ACTE I
ACHILLE, intervenant.
Ilem! (a mite sauiieu.) Mais la mer, madame, nous avons la mer à deux pas d’ici... En général, les Parisiennes les plus fanatiques aimont assez la mer
MADAME DE SA U LIEU
Mais, c’est qu’e’lî m’agace, moi , la mer! Quand je suis sur !a plage, je m’assois le dos tourné à la mer : vous m’avouerez que ce mouvement sempiternel... cette mer qui s’en va' qui revient... on ne sait pas pourquoi ,... c’est irritant.
On ne sait pas pourquoi, esl fort!... Vous n’ignorez pas, cependant, madame, je suppose, qne la mer est soumise à l'influence des lunaisons?
MADAME DE SAÜL1EÜ
Je ne sais pas, madame, si elle est soumise à l'influence des lunaisons, et je m’en soucie peu;... mais je sais qu’elle m’agace, . voilà ce qu’il y a de certain... Au reste, malgré tous ses inconvénients, je comprends la campagne pendant deux ou trois mois de l’été... Ma is si M. de Vardes prend l’habitude de prolonger la saison jusqu’au fond de l'hiver, si surtout il a sérieusement l’intention, comme on le murmure, de s’établir ici à demeure l’an pro-' chain... je ne dis rien, je n’ai rien à dire..., mais je plains ma fille... Qu’en pensez-vous, Achille?
ACIM I. LE.
Vous avez raison, Madame, cent fois raison.
LA COM’TESSE, se levant, et gagnant le milieu de la srène.
Oh! sans doute. Je sais que certaines personnes ne croient pas vivre si elles ne fatiguent pas vingt chevaux et deux ou trois cochers ch ique hiver, à courir dé fête en fêle jusqu’à l’aurore.
MADAME DE S A U L I E U , se tarant.
Ma fille depuis deux ans n’a pas posé le pied dans un bal, madame, permettez-moi de vous le rappeler.