‹ La tentation piece en cinq actes et six tableaux (volume 2)Chapitre 88 sur 124 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

où je vous ai connu une estime dont je no suis pas prodigue?... Aije eu tort do croire sérieuses, sacrées dans votre bouche ces paroles si souvent banales de désintéressement , d’abnégation , de sacrifice?.'..

TRÉVÉLVAN.

Ah! madame... de grâce, cet arrêt que je lis dans vos yeux, qui est suspenda à vos lèvres, ne le laissez pas tomber encore! Comment l’ai-je mérité? Que s’est-il donc passé? Quel troubl^ai-jc mis dans votro vie? Quel remords dans votre cœur ? — Aucun! — Dieu le sait. — Que vous ai-je jamais demandé, que vous n’accordiez à chacun sans y songer, votre présence, quelques rares instants arrachés à vos loisirs, quelques-unes de vos soirées perdues... Enfin, cette amitié respectueuse que vous-mème m’aviez permise!

CAMILLE

J’ai eu tort... Ces amitiés qu’une femme rêve à côté de son devoir dans une heure de défaillance sont un vain mot qui peut tromper le monde, mais qui ne trompe pas la conscience. — Enfin, monsieur, je vous en prie, je vous en supplie, rendez-moi ce calme, cette paix, ce bonheur que j’ai trop méconnus autrefois... niais dont je sens tout le prix depuis qu’ils m’échappent!

TRÉVÉLYAN. *

Eh bien ! que faut-il faire? Parlez !

CAMILLE

Quitter cette maison à l’instant, Paris demain.

TRÉVÉLYAN.

J’obéis... Mais quoi? Rien, rien de plus?

CAMILLE, lui tendant la main.

Merci. (Trévélyan baise la main que Camille lui abandonne , et olle ajoute rivement : ) Adieu !

TRÉVÉLYAN.

Adieu ! (il s'éloigne; près de sortir, il se retourne, regarde encore Camille, et dit à part : ) Je Il’aurai jamais cette force ! (Puis 11 sort lentement par la galerie à droite.)

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