‹ La tentation piece en cinq actes et six tableauxChapitre 108 sur 173 · A CHILI. E · texte numérisé non relu

A CHILI. E

C’est tout h fait mon avis, monsieur; mats vous savez quels obstacles nous avons rencontrés jusqu’ici...

TREVE LY AN, sur un regard de Contran .

Messieurs, vous faites votre devoir, sans doute! Mais une réconciliation sur le terrain ne saurait convenir, vous le comprenez, ni à M. de Tardes, ni à moi.

CONTRAN.

Yous avez entendu, messieurs.

SEILI.ANES.

Permettez-moi du moins, messieurs, d’insister pour que les conditions du combat soient modifiées dans un sens moins rigoureux; nous avons apporté des épées...

M Trévélyan a choisi le pistolet... je ne vois pas de raison...

T R E V E L Y A N , sur un regard de Gontran.

Je maintiens mon choix.

ACHILLE^ il se retire un peu en arrière avec Seillanea, et parait prendre quelques dispositions avec les témoins, pendant que Gontran et Trévélyan déposent leurs paletots ; puis revenant vers eux :

Il ne nous reste donc, messieurs, qu’à vous rappeler les conditions du combat : vous vous placerez à vingt-cinq pas. Au signal que je vous donnerai, vous marcherez l'un sur l'autre, et vous ferez feu à volonté, sans dépasser pourtant les limites qui vont vous être déterminées.

1. Gontran, — Soillancs, Achille un peu en avant, — les tleui témoins au fond.

GON T R AN

C’est bien.

TRKVBLYA N.

C’est entendu-.

SEILLANES, montrant les épées qui ont été placées obliquement à trois ou quatro pas de distance par les témoins.

Messieurs, voilà les limites ( pendant ce temps Seillanes et l'autre témoin

ont chargé les pistolets ) \

ACHILLE, présentant les pistolets.

Voici lOS armes, messieurs. (Trérélyan etGontran prennent les pistolets.) Si vous voulez vous placer, messieurs! (oontran serre la main d’Achille,

Trérélyan celle de Seillanes, puis tous deux s'éloignent et vont se placer à quelque distance en ligne diagonale, précédés par les deux témoins qui comptent les pas. Trérélyan disparait un moment dans la Coulisse de droite. Gontran reste en rue dans le fond à gauche. Les témoins de Trérélyan se placent à l’angle de la coulisse à gauche, ceux de Gontran au fond du théâtre un peu sur la droite.) Allez, messieurs. (On roit Gontran s’arancer, le pistolet relcré. Trérélyan parait à droito marchant sur lui ; il s’arance jusqu'à la limite et fait feu : Gontran chancelle, son pistolet lui échappe , et son bras droit retombe inerte : Achille faisant le mourement de s’élancer.) Dieu ! 111011 ami!

GONTRAN, d’une roix forte.

Ne bougez pas! Ce n’est rien ! (u ramasse lè pistolet de la main gauche,

se remet en marche et s’arance jusqu’à la limite. Tenant Tréréljan sous son feu, il parait hésiter une seconde, puis il dit d’une roix sourde, le regardant en face.)

Monsieur, je vous donne la vie!

TREVELYAN, arec force

Monsieur, veuillez tirer!

GONTRAN

Monsieur, je ne tirerai pas... ou si on l’exige, je perdrai mon

feu J j’v Suis bien décidé... (il descend laacènn, pendent que SeiUenes remonte ve-s Trérélyan. Achille Interroge Gontran arec intérêt, et lui jette son paletot sur les

dpauies.) Vraiment, l’origine de cette querelle est trop légère pour qu’il s’ensuive mort d’homme, (souriant.) C’est assez, c’est beaucoup trop déjà que le sang ait coulé... D’ailleurs, j’étais l’offenseur... quoique involontaire. Tout est donc pour le mieux. Monsieur Trévélyan, si je ne vous tends pas la main, c’est que vous m’en avez ôté la liberté.

TRÉVÉLYAN, saluant.

Monsieur! (u .-approche de Gontran.) Croyez, monsieur, que j’emporte d’ici un éternel regret.

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