‹ La terminologie franco-canadienne dans les sciences naturelles [microforme]Chapitre 2 sur 6 · AU CANADA · texte numérisé non relu

AU CANADA

TàM

L'ABBé V.-A. HUARD

Membre de pltuieun todété* aavtntei, directeur da Natufalisit

canadien, conservateur du mtuée de l'Iutroction

pnbliqne de la province de Québec.

QUÉBEC Imprimbbib Laplami^b & Pboulz

Cirn

LA

On a bien osé parfois affirmer qu'il y a sur terre peu de peuples aussi étrangers que nous aux notions même les plus communes de l'histoire naturelle. Il serait long et difficile d'instituer là-dessus une comparaison un peu sérieuse entre les gens des autres nations et les habitants de ce pays. Mais comment croire à priori que le Canadien- Français soit tellement inférieur aux autres en ce domaine des sciences naturelles, lorsque pourtant c'est sur les genoux mêmes de sa mère qu'il acquiert sa première initiation scien* tifique, par exemple : en zoologie. . . Qui de nous, en effet, n'a pas dès cet âge si tendre, — pour ne rien dire de ses relations plus ou moins inoffensives avec le mtnou, je veux dire avec le petit chat du foyer— qui n'a pas dès lors reçu des ouvertures sur les classifications animales... «Viens voir la grosse bibite !» ... « Prends garde ! la bibite va te manger I »... nous disait à l'occasion la maman ou la grande sœur. Et c'est ainsi que, de très bonne heure, sinon d'une manière bien précise, bien directe et bien étendue, nous avons pris, nos premières leçons d'histoire naturelle.

Par exemple, il faut bien l'avouer, la suite n'a guère répondu à un enseignement aussi précoce. Durant toute l'enfance, en effet, nous n'avons plus entendu parler d'histoire naturelle, pas même à l'école. Tout au plus et par bonheur, dans les abécédaires, dans les livres de lecture et dans les dictées, quelques bouts de pages se sont rencontrés oiï il y avait quelque description de l'éléphant, du croco-

XZsZZTu ""f^"''- l'y a aussi qae IVrfaut n a pas le goût, hors la nuit, de se tenir les yeux fermés

~eM " ""-cou.tauces.il esteutré eu reSt

et nor I. .T ,?""ï"/««-« -î'""-*". les petits Irlandais « nous, les écoliers de Québec, nous faisionrde la mineralogie pratique en nous lançant réciproquement, sanTdSku« jamais nous atteindre, des fragmenU de roihe de «m

r^ o°nt':^d ^" ?'""■" "" ^ 'P^"'« «'^ d"rajout cessé j^epnis longtemps, dans nos mes aujourd'hui

pav^ en asphalte, où il n'y a donc plus «ne Jle petite

.roche, pour permettre à l'enfance d'acquérir des connail!

Wanf r ,1 '"^'"^ ™"«"1" diverses. . .Et puis 1 enfant des villes, pour ne parler ici que de lui et mettre

Uct'eT^r' i" "V"""' '" ^- " " P"' '«-««e-r con tact, et de bien des façons, avec le règne v^tal. Il a ya

es riches floraisons du pissenlit se faire jour à ^avers ,«

entes du plancher, dans la cour même de la mai^Xu

joué sous l'ombrage des frênes étiques qui borfenTpL^^is

le sir f,'"J "■ '" '''"'"™" ^'«''«""'-e fois par^n^ le sapin et l'épinette, le jour de la procession ^ Sai«

ItT^TS'"!"""' '* '"" "''' Saint.Jean.Bap.rste, Et les têtes à crochets de la rapace (ou bardane), queîs p«J jectiles incomparables ne foumissent.elles pas à l'enfant « veine de taquinerie ! Quant aux chardons et aux he 1^

suMÏfcrtir';" "" '™'" •""«""«• '^Snent p^^ sur les fortiflcations et sur les pentes du rocher de Québec

-' jouent aussi leur rôle dans l'initiation boUniqûe de

l'enfa„ce.-Pour ce qui est du règne animal, les Jas'ons

ne manquent pas, pour le citadin en bas âge d'euTrendre

de bonne heure quelque aperçu. Des quadrupèdes, dÔme^

tiques ou «on, il e« voit plein les rues. Lor^«'i, 'Z^^i

temps la mouche qui se noyait dans son bol de lait ou lorsqu'il défend contre elle sa tartine, c'est, bien qu'il s'en rende peu compte, c'est de l'entomologie— oh ! très élémentaire I — qu'il fait. Et pour ne pas énumérer ici toutes les sciences en gie avec lesquelles il prend un contact si précoce, disons au moins que, autour même de la table de famille, il se livre à la pratique de l'ichtyologie, au moins le vendredi de chaque semaine, et les jours de vigile et de quatre-temps, et ceux de l'avent et du carême. Du reste, elle est jolie, cette ichtyologie qui se fait de la sorte au dîner ! A preuve, ce petit Qnébecquois que j'ai bien connu, il y a un peu plus d'un dpmi-siècle, qui n'avait jamais vu de morue qu'étalée dans les barils de saumure, chez l'épicier du coin, et qui n'en revenait pas de voir un poisson d'une construction si extraordinaire : ayant une queue et pas de tête, n'ayant de la peau que sur l'une de ses surfaces, et le tout de forme rigoureusement triangulaire. Que les temps sont changés ! Aujourd'hui qu'il y a des chemins de fer pour apporter dans nos villes les morues que les pêcheurs de la Gaspésie viennent à peine de tirer de l'eau, aujourd'hui la morue, à l'état encore frais, paraît sur nos tables sous la forme classique des poissons ; et l'enfant, de nos jours, n'est plus mystifié par l'apparence de raquette qu'avait la morue... du temps de nos pères. Eh bien,— il faut le proclamer hautement— voilà au moins une affaire où les systèmes d'industrie, de commerce et de navigation sont venus au secours de la science en détresse.

Or tout cela, c'est pour dire et prouver en une certaine mesure que, jusqu'à ces dernières années, notre innombrable population scolaire échappait absolument à tout enseignement scientifique, même élémentaire ; et même n'a-t-on pas vu, jusqu'à ces tout derniers temps, notre cours classique — si sagement et si fortement organisé, et de l'efficacité duquel nous sommes, vous et moi, et pour cause, si bien convain-

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cus n'«.tK>n p„ vu «t admirable cours classique ienorer .l»olumeut qu'il y eût dan, l-univcrs uu règue anilT Aus,,, pu,«,uc le p„,„ reflet. d-„„c façon slfid^rî^u; des connaissances chez les peaples et chez le, individu, i «t fade de devner que le n«tte n'est encore q^dan,

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discret f , i ' '*■""■ " ""' ™ "^'" du coup d'œil discret que e vais me permettre de jeter, si je pui, m'ex

pnmer a,„s, sur la langue dont non! nsc^ns ^uand iUoÛJ

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