CHAPITRE X
Le problème de la transmission d'énergie à distance sans il.
271. Dans toutes les applications que nous avons considérées jusqu'ici, les ondes électro-magnétiques se propagent dans tout le milieu environnant l'antenne, soit d’une façon uniforme, soit dans les procédés de direction très imparfaits que nous possédons, suivant des lois déterminées. Il est évident dès lors que la quantité d'énergie qui traverse une surface déterminée décroît rapidement avec la distance, et qu'on ne doit pouvoir utiliser à la station réceptrice qu'une énergie très restreinte. C'est ce qui se passe en effet, puisque cette énergie, dans la plupart des cas, est employée à faire vibrer la plaque d’un téléphone, qui est un instrument d’une sensibilité de l’ordre du centième du microampère. Admettons que le courant à qui passe dans le téléphone pour une bonne réception soit de l’ordre du micro-ampère et la résistance 7 du récepteur 3000 ohms, la puissance utilisée est :
ri soit :
3000.10 %—5.407" watis.
La puissance émise à la station transmettrice étant de l’ordre de plusieurs centaines de watts, on voit qu'il n'est pas possible de comparer le rendement des transmissions radiotélégraphiques a celui des transmissions d'énergie avec fil, où une grande parte de l’énergie émise peut être utilisée à la station réceptrice.
Arrivera-t-on à vaincre les obstacles? et peut-on espérer voir prochainement de véritables transmissions d'énergie sans fil? Reconnaissons seulement que les difficultés sont très grandes. La principale tient à la grande longueur d'onde utilisée, qui accentue les phénomènes de diffraction, et empêche de former des faisceaux électro-magnétiques, comme on fait des faisceaux lumineux. Faut-il conclure que cela sera toujours impossible? Nous ne le ferons pas, ne voulant pas que l'avenir apporte un démenti à nos affirmations pessimistes.