est pas rare cependant d’avoir des variations de plusieurs secondes, ce qui entraîne parfois des erreurs de position du navire de plusieurs kilomètres. Une forte proportion des naufrages sur les côtes est due à des erreurs de ce genre. La télégraphie sans fil a fourni un moyen simple et sûr de donner l'heure exacte du méridien origine. C’est ainsi que deux fois par jour, à 10 h. 45 et 23 h. 45, l'observatoire de Paris envoie l'heure du méridien de Greenwich par l'intermédiaire de la station radiotélégraphique de la Tour Eiffel. Tous les navires munis de récepteurs de télégraphie sans fil peuvent donc régler leurs chronomètres avec sécurité. Ces signaux horaires, qui sont perçus la nuit dans toutes les mers de l’Europe et jusqu’à 200 milles de New-York (compte rendu du paquebot La Touraine en janvier 1912) sont suivis de renseignements météorologiques destinés à prévenir les navires du temps qu'ils trouveront à leur arrivée.

Ces signaux horaires présentent aussi une très grande utilité pour les observatoires astronomiques, météorologiques, sismographiques, etc., ainsi que pour les compagnies de chemins de fer, les horlogers, etc. Ceux de la Tour Eiffel, en particulier, sont écoutés dans toute l’Europe, car leur puissance permet de les percevoir avec des installations simples.

La précision, que permettent d'obtenir des signaux horaires radiotélégraphiques, est de l’ordre de un dixième de seconde au maximum, ce qui suffit parfaitement pour les divers usages que nous avons énumérés. Elle est également satisfaisante pour les explorateurs qui ont à déterminer approximativement la position géographique des points importants des régions qu'ils traversent et qui peuvent opérer pour cela, d’une manière analogue à celles qu'emploient les navigateurs, pour « faire le point », en recevant les signaux radiotélégraphiques au moyen d'une antenne et d’un appareil récepteur portatifs. Un dixième de seconde de temps représente environ 90 mètres.

Pour les opérations géodésiques proprement dites, dans lesquelles il est parfois nécessaire de déterminer les coordonnées astronomiques d’un point, la précision du dixième de seconde pour la connaissance de l'heure du méridien origine est insuffisante, car il est possible de déterminer l'heure locale avec une approximation de l’ordre du centième de seconde. On fait alors usage d’une méthode spéciale dite « méthode des coïncidences » qui permet de comparer deux instruments de mesure à un centième de seconde près et par conséquent d'obtenir la longitude avec la même approximation.

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