II. — Dérecreurs
143. Le rôle du détecteur est de transformer l'énergie de haute fréquence, incapable d'agir sur les mécanismes d'inertie relativement grande destinés à impressionner les organes des sens où à provoquer l'enregistrement des signaux, en une sorte d'énergie susceptible de produire l'effet désiré.
On peut classer les détecteurs à différents points de vue.
144. Détecteurs d'amplitude. Détecteurs d'énergie. — Ou bien l'appareil est un organe de déclenchement, et l’arrivée des ondes a pour effet de provoquer dans un circuit voisin une émission d'énergie venant d'une source indépendante, et capable de mettre en mouvement l'appareil indicateur. La réception est alors indépendante de l'énergie des ondes incidentes ; l'appareil fonctionnera si l'amplitude nécessaire au déclenchement est atteinte pendant un instant; il sera plus sensible à un train d'oscillations amorties qu'à une série d’oscillations entretenues, l'amplitude maxima étant, à énergie égale, plus grande dans le premier cas. C’est un détecteur d'amplitude.
Ou bien l'énergie qui produit le mouvement de l'appareil de réception est empruntée au courant oscillant lui-même. L'ampli-
tude du mouvement dépend alors de l'énergie des ondes ellesmêmes, et le détecteur est un détecteur d'énergie. Son emploi est particulièrement indiqué dans le cas d'ondes entretenues.
145. Détecteurs d'intensité. Détecteurs de tension. — Certains détecteurs sont, de mème que les volimètres, à grande résistance intérieure, et mesurent la différence de potentiel entre les deux points du circuit auxquels ils aboutissent : ce sont des détecteurs de potentiel. D'autres, de même que les ampèremètres, sont à faible résistance intérieure, et mesurent l'intensité du courant qui passe dans le circuit dans lequel ils sont insérés. Ce sont des détecteurs de courant.
Nous décrirons maintenant les différents types de détecteurs.
146. Cohéreurs. — Le premier en date des détecteurs est le cohéreur, constitué par un tube de verre dans lequel de la limaille métallique est contenue entre deux électrodes métalliques À et B (fig. 92). Cet appareil étant complètement abandonné maintenant, nous n’insisterons ni sur sa théorie, ni sur son montage, ni sur son fonctionnement, qui ont été d’ailleurs indiqués dans nos précédentes éditions (p. 31).
147. Détecteurs magnétiques. — L'action des oscillations électriques sur les corps magnétiques a servi de principe à plusieurs détecteurs. Nous décrirons seulement celui de Marc coni, sous sa forme actuelle, très répandue dans les stations de la Compagnie Marconi (fig. 93).
Deux poulies placées dans un même plan vertical. et commandées par un mouvement d'horlogerie, tournent lentement autour de leurs axes. Un ruban sans fin, fait d’un faisceau de fils de fer fins recouverts de soie, passant sur les deux poulies à la façon d’une courroie, Fig. 93/1 Détecteur. magnétique. avance à la vitesse de 7 à Extrait de J, A. Fleming : « The principles of 8 centimètres par seconde. HT A CEE A Il passe dans un tube de verre sur lequel est montée une bobine gd de fil isolé, placée dans le circuit oscillant. Une : NP bobine, enroulée autour de la première, est reliée aux bornes du récepteur téléphonique. Deux aimants en fer à cheval