ACTE I
temps, mais que d'étroites relations entre nos deux familles ont fafraicfai.
SEILLANES.
Ahl
ACHILLE
Oui... Vous savez que le père de Contran était militaire? le mien aussi. Quand je perdis mon père, le général de Vardes voulut bien me servir de tuteur; j'étais au collège dans ce temp&-]à, et chose qui E^ laissera pas de vous surprendre, c'était Gontran qai me. fainit sortir tous le» quinze jours.
SEfLLAHES^.
Ah! tiens, tiens, tiens, vraiment!
ACHILLE
Il parait presque aussi jeune que moi» Gontran, n'est-ce pas?
SEILLANES.
Ah ! c'est qu'il a encore toutes ses dents, le gaillard, toutes ses dents et pas une tare (
ACHILLB«
£h bien 1 il n'y ^ a pas moins entre nous une bonne douzaine d'an-* nées de distance; et tenez! la preuve, c'est qu'à cette époque-là^ il était amoureux d'une actrice de je ne sais quel théâtre, àqui il avait coutume de porter un bouquet de violettes tous les matins... et les jours de sortie il m'emmenait, moi, jusqu'à la porte, bien entendu; je l'attendais fièrement sur le trottoir en fumant un cigare qui me. faisait mal, et quand j'étais rentré au collège, je contais ça pendant quinze jours à mes camarades... qui me trouvaient superbe!
SEILLANES.
Ahl ahl ah! de aorte que dès ce temps-là de Yardes menait la vie assez chaude, eh ?
ACHILLE. '
Oh! il n'était pas marié.
SEILLANES.
Ob! le matriago n'a jamais été podr lui une martingale bien sévère ! Eh ! eh I dites-moi \
ACHILLE, froidement, «llMit •'iuMobr à gauche pris de la iable.
Bref, depuis ce temps nous sommes restés fort liés, de Vardes et moi.
s BILL A NES) !• aiiiT«iit.
Ce qui est d'autant plus flatteur pour vous que sa femme est ravissante.
ACHILLE, areo graTiié.
Vous pouveîK ajouter, monsieur de Seillanes, qu'elle est parfaitement honnête.
ILLANES.
Vous avez raison, elle est parfaitement honnête, toutes les femmes sont parfaitement honnêtes, ça, c'est certain, (u s'assied k droite de la table.) Eh bien I toncz^ VOUS êtos heureux... j'ai toujours rêvé, moi, d'avoir pour maîtresse une femme honnête I
ACHILLE
Monsieur le marquis de Seillanes, je vous atteste encore une fois formellement...
SEILLANES.
Très-bien! c'est convenu, je me trompe... vous avez raison! ■ Oui, j'aurais aimé ça, mais je n'ai pas le temps. Une femme honnête, c'est toute une affaire; il faut parler littérature d'ailleurs, et mes moyens ne me permettent pas... (ii ru.) Et ma foi! pourtant j'avoue que pour madame de Vardes j'aurais fait des folies... j'aurais relu mes auteurs! Mais j'avais et j'ai même encore des raisons pour observer vis-à-vis d'elle une extrême réserve.
ACHILLE
Vous avez réfléchi apparemment qu'étant Tami du mari...
SEILLANES.
Ah! dame! ma foi, non! Ce n'est pas ça... Si on s'arrêtait devant ces choses-là,... il faudrait renoncer à tout... vous comprenez ! D'ailleurs, de Vardes ne se gène guère pour son compte... Ah ! à propos, vous savez que nous allons avoir une jolie chasseresse aujourd'hui, outre mademoiselle Hélène ?
ACtiiLLE.
Qui donc ?
SEILLANES.
Mais la petite madame Dumesnil, mîss Cowperson, la fille de FcUher^ Cowperson, cette blonde qui rougit toujours.
ACHILLE
Ah! je sais, oui...