‹ La terre arableChapitre 46 sur 77 · H5P-«J TR · texte numérisé non relu

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PROPRIETES CHIMIQUES I57

La terre séchée à l'air et tamisée fut disposée en couches de 200 grammes (séparées par des rondelles de papier filtre) dans une cloche à douille. Plusieurs rondelles de papier étaient établies à la surface, et c*est sur elles que Ton versa les solutions titrées de chlorure de potassium (3 grammes) ou de superphosphate (20 grammes), puis l'eau distillée nécessaire pour imbiber la terre. Des arrosages fréquents, mais peu copieux, poursuivis pendant un mois (i), favorisaient la diffusion des engrais dans le sol. A la fin de rexpérience — le sol ayant été suffisamment lavé pour entraîner les principes non absorbés — on enleva les diverses couches de terre et Ton y dosa l'acide phosphorique et la potasse. Connaissant la richesse préalable des sols, il devenait facile de calculer leur enrichissement Les terres expérimentées, au nombrç de trois, provenaient du Chalet de la Ville-sur-Lausanne (sol silico-argileux), de Praz-sur-Vevey (sol argilo-calcaire) et duTronchet-sur- Grandvaux (sol tourbeux).

1° Essais avec le superphosphate. — Le superphosphate fut appliqué à haute dose (45 fois la fumure ordinaire) ; la solution en contenait 20 grammes correspondant à 3 grammes d'acide phosphorique anhydre (P^O^). Voici les résultats obtenus pour les terres expérimentées :

Acide phosphorique dosé

(BN grammes)

Terre Terre Terre

du Chalet de Praz du Tronchet

!•■* Couche 0,9087 0,9124 0,6119

Absorption totale. . . 3,0344 3,9879 3,8543

P'O* non absorbé . . 0,0339 0,0039 0,0389

(l) Avec la terre, du Praz, plus fortement argileuse, le temps d^ropage.et de lavage fut de sept semaines.

L*épaisseur des tranches était de o^jOiô environ; on voit que, pour les terres du Chalet et du Praz, la presque totalité de Tacide phosphorique se retrouve sous une épaisseur de o'",i2. Avec le sol tourbeux du Tronchet, l'absorption serait moins accentuée (t). On remarquera, en prenant les tranches trois par trois (soit tous les cinq centimètres], que les quatre cinquièmes de V acide phosphorique sont restés dans la première \one (exception faite pour la terre tourbeuse du Tronchet qui en retient seulement les trois cinquièmes) ; la fraction restante appartient à peu près exclusivement à la seconde zone comprise entre o'",o5 et o'",io de profondeur.

2** Essais avec le chlorure de potassium. — Même disposition expérimentale que celle précédemment indiquée. La solution contenait 3 grammes de chlorure de potassium correspondant à i gr. 847 de potasse (en K* O). La terre tourbeuse du Tronchet n'a fixé que de très faibles quantités d'alcali : il n*en sera pas fait état.

potasse DOSEE

(bn grammes)

Terre Terre

du Chalet du Prax

I* Couche 0,537 Oi35?

4* — Oi^^ô 0,304

6* — O1I37 Oji^j

io« — 0,038 0,035

Absorption totale ... 1,815 't^4'

K'O non absorbée . . . 0,033 0,038

(i) En fait, les auteurs confondent ici Tabsorption et la rétrogradation. Ils ont dosé, dans la première tranche, l'acide phosphori-

PROPRlérés 6IOLOOIQ.UBS IS9

0|i voit manifestement que l'absorption de la potasse est toujours plus considérable dans les couches supérieureSy mais cette base descend plus bas que Tacide phosphorique : elle semble donc plus mobile.

Il résulte de ces expériences que Tabsorption se fait surtout dans les zones superficielles ; la potasse et Tacide phosphorique solubles, distribués à la surface de la terre, ne descendent pas au-delà d'une quinzaine de centimètres. Au point de vue pratique, une importante conclusion s'en dégage : la nécessité d'enfouir les engrais destinés à la nourriture des plantes à racines longues ou pivotantes. Cette prescription s'impose notamment pour les phosphates minéraux, à cause de la fixité de Tacide phosphorique indépendant des composés humiques. Pour les engrais potassiques, les inconvénients ne sont plus les mêmes, parce que la potasse devient accidentellement passive : elle forme arec Targile et les autres colloïdes des combinaisons facilement décomposables par les eaux terrestres.

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