ACTE II
ACHILLE
J’ai vu ça, et vous l'avez congédié?
CAMILLE
Non.
ACHILLE
Ah ! en ce cas, je vais vous dire ce qui s’est passé : vous lui avez tendu la main, et vous lui avez dit : Je vous estime trop pour me fâcher... soyons amis!
CAMILLE, bouriant.
A peu près... Au reste, je crois, qu’il part, (euo passe.)
ACHILLE
Il ne partira pas, et dans quelques semaines ou quelques mois, ce sera vous qui partirez pour Lima.
CAMILLE
Quelle est cette folie, cousin ?
ACHILLE
Car vous n’ôtes pas femme, vous, comme je vous connais, à faire les choses à demi... Vous avez l’âme trop haute pour vous accommoder d’un duplicité vulgaire... Ce n’est pas vous qui vous échapperez jamais furtivement du foyer domestique, en doublant les plis do votre voile sur votre visage, pour revenir ensuite tranquillement offrir votre front à votre mari ou à votre enfant... Non, le premier pas que vous ferez hors du devoir vous mènera au bout du monde et au fond do l’abtme... Vous irez à Lima !
CAMILLE
Mais enfin, mon ami, savez-vous que vous m’offensez?
ACHILLE
Moi, bon Dieul ah! cousine!
CAMILLE, virement.
Mon mari ! (Allant s'asseoir. — Entre Oontran.)