‹ La terre arableChapitre 56 sur 77 · EN GRAMMES · texte numérisé non relu

EN GRAMMES

A. — A^ote de la terre à P origine . . . 54,600

Ajote apporté par la pluie :

i^ ammoniacal ..... 0,048

1® nitrique OjOi?

3° organique 0,013

B. — Ai^ote de la terre à la fin . . . . 78,600

A^ote des eaux de drainage . . . 0,198

La différence entre les sommes B et A accuse un gain de 24 gr. 124 d'azote correspondant à 30 kilogrammes par hectare de terre prise à la profondeur de dix centimètres.

Expériences de MM. Gautier et Drouin. — La présence des matières organiques favorise-t-elle à un haut degré l'enrichissement du sol en azote ? Est-elle nécessaire ou indispensable à l'activité microbienne ? Pour le savoir,' MM. Gautier et Drouin ont entrepris une série de recherches (i) dans des milieux artificiels formés de sable, de calcaire et d'argile, additionnés de très petites quantités de phosphate de potasse et d'une dose appréciable de matières organiques diverses : charbon de bois calciné, charbon pulvérisé et lavé aux acides, acide humique dérivé du sucre, etc..

Les résultats obtenus montrent que les sols privés de matières organiques ont perdu de l'azote, tandis que tous les autres en ont fixé des quantités dix fois plus fortes que l'eau acidulée exposée à l'air des champs, comme dans les expériences de M. Schlœsing. Ces constatations ne sont pas sans intérêt : elles nous apprennent que les substances hydrocarbonées exercent une action des plus favorables sur le développement des bactéries.

' Il convient de remarquer que si toutes les terres sans végétation (sols nus) s'enrichissent directement

(i) C. R. de l'Académie des sciences, t. CXVI, pp. 754, 863, 945, 1098 et 1233.

FERMENTS FIXATEURS D AZOTE aH

en azote combiné quand on les expose à Tair, les gains réalisés sont toujours plus élevés en présence des substances organiques. De fait, ainsi que je Tai reconnu moi-même, les matières humiques — surtout à Tétat d'humates — conviennent parfaitement à l'évolution des microbes fixateurs d'azote et contribuent ainsi, dans une large mesure, à Tenrichissement du sol. 11 suit de là que les terres en prairie, au même titre que les sols forestiers, où les débris végétaux abondent, doivent s'enrichir considérablement, à la longue, à mesure que la dose d'humus s'accroît.

D'après M. Henri (i), une forêt de hêtres accumule, par hectare et par an, 4^ à 5^ kilogrammes d'azote. Des feuilles de chêne et de hêtre abandonnées à l'air pendant plusieurs mois ont fixé respectivement 0,40 et 0,78 pour 100 d'azote. Dans les sols de prairie, les gains ne sont pas moins sensibles.

A Grignon, Dehérain suivit le mouvement de l'azote dans deux parcelles du champ d'expériences qui furent cultivées en sainfoin, de 1879 à 1885, puis transformées en prairies naturelles jusqu'en 1888. Les dosages d'azote effectués régulièrement, tous les deux ou trois ans, ont donné :

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