‹ La tentation piece en cinq actes et six tableaux (volume 2)Chapitre 110 sur 124 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

Pardon ! (a Achille l .) Mon cher monsieur, si j’ai accepté sur l’invitation formelle de Contran , et pour abréger des délais fâcheux, la miasion de servir de second à M. Trévélyan, c’est que j’espérais, comme je l’espère encore, que nos communs sentiments faciliteraient un accommodement qui serait vraiment conforme à la raison comme à l’honneur. Une querelle aussi futile que celle dont nous avons tous été témoins ne saurait justifier l’effusion du sang.

ACM IL'. E.

C’est tout à fait mon avis, monsieur; mais vous savez quels obstacles nous avons rencontrés jusqu’ici...

T R K V K I, V A N , sur un rogard do Contran.

Messieurs, vous faites votre devoir, sans doute! Mais une réconciliation sur le terrain ne saurait convenir, vous le comprenez, ni à M. de Vardes, ni à moi,

CONTRAN.

Vous avez entendu, messieurs.

SEILLANES.

Pcrmettez-moi du moins, messieurs, d'insister pour que les conditions du combat soient modifiées dans un sens moins rigoureux ; nous avons apporté des épées...

M Trévélyan a choisi le pistolet... je no vois pas de raison...

T P 12 V K L Y À N , sur un regard de Gontran.

Je maintiens mon choix.

A H II I L L K | il se retire un peu en arrière avec Seillanc», et parait prendre quelques dispositions avec les témoins, pendant que Gontran et Trévélyan déposent leurs paletoti ; puis revenant vers eux :

Il ne nous reste donc, messieurs, qu’à vous rappeler les conditions du combat : vous vous placerez à vingt-cinq pas. Au signal que je vous donnerai , vous marcherez l’un sur l’autre, et vous ferez feu à volonté, sans dépasser pourtant les limites qui vont vous être déterminées.

I. Gontran, — Soi II ânes, Achille un peu en avant, — les deux témoins au fond.

C’ost bien.

GONTRAN

TRKVÉLYA N.

C’est entendu.

SËILLANES, montrant les épées qui ont été placées obliquement à trois ou quatre pas de distance par les témoins.

Messieurs, voilà les limites ( Pendant ce temps Soillanes et l’autre témoin ont chargé les pistolets )

ACHILLE, présentant les pistolets .

Voici les armes , messieurs, (-rrcvéïyan ot Gont»» prennent les pistolet».) Si vous voulez vous placer, messieurs ! ( Contran serre la main d’Achille,

Trérélyan celle de Seillanes, puis tous deux s'éloignent et vont se placer à quelque distance en ligne diagonale, précédés par les deux témoins qui comptent les pas* Trérélyan disparait un moment dans la coulisse de droite. Contran reste en rue dans le fond à gauche. Los témoins de Trérélyan se placont à l’angle de la coulisse à gauche, ceux de Gontran au fond du théâtre un peu sur la droite-) Allez, messieurs. (On roit Contran s’arancer, le pistolet releré. Trérélyan parait à droite marchant sur lui; il s’arance jusqu’à la limite et fait feu : Gontran chancelle, son pistolet lui échappe , et son bras droit retombe inerte : Achille faisant le mourement de s’élancer. ) DÎCU ! 111 0 II Bmi !

GONTRAN, d'une rolx forte.

Ne bougez pas! Ce n’est rien ! (u ramasse le pistolet de 1a main gauche,

se remet eu marche et s’avance jusqu’à la limite. Tenant Trérélyan sous son feu, il parait hésiter une seconde, puis il dit d’une voix sourdo , le regardant en face.)

Monsieur, je vous donne la vie!

TREVELYANf arec force

Monsieur, veuillez tirer!

GONTRAN

Monsieur, je ne tirerai pas... ou si on l’exige, je perdrai mon

feu; j’y suis bien décide... (u descend lasc&n«, pendant que SetlUnes remonte re's Trérélyan. Achille Interroge Gontran arec intérêt, et lui jette son paletot sur les

dpauies.) Vraiment, l’origine de cette querelle est trop légère pour qu’il s’ensuive mort d’homme, (souriant.) C’est assez, c’est beaucoup trop déjà que le sang ait coulé... D’ailleurs, j’étais l’offenseur... quoique involontaire. Tout est donc pour le mieux. Monsieur Trévélyan, si je ne vous tends pas la main, c’est que vous m’enavez ôté la liberté/

TRÉVÉLYAN, saluant.

Monsieur! (u «approcho do Gontran.) Croyez, monsieur, que j’emporte d’ici un éternel regret.

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