CHAPITRE IX
Le problème de la transmission des images sans fil.
267. La plupart des méthodes de transmission des images avec fil peuvent être appliquées à la transmission sans fil : nous allons en citer quelques-unes.
268. — A. Méthode basée sur l’emploi du sélénium. — On connaît cette curieuse propriété du sélénium que sa résistance varie suivant son éclairement. Nous l’utiliserons de la manière suivante. Au poste transmetteur l’image à transmettre, par exemple un cliché photographique sur pellicule, est fixée sur un cylindre transparent À ayant en son centre O une source de lumière, et animé en même temps d'un mouvement de rotation autour de son axe et d’un mouvement de translation le long de cette droite. Sur le trajet du faisceau lumineux est une chambre noire percée d’un trou C. Par suite des mouvemenis du cylindre, tous les points de la pellicule passent successivement devant le point C, et l'intensité du rayon lumineux qui pénètre dans la chambre noire varie suivant le point de la pelli- Fig. 188. cule qui se trouve en face de C. Ce rayon à lumineux tombe sur un fragment D de sélénium qui fait partie d’un circuit de pile (fig. 188). L’intensité du courant dans le circuit varie avec la résistance du sélénium et par conséquent suivant l'intensité du rayon lumineux OECD. Ce courant agissant d’une manière quelconque, par exemple par induction sur un circuit radiateur parcouru par des ondes de période donnée, l'intensité des ondes émises varie suivant l'intensité lumineuse en D et donc suivant le degré d’opacité de la pellicule en E.
À l’arrivée des ondes reçues dans l'antenne excitent, par exemple par induction, des oscillations dans un circuit contenant un détecteur d'énergie D et un galvanomètre G dont l’aiguille wF entraîne dans son mouvement une pellicule LH mobile dans un plan horizontal, et couverte d’une couche
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de noir de fumée d'épaisseur variable. En face est une chambre noire I percée d’un trou J, et dans laquelle est un cylindre K identique au cylindre : correspondant À du poste de départ, et animé des mêmes mouvements. On place sur ce cylindre K la pellicule destinée à recevoir l'image. On dirige, à travers la pellicule LH, un rayon lumineux MJ sur le point J. Le point de la pellicule LH qui passe à un moment donné sur le trajet du rayon MJ est variable et ne dépend que de l'intensité du courant dans le circuit récepteur et par conséquent de l’énergie à l'émission, et donc du point E de la pellicule qui passe à ce moment sur le trajet du rayon OECD au poste d'émission. Il suffit alors, pour avoir à l’arrivée une reprodurtion exacte de l’image transmise, de distribuer la couche de noir de fumée sur la pellicule LH de telle sorte que, en un point N de cette pellicule qui se trouve à l’arrivée sur le trajet du faisceau lumineux MJ, point N correspondant à une Fig. 189. intensité donnée du rayon OECD au départ, l'épaisseur du noir de fumée soit telle que l'impression en J sur la pellicule photographique reproduise après le développement une teinte identique à celle du point correspondant de l'image au départ (fig. 189).
Dans un iel système, la présence de parasites serait très nuisible, chaque parasite faisant une tache sur l’image à l’arrivée. L'emploi de syntonies rigoureuses, possible par l'emploi d'ondes entretenues et d’accouplements lâches, atténue cet inconvénient.
269. B. Transmission de photographies au charbon. — Sur une photographie au charbon, la couche de charbon est d’autant plus épaisse que le noir est plus intense. Plaçons une telle image sur un cylindre À animé de mouvements de rotation et de translation comme dans le procédé précédent. Sur le point B appuie l'extrémité d'un levier BOC mobile autour de l’axe O et dont le point C commande la membrane M d’un microphone placé dans un circuit de pile (fig. 190). On obtient ainsi dans le circuit microphonique un courant dont l'intensité varie suivant la teinte du point du Fig. 190. cylindre qui passe en B au même moment. Le courant microphonique agit, par exemple par induction, sur le circuit radiateur parcouru par des oscillations entretenues. |
270. C. Reproduction de la gravure. — Supposons une gravure ou un dessin imprimé sur un papier conducteur au moyen d’une encre isolante; et placons ce papier sur un cylindre À animé d'une rotation et d’une translation comme dans le cas précédent. Tous les points du cylindre passent devant un contact B qui fait partie d’un circuit contenant une pile et un relais, et aboutit d'autre part au cylindre. Le circuit est fermé ou ouvert suivant que le point du papier qui passe en B est conducteur ou