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mes expliqué plus haut sur ce phénomène en apparence paradoxal.
Enfin, il nous a semblé qu'à la période de résolution, et le fait est particulièrement apparent dans l'observaüon I, les deux courbes se snperposent exactement ; cest peut-être là un point dont on pourrait Uirer des indications au sujet du pronostic. En effet, ne semble-t-il pas tout à fait logique d'admettre, quand les deûx aisselles présentent une température identique, que les. conditions anatomiques des parties correspondantes des poumons sont de même identiques. C’est d'ailleurs l'opinion que Peter exprimait implicitement: dans le passage que nous avons rapporté plus haut.
L'égalité de la température permettrait dans une certaine mesure de prévoir que la pleurésie est en voie de guérison, que la lésion locale s'améliore en même temps que la température baisse.
- $2. — Tuberculoses unilatérales.
Au cours des tuberculoses unilatérales, les courbes thermiques indiquent nettement que la température est plus élevée du côté / malade et ceci de un à deux dixièmes de degré environ, parfois même trois dixièmes, jamais plus de cinq dixièmes. C'est d’ailleurs
… là un résultat auquel on devait s'attendre et qui confirme pleinement les données antérieurement fournies par Peter.
N'est-ce pas, au reste, une loi de pathologie générale,
que tout travail inflammatoire détermine dans le voisi-
nage immédiat un ensemble de réactions dont l'hyper-
me
thermie peut- -être Éhdétee comme une des manifesta-
tions les plus constantes ? Il est d’ ailleurs juste de remarquer qu il s’agit là d’un signe de même ordre que le
point de côté du sommet dont parlait Peter, et auquel
il accordait une réelle signification dans le diagnostic précoce de la tuberculose pulmonaire. La douleur et la chaleur ne sont-elles pas, en effet, les deux éléments les plus apparents de la tétrade caractéristique de l’inflammation : tumor, rubor, calor et dolor ? Ici la tuméfaction, Ja rougeur {qui n’est qu’un effet de la congestion) ne peuvent s’apprécier à cause de la profondeur des organes en cause. Pourquoi donc, dans ce cas, vouloir négliger les autres éléments qu'il nous est permis d'étudier: la douleur et la chaleur? Remarquons d'ailleurs que l'augmentation de température locale a été notée depuis longtemps dans l’évolution des tuberculoses chirurgicales. Une tumeur blanche du genou, par exemple. détermine presque toujours de l’hyperthermie parfois appréciable à la main et sans thermomètre.
Mais si le fait clinique ainsi bien établi ne laisse place
à aucun doute, l'explication pathogénique ne laisse pas
d’être beaucoup plus difficile. Quels sont les produits pyrétogènes du bacille de Koch, comment passent-ils dans la circulation, peuvent-ils suivre la voie lymphatique plutôt que la voie sanguine et agir amsi localement sur
les régions voisines, n'y a-t-1l pas une analogie frappante
entre ce retentissement thermique local et la réaction également locale des divers groupes ganglionnaires ? Ce sont-là autant de questions qui touchent à la pathologie
générale bien plus qu'à la clinique et qué nous ne
saurions aborder sans sortir de notre sujet.
ane s
D'autre part; dans la méningite luberculeuse de la première enfance, un des meilleurs éléments de diagnostic
est l'élévation de température au niveau du crâne.
$3. — Tubereuloses bilatérales.
Pour les tuberculoses bilatérales il faut distinguer
‘deux ordres de faits :
Ou bien la tuberculose est bilatérale au moment même où le malade est examiné, et c’est le cas qui nous à semblé le plus fréquent (obs. VII). Il faut remarquer que dans ce cas, généralernent les lésions prédominent d’un côté et sont d'âge différent. Souvent ces lésions sont croisées, c'est-à-dire que si le maximum des signes se trouve en avant du côté gauche, il se trouvera en arrière du côté droit ; c’est là un fait assez constant sur lequel avaient insisté depuis longtemps les anciens chniciens, mais dont la pathogénie n’est pas élucidée ; ou bien 1l s’agit d’un sujet atteint de tuberculose unilatérale et dont l’autre sommet se prend pendant la période d'observation. Ce dernier cas est plus difficile à rencontrer et nous n'en avons pas fourni d'exemple personnel, nous en tenant pour ce genre de faits à l'observation tout à fait nette de Vogel. .
Dans le premier cas on constate que d’une manière constante la lempérature est plus élevée du côté où les lésions sont le plus avancées ; 1l y a cependant des accidents de la courbe que nous ne prélendons pas expliquer mais il nous semble légitime d'émettre l'hypothèse suivante : dans le cas où le courbe correspondant au côté le moins malade vient à dépasser la courbe du côté op-
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posé, il se pourrait qu'il y ait eu du côté primitivement moins atteint une poussée aiguë ou subaiguë de nature congestive. On sait, en effet, combien est grande la fréquence des poussées subaiguës au cours d’une tuberculose à évolution chronique. Ces poussées coïncident souvent sur une hémoptysie ; dans ce cas le sang chargé de bacilles a, en quelque sorte, ensemencé les parties jusque là respectées du parenchyme pulmonaire. Cette hémoplysie, quand elle apparaît, a donc une grande valeur tant diagnostique que pronostique, mais elle est inconslante et des hémorragies légères qui restent internes peuvent amener une infeclion des parties sous-jacentes sans être rendues à l'extérieur, c'est-à-dire sans signes physiques appréciables. L'étude de la température axillaire pourrait ici devenir un utile élément de. diagnostic.
Dans le second cas, si on voit apparaître chez un sujet porteur de lé$ions unilatérales une élévation de la température axillaire du côté jusque-là sain, c’est une raison suffisante pour aflirmér que ce côté sé prend à son tour. L'observation de Vogel, que nous avons rapportée, : est tout à fait démonstrative à cel égard.
Il nous semble, d’ailleurs, intéressant de faire remar-quer à ce sujet qu'au cours d’une autre affection pulmo-
naire, la pneumonie, l'élévation de la température axil-
laire du côté sain, doit faire redouter l'apparition d'un
second foyer, d’une pneumonie double. On sait en effet
qu'au cours d’une pneumonie unilatérale, la température axillure du côté malade est plus élevée que du côté sain de 2 à 5 dixièmes de dégré. Dans le cas de pneumonie donble, la température devient égale au niveau des deux
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aisselles : c'est là une analogie particulièrement frappante qui mérite de ne pas être passée sous silence.
Reste à déterminer maintenant quelles variations peut présenter la température axillaire sous l'influence d'agents qui sont connus pour agir sur la température centrale. Pour résoudre cette question, nous aurions pu utiliser les injections de tuberculine qui provoquent, comme on le sait, les réactions thermiques intéressantes et cela à doses infinitésimales. Mais partisan convaincu des dangers de la tuberculine, nous n'avons pas voulu délibérement exposer les malades à des accidents, et nous nous contenterons de relaler brièvement à ce sujët les observations émises dans le travail de Vogel. De l’ensemble des cas quil a observés, Vogel tire la conclusion suivante : « S1 chez un sujet porteur de lésions tuber- - culeuses unilalérales, on fait une injection de tuberculine, on voit que les deux courbes de température axillaire jusque-là distinctes tendent à se confondre et cela, pendant quelques jours seulement. Après quoi, la dissociation des deux températures réapparaît. Il semble, d'après Vogel, que la tuberculine a agi en amenant Jocalement une neutralisation des toxines formées au niveau des foyers pulmonaires. Il y a donc une action bien certaine de la tuberculine puisque les modifications constatées sur la courbe disparaissent quand la tuberculine n'agit plus, c'est-à-dire après quelques jours lorsqu'elle a été complètement éliminée et qu'elle ne reste plus dans l'organisme, même à l’état de traces.
De ces quelques faits, il nous semble légitime de conclure à l'utilité certaine de l'étude de la température ‘axillaire chez les tuberculeux ; si l’examen de la tempé-
rature centrale permet de juger les réactions de l’organisme tout entier à l'infection tuberculeuse, c’est à la température axillare plus particulièrement qu'il appartient de nous renseigner sur l'évolution des lésions locales. Elle est à la fois un utile complément du diagnostic et un élément de pronoslic qui mérite d’être pris en sérieuse considération. Aussi, selon nous, pour que cette méthode soit féconde, 1l ne faut pas s’en tenir à l'étude seule de la température axillaire, 1l faut relever à la fois la température centrale, buccale ou rectale et les températures axillaires. En résumé, on peut dire que
si l'étude de la température centrale permet de juger comment l'organisme réagit à l'infeclion (uberculeuse, l'étude de la température locale est destinée à nous renseigner sur l’état des lésions pulmonaires. Or, c'est un | tort de trop négliger la lésion locale pour ne voir que la, Fe manifeslation générale. C’est, en effet, du foyer lui- à même que partent les toxines et les microbes, et c'est de la cicatrisation du foyer pulmonaire que dépend la guérison, de même que la gravité est augmentée par l'apparition d'un nouveau foyer dans le poumon sain. | Il faut, en outre; multiplier les observations, opérer dans des conditions toujours identiques ; il est, en particulier, un point de détail sur lequel nous désirons attirer plus particulièrement l'attention en {erminant, c'est que souvent la température axillaire a été mal interprétée parce qu'elle a été mal prise, parce qu’on ne a appliqué le thermomètre chez des sujets en période de transpiration, et le fait est très fréquent au cours: de la tuberculose. Or, on conçoit facilement que l’évaporation qui se produit à ce moment à la surface de la