MÉTHODE D'EXAMEN
Nous exposerons d’abord rapidement la méthode qui nous a permis de mener à bien cette étude de thermométrie axillaire.
Nous nous sommes servi d’un thermomètre à maxima, soigneusement vérifié, que nous avons conservé pour toutes nos observations. La température était prise aux heures les plus propices de la journée (8 heures du matin, # heures du soir). Le thermomètre était nus au fond de l’aisselle préalablement essuyée et laissé cinq minutes sous le bras du malade, appliqué à nu, sans vêtement, contre la paroi thoracique. Toutes nos observations se rapportent à des malades qui gardaient le repos le plus absolu : c’est là un fait d’une grande importance. On sait, en effet, que la température subit chez les tuberculeux des variations marquées, sous l'influence de la fatigue la plus insignifiante. Afin de diminuer autant que possible, d’ailleurs, toutes les chances d'erreur, nous avons tenu à prendre avec le même thermomètre la température de chaque aisselle. Nécessairement, l'examen de ces deux températures n’a pas pu être simultané, mais l'intervalle qui séparait ces deux examens n’a jamais dépassé une à deux minutes.
Dans les cas où nous n'avons pas pu prendre nousmême la température, nous l'avons fait prendre par le
malade, sans lui laisser soupçonner, d’ailleurs, le but de nos recherches. De cette façon, nous sommes à peu près certain qu'ils nous ont donné des résultats exacts et qu'ils n’ont pas pu se suggestionner eux-mêmes.
Ajoutons enfin que nous avons contrôlé chez des sujets sains l'étude de la température axillaire à l’état normal. Nous admettrons avec Schneider, Denys, Pembrey et Nicol, comme normale, la température moyenne de 36°5.
Avant d'entreprendre cette étude, il nous semble bon de montrer que l'étude de la température axillaire est logique et rationnelle au point de vue anatomique. En effet, les parties supérieures du poumon, qui sont le lien d'élection de la tuberculose pulmonaire chronique au moins dans les formes communes, correspondent bien à la région axillaire. La ligne qui limite inférieurement le lobe supérieur, c’est-à-dire la scissure interlobaire principale, suit sensiblement à gauche le troisième espace et à droite le quatrième. D'autre part, il faut remarquer qu'en ce point, le poumon est très rapproché de la surface, séparé seulement par une mince lame musculocutanée au niveau des espaces intercostaux et par un double feuillet pleural. Et encore souvent des adhérences, une symphyse pleurale partielle viennent-elles rendre ce contact plus intime, nouvelle raison pour que les processus pathologiques qui se passent au niveau du sommet du poumon puissent avoir un retentissement sur les téguments correspondants.