I. — Propriétés physiques
La pratique des façons culturales ayant pour objet d'ameublir le soi conduisit naturellement les premiers agriculteurs à distinguer les terres fortes, compactes et froides, d'un travail pénible, et les terres légères, meubles et friables, où les instruments ont facilement accès. Déterminer les conditions qui assurent l'ameublissement du sol, la pénétration des agents atmosphériques : voilà l'objet de nos présentes recherches. Et comme les travaux culturaux deviennent aisés ou difficiles, suivant que les terres sont lourdes ou légères, tenaces ou sans cohésion, nous avons besoin de connaître d'abord la densité^ la ténacité et la porosité. D'autre part, puisque le sol retient plus ou moins de chaleur, ce qui fait que les récoltes y sont précoces ou tardives ; puisqu'il se
montre inégalement perméable à Tair et à Teau, il convient aussi d'examiner ses relations avec les agents extérieurs. Ainsi, les propriétés physiques se partagent en deux groupes» suivant que Ton considère le sol en lui-même [propriétés intrinsèques) ou dans ses rapports avec Tair, Teau et la chaleur [propriétés extrinsèques).
Aussi longtemps qu'on s'est borné à l'étude des propriétés intrinsèques — abstraction faite de la texture du sol — et à la détermination des coefficients d'imbibition, d'hygroscopicité et d'évaporation, l'importance des caractères physiques ne ressortait pas de façon bien manifeste. On en était même arrivé au point de ne les mentionner que pour mémoire dans certains ouvrages agricoles. Les intéressantes recherches de WoLNY, de King, de Whitney et de Hall — qui ont sans doute inspiré l'excellente brochure de M. Garola (i) — celles de P. -P. Dehérain sur le travail du sol (2), ont considérablement élargi le cercle de nos idées. En tout cas, elles laissent déjà bien loin les anciens travaux de Schubler, de Masure et de Gasparin.
La plupart des propriétés des terres en place sont dominées par la texture du sol. Toute modification apportée à cette texture se traduit, en effet, par de sensibles variations dans les caractères physiques.
a) Des propriétés Intrinsèques. — Il y aurait lieu d'étudier ici tout ce qui peut intéresser le sol considéré en lui-même : texture, profondeur, couleur, poids spécifique, etc. — La profondeur de la couche
(i) C.-V. Garola : Contrihution a Vétude phy ique des^ sols (1903).
(3) P. -P. Dbhbraik : Traité de chimie agricole^ deuxième édition (1903), p. 403 à 433.
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arable varie de quelques centimètres à plus d'un mètre. Jointe à la position du terrain, elle devra guider le cultivateur dans le choix des plantes et des méthodes culturales. — Les diverses colorations des sols — qui favorisent plus ou moins l'absorption de la chaleur — sont dues surtout aux combinaisons du fer (sols verdâtres, jaunâtres, rouges et ocreux), aux substances humiques (sols bruns et noirs) et à l'abondance du calcaire (sols blancs et gris). Cela dit, nous étudierons plus spécialement la texture, la densité et la cohésion.
Texture du sol. — Du fait que la terre arable présente une structure granuleuse — seule compatible avec l'existence de la perméabilité — elle renferme nécessairement des cavités, des pores, des vides plus ou moins nombreux qui constituent Yespace lacunaire dont le volume, pour un sol donné, dépend à la fois des agglomérats terreux et de la dimension des particules élémentaires. Il est bien évident qu'en l'absence même de tout^ agrégat, il n'en existerait pas moins des interstices entre les grains d'argile, de sable, etc. Avant d'étudier ces différents espaces, je crois devoir insister sur les caractères physiques des particules du sol.
Les particules terreuses (i). — Depuis une dizaine d'années, plusieurs agronomes étrangers — ceux surtout qui font usage de la méthode hydraulique d'analyse physique — se sont préoccupés à juste titre de mesurer les dimensions des sables, deslimons
(1) Il ne faut pas confondre les particules terreuses avec les agrégats terreux. Tandis que ceux-ci ont la propriété de s'effriter (parce qu'ils sont un assemblage de particules) les autres restent intactes quand on les délaye dans l'eau ou que l'on essaye de les écraser sous la pression des doigts.
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et de Targile brute. Ces déterminations leur ont permis de calculer la vitesse des courants d'eau pour Tentraînement des particules, ainsi que la surface et le nombre des grains par unité de poids et de volume. Pour n'avoir pas à revenir sur cette question, j'ai groupé toutes les données utiles dans le tableau suivant :
DIAMàTKE DES GRAINS