‹ La tentation piece en cinq actes et six tableaux (volume 2)Chapitre 38 sur 124 · GONTRAN, CAMILLE, LA COMTESSE, MADAME DE SAULIEU · texte numérisé non relu

GONTRAN, CAMILLE, LA COMTESSE, MADAME DE SAULIEU

LA COMTESSE

Est-il vrai, ma chère Camille, que vous ayez, contrairement à mon avis, l’intention de garder dans votre maison la fille de Durel, malgré ce qui s’est passé?

CAMILLE

Oui, madame, cette enfant ne me paraît coupable que d’une étourderie. La chasser, ce serait la perdre. Je crois que l’indulgence est ici d’une charité bien entendue.

LA COMTESSE

Ah! je suis heureuse de vous voir prise de ce beau zèle de charité, vous qui daignez si rarement honorer de votre présence mes assemblées charitables du vendredi.

CAMILLE. '

Mon Dieu, madame, c’est que j’aime mieux faire la charité que d’en parler... Bref, je compte attacher cette enfant à mon service personnel... si Gontran le permet ( La comtesse s'assoit près de la table :

Camille passe près de Gontran.)

GONTRAN

Tout ce que vous voudrez, ma chère amie. .Seulement, je vous ferai observer que cette promotion ne sera pas d’un très bon exemple... et vous connaissez la moralité du pays... elle n’est pas déjà si florissante! (a madàm» de saulieu.) Vous ne sauriez vous imaginer, madame, à quel point nos paysans sont dépourvus de toute espèce de principes : c’est à ce point que, le dimanche, les trois quarts du temps notre église est vide.

CAM I LL E

Mais, y allez vous, vous, mon ami?

Moi, ma chère amie... mais il me semble...

I La comtesse et II»"-' de. Saulieu arrivent par la droite, âecoud plan.

Camille, la Comtesse, Gontran, Mm. de Saulieu.

Page 1