‹ La Tension Artérielle et la GuerreChapitre 11 sur 18 · APPAREIL CARDIO-VASCULAIRE · texte numérisé non relu

APPAREIL CARDIO-VASCULAIRE

. Quelles sont, en premier lieu, les lésions de guerre qui, dans le cœur ou l'arbre artériel, peuvent engendrer des

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modifications dans la tension sanguine ? La guerre a-t-elle donné naissance à des cardiopathies particulières, spécifiques ?

Avant la guerre, la séméiologie cardiaque rangeait. sous deux rubriques les troubles du cœur : les souffles, signes d’une lésion ou d’une insuffisance cardiaque que l’on jugeait incompatibles avec un service actif; les palpitations, qui, ne se traduisant que par une tachycardie plus ou moins accentuée, devaient être, pensait-on, parfaitement compalibles avec un service de l'avant. |

À l'usage, on s’aperçut que cette doctrine était trop exclusive; les troubles, purement subjectifs, accusés par les palpitants amenaient parfois une diminution fonctionnelle considérable, supérieure même dans certains cas à celle des malades présentant des souffles organiques.

On a donc cherché à préciser la signification exacte de ces palpitations. Lran, les signalant chez les territoriaux, énumérait les nombreux symptômes subjectifs d’essoufflement, de gêne, de fatigue rapide qui les accompagnaient. AUBERTIN les constate fréquemment chez des sujets jeunes et, tout comme Lran, note une hypertension, hypertension légère, mais qui semble primitive et paraît conditionner la tachycardie.

La tachycardie est parfois pourtant le seul symptôme observé et, au lieu d’être déterminée par une hypertension, elle nous apparaît comme primilive. .

Que sont ces tachycardies ? « Groupées sous le nom de cardionévroses, écrit A. Dumas, elles constituent un véritable syndrome autonome que la guerre a vu se multiplier à outrance. Lié au surmenage, ce syndrome semble relever d'un mode de traduction nouveau de l'insuffisance cardiaque, insuffisance fruste et élective, sans défaillance avérée et tenant sans doute à une disproportion entre la capacité d’un cœur accordé à la besogne familière du temps de paix

et l'effort différent, pour ne pas dire excessif, que la guerre est venue brutalement lui imposer. »

Les palpitations sont donc bien un fait de guerre, aussi a-t-on désigné sous le nom de « cœur de guerre », de « cœur de soldat », Je muscle cardiaque présentant ce rythme rapide.

La guerre est-elle totalement responsable de ces troubles légers d'insuffisance ? Lran, en constatant leur fréquence, place à la base une myocardile, séquelle d’un état infectieux contemporain ou antérieur à la guerre; à la suite des fatigues, d’intoxications diverses, la myocardite pourra se réveiller, se traduisant par un léger degré d’insuffisance.

A la myocardite fruste s’ajoutera, dans certains cas, une débilité circulaloire constitutionnelle. Les manifestations qui résultent de cette débilité cardiaque rentrent dans le cadre de ce que GALLAVARDIN a dénommé « névroses tachycardiques », qui ont fait en partie l’objet de la thèse de RicHARD.

C’est le matin surtout que l’on constate de la tachycardie chez ces « névrosés » et la tension suit une marche parallèle à la courbe rythmique (MARTINET).

Après l'épreuve d'effort, la pression est augmentée d’un taux plus élevé que chez le sujet sain, d’où fatigue plus considérable pour le muscle cardiaque (Lewis, AMBLARD).

Dans le cas d'insuffisance grave, il n'y a plus parallélisme entre le rythme et la tension ; l'accélération du premier est considérable alors que la seconde varie peu.

Parfois, enfin, on ne pourra découvrir de myocardite ; la débilité circulatoire constitutionnelle ne pourra être invoquée; dans ces cas, le surmenage seul sera incriminé, pourvu que la tachycardie soit peu marquée et ne s’accompagne ni d’hypertension artérielle, ni de manifestations d’allure névropathique.

Surmenage, myocardile ancienne, débilité circulatoire constitutionnelle, se traduisant par une même symptomatologie, il sera parfois difficile de remonter à l’étiologie véritable.

À celte tachycardie, il est enfin des causes extracardiaques.

Si le cœur est quelquefois le coupable, il est beaucoup plus souvent la victime; à part les cas de myocardite fruste — el pour peu que l’on donne avec Wiiziam Osrer de l'extension à ce terme on tombe dans les troubles organiques caractérisés — l’analomie ne nous révèle aucune lésion. Beaucoup plus souvent le cœur, dans les troubles de guerre, agit comme un manomèlre de la perméabilité rénale, de la conductbilité nerveuse, notamment de l’excitabilité du sympathique, les tachycardies de guerre ne sont, le plus habituellement, qu’une modalité de l’action nerveuse, dont « la souffrance cardiaque est l'expression la plus facile à saisir ».

Il est pourtant une série de troubles tensionnels qui ont un retentissement plus profond sur le muscle cardiaque. ‘ Chez les avialeurs, en effet, Évrenne et Lamy signalent une hypertrophie notable, à peu près constante, précoce (nette après cinq mois de vols), persistant chez les aviateurs ne volant plus depuis huit mois, proportionnelle à l'altitude habituellement pratiquée, progressive et portant surtout sur le ventricule gauche. La tension maxima est légèrement augmentée.

Tel est le résultat des modifications si nombreuses constatées dans la pression des aviateurs ; il n’est d’ailleurs pas possible de faire la part exacte qui revient aux émotions, à la fatigue, à l'aclion de la pression atmosphérique et du degré thermométrique. Mais il semble pourtant qu'il s'agit là d’une adaptation organique, car la tolérance reste parfaite jusqu’au moment où se surajouleront des

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facteurs d’hypertension permanente, due, d’après FERRY, à un hyperfonctionnement des surrénales et à la rétention des substances azotées et toxiques par insuffisance rénale. Faisons remarquer que-pour la plupart des auteurs, Josué entre autres, on constate plus souvent une baisse permanente de la tension avec des signes d'insuffisance surrénale.

Quant aux vaisseaux, ils ne présenteront que rarement des lésions primitives. Les cas d’hypertension locale observés traduisent le plus souvent des troubles de la régulation sympathique, une excitation des centres vasoconstricteurs médullaires, ou sont un signe d’hypertension générale encore latente à ce stade. Quant aux lésions d'artério-sclérose, elles sont le fait d’une intoxication générale dans laquelle intervient, pour une grande part, une insuffisante perméabilité rénale. L’artério-selérose vasculaire est un facteur d'hypertension, mais consécutive ellemême à d’autres manifestalions hypertensives.

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