INTRODUCTION
La tension artérielle normale apparaît dans sa valeur comme une résultante complexe à laquelle concourent, plus ou moins directement, les différents appareils de l'organisme.
« Or, dit Gallavardin dans son livre sur La tension artérielle en clinique, plus le champ d’une fonction est étendu et plus sont multiples les facteurs qui la conditionnent, plus apparaissent variés les assauts qu’elle peut subir... Un fonctionnement du cœur impeccable, une adaptation parfaite des vaisseaux, une direction harmonieuse du système nerveux, des exigences limitées des différents organes, il faut tout cela et dans toute l'étendue de la profondeur du corps pour maintenir le Laux normal de la (ension artérielle et assurer, sans défaillance comme sans excès, celte circulation sans fin, celte course sans repos du milieu intérieur qui ne cessent qu'avec la mort. Aussi les modifications qui se groupent autour du chiffre normal de la tension artérielle sont-elles sans nombre. »
ro nées
La guerre avec ses émotions, ses faligues, ses intoxications de toute sorte n’a-t-elle pas pu troubler cette harmonie, créer des modifications, sinon nouvelles, tout au moins plus spécialement groupées et définies? C’est ce qu'il nous a paru intéressant de rechercher.
Les ouvrages, les travaux foisonnent sur la pression artérielle. Pour adopter le langage des conférenciers nous dirons que la moisson est abondante. Généreusement, comme les moissonneurs de Booz, les auteurs permettent une glane riche; mais nous ne saurions ramasser tous les épis. Nous voudrions tout simplement donner une vue d'ensemble succincte, des rapports de la pression avec la guerre ou plus exactement avec les faits de guerre. C’est dire que nous laisserons de côté toutes les affections, tous les troubles qui ne sont véritablement pas « choses de guerre ». Du tableau changeant, multiple, que nous aurons ainsi tracé nous essaierons de détacher ce qui doit « survivre », Ce qui constituera pour la pression artérielle une « impression » de guerre au sens absolu du mot.
Nous rechercherons donc tout d’abord dans la vie du soldat toutes les causes qui à un degré divers auront pu influer sur la tension sanguine. Dans un second chapitre nous exposerons les données sphygmomanométriques recueillies sur les blessés, les intoxiqués, les surmenés, les émotionnés de toute sorle. En troisième lieu, nous rechercherons à quel appareil il faut remonter, pour avoir la clef des modifications constatées : nous essaierons enfin de demander à des observations plus récentes des renseignements sur l’évolution et le pronostic des variations tensionnelles observées en cours de route.