‹ La tentation piece en cinq actes et six tableauxChapitre 67 sur 173 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

Les Mêmes, GONTRAN.

gontran.

Tiens ! c’est Achille... Bonjour, Achille I

ACHILLE, lai mrut 1a main.

Mon cher Gontran !

Et depuis quand?

ACHILLE

Depuis ce matin, mon ami.

GONTRAN

Tiens! liens! Mais j’ai eu une heureuse inspiration, moi, de quitter mon cercle de bonne heure ce soir.

CAMILLE assise à gauche.

Au fait... qu’est-ce qui vous a pris? Habituellement, vous ne rentrez qu’à deux ou trois heures du matin... dit-on?

GONTKaN, passant.

Ah! quelquefois... Mais ce soir, je m’ennuyais... je perdais mon argent, d’ailleurs, cela m’agaçait... et puis le pressentiment... commentl Te voilà revenu, mon brave Achille!... Voyons donc! que je te regarde... Tu as grandi ! (a s'assoit sur ie can»p<s à droits.)

ACHILLE

Ah çà ! mon ami, tu sais que si je tolère ces familiarités protectrices dont tu m’honores, c’est uniquement en considération...

GONTRAN

De mon âge et de mon expérience supérieure, c’est convenu... Ah çà ! dis-moi, qu’es-tu allé faire en Suisse, décidément? Je parie que tu t’es marié?... Voyons, avoue-le... Tu as commis quelque idylle irréparable ? Tu as épousé la Bergère des Alpes ?

ACHILLE

Mon ami, je ne me marierai jamais, entends-tu, jamais, tant que j’aurai le libre exercice de ma raison !

Dieu ! qu’il est immoral, cet Achille ! Et dire qu’il revient de Suisse, ce malheureux-là, d’un pays qui était renommé pour son innocence et pour sa candeur avant que ce diable d’Achille ne l’eût visité !... Ça fait mal... ça tire des larmes, ma parole 1

ACHILLE

Voyons, mon ami, as-tu jamais réfléchi ?...

GONTRAN, l'interrompant.

Jamais... à rien, mon ami, je n’ai jamais eu le temps !

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