‹ La température axillaire chez les tuberculeuxChapitre 6 sur 18 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Il semble que ce soit Peter qui, le premier, ait attiré l'attention sur les caractéristiques de la température axillaire. C’est ainsi qu'il signale l'élévation de la température locale à la suite d’un ponction de pleurésie, et du côté de cette pleurésie. Cet auteur montre aussi qu'au cas de tuberculose unilatérale, il existe une légère hyperthermie du côté malade.

On a l'habitude de rapporter à Peter l’étude de la température axillaire chez les tuberculeux. En réalité, Peter, dans ses Leçons de clinique médicale (1. IT, 2*édit., 1879, p. 427 et s.) ne parle pas de la température axil-

2° espace intercostal. Il insiste d’ailleurs à plusieurs reprises sur l'utilité de ces recherches :

« La température doit être égale et s’abaisse ou s'élève simultanément et parallèlement si les modifications de la température sont de cause générale. Au contraire, si les chiffres thermiques sont dissemblables dans deux espaces homologues et normalement identiques, c'est évidemment que les conditions thermiques sont changées, et dans l'espèce elles né peuvent l’être que par la tuberculisation, laquelle se développe presque toujours simultanément au même point des sommets pulmonaires sans y être ha-

laire, mais de la température locale prise au niveau du

bituellement symétrique pour le nombre, la profondeur et l'étendue des lésoins. J'ajoute, que pour permettre de conclure, il faut que cette disparité ne soit pas fugitive, mais constante ; il faut aussi qu'elle ne soit pas trop faible et atteigne pee dixièmes de degrés. »

Ainsi done, Peter n’'envisage que la température prise à la face antérieure du thorax à la partie supérieure. En réalité, les notions qu'ils a établies sont également applicables à la température axillaire. C'est, en effet, au niveau de l’aisselle, qu'il faut chercher les réactions in-diquant l'atteinte du sommet du poumon, et si on peut permettre de rappeler une analogie, c’est bien au niveau du creux axillaire que doit porter l’auscultation pour découvrir une pneumonie du sommet.

Mais cette idée, en apparence si rationnelle, n’a guère été suivie. Pour Eichhorst et Aldowic (Traité de Pathologie interne de Eichhorst, 3° éd., t. IV, p. 525), « la température axillaire ne peut renseigner sur l’état des sommets; pour un cas de lésion unilatérale, la température était plus élevée tantôt du côté sain, tantôt du côté malade ; enfin, lorsqu'il existait de l'infiltration d'un côté, et des cavernes de l’autre, la température était d'habitude plus élevée du côté infiltré. »

Il faut arriver jusqu'au travail de Vogel (1) pour trouver une étude approfondie de l'élévation unilatérale de la température axillaire dans la tuberculose pulmonaire. Vogel apporte, à l'appui de sa manière de voir, un grand nombre de courbes : dans les lésions unilatérales, on

(4) Nous remercions beaucoup M. le D' Vogel, médecin du sanatorium de Davos, qui a bien voulu nous faire part de ses recherches et nous communi- * quer ses travaux sur la question.

ENT Va

pourrait, à son avis, à la vue de la courbe thermique, dire si les lésions sont récentes, si elles évoluent ou restent stationnaires.

Au cas d’affections bilatérales, il a pu constater que le côté le plus lésé a la température la plus élevée.

Cependant, Mantoux n'hésite pas à rejeter l'emploi de la température axillare qui, d'après lui, reflète très incomplètement la température centrale. Par contre, Schüle fait remarquer que les résultats fournis par la température rectale peuvent être inférieurs à ceux que donne la température axillaire, quand :l existe une inflammation pelvienne.

Sans insister sur les multiples inconvénients qui résultent de l'introduction répétée d’un thermomètre dans l’ampoule rectale, 1l nous semble que la température axillaire ne doit pas perdre ses droits. Il s'agit, en effet, de bien s'entendre ; nous ne conteslons nullement que, pour se faire une idée exacte de la température d'un tuberculeux, 1l soit préférable de chercher à connaître sa température centrale. Nous ne cherchons pas à montrer dans ce travail que l'étude de la température axillaire peut remplacer l’étude de la température centrale. Nous ne tenons pas compte, en effet, de la température axillaire en elle-même, mais nous considérons les différences qu'il peut y avoir entre les températures axillaires des deux côtés, et nous posons ce principe que, pour le diagnostic précoce d’une tuberculose pulmonaire, l'étude simultanée et répétée de la température des deux aisselles est d’une utilité incontestable. La méthode que nous indiquons n'est pas destinée à suppléer les méthodes anciennes ;

nous ne cherchons pas à remplacer une méthode défec-

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