VALEUR SÉMÉIOLOGIQUE DES VARIATIONS DE LA TEMPÉRATURE AXLLAIRE
$ 1. — Pleurésies tuberceuleuses
Pour Peter, au cours des pleurésies tuberculeuses, la température axillaire ne tarde pas à s'élever après la thoracentèse ; et cette élévation locale survient en moins de une demi-heure. De plus, quand le liquide se reproduit, la température locale s'élève encore de 0,8 à 1 dé-
gré et même 1 dégré 5, et reste à ce chiffre tant que dure la nouvelle poussée inflammatoire.
Il importe de bien faire remarquer que toutes les observations de pleurésies que nous avons rapportées ont bien trait à des pleurésies tuberculeuses. Ces pleu-
résies sont d’ailleurs les plus fréquentes et, selon l’ex-
,. pression de Landouzy et Labbé, foute pleurésie qui ne
fail pas sa preuve est luberculeuse. D'ailleurs, l'examen
cytologique des liquides que nous avons pu faire et surtout le mode d'évolution de la pleurésie en elle-même, ne saurait laisser le moindre doute à cel égard.
Nous avons constaté cette hyperthermie locale qui suit la ponetion et qu'avait reconnue Peter. En particulier pour l'observation I où, conformément à l'opinion admise par Peter, nous avons vu pendant quelques jours la température suivre une marche ascensionnelle. II faut
cependant noter ici un fait en apparence paradoxal et
‘qui ne concorde pas avec les autres cas que nous relatons : c'est qu'après la thoracentèse, la température
axillaire du côté de la pleurésie était plus basse que du. côté sain. C’est à une exception dont nous ne saisissons
pas la cause. Il semble que la seule soustraction du li-
quide ait fait baisser la température comme si ce liquide
lui-même contenait des produits thermogènes à action locale. Les expériences de Büchner montrent, en effet, que si les bacilles laissent échapper dans le milieu de
culture des poisons diffusibles, ils conservent cependant une grande partie de produits toxiques qui, injectés à
un animal, peuvent encore déterminer de la fièvre, mais c'est là une hypothèse que nous n'émettons
qu'avec de grandes restrictions. Peut-être, en effet, ne s'agit-il là que de simples phénomènes vaso-moteurs,
d'ordre réflexe, consécutifs au traumatisme, si léger soit-1l, que détermine la thoracenthèse. Dans l’observaton III également, la ponction a été suivie d’une élévation marquée de la température, environ un degré; et cette température s’est maintenue plus élevée pendant quelques jours. Le fait est moins net dans l'observation I ; il y a cependant une ascension de la courbe thermique pendant quatre jours.
En deuxième lieu, de l’étude des courbes nous pouvons également tirer cette seconde notion, que la température est toujours plus élevée du côté malade d'environ un à deux dixièmes de degré, el ceci pendant toute l'évolution
de la maladie. À certains moments cependant, comme nous :
: : : à l'avons vu, cette loi semble présenter des exceplions,
mais seulement après la thoracentèse, et nous nous som-