‹ La terre arableChapitre 57 sur 77 · AZOTE POUR · texte numérisé non relu

AZOTE POUR

Parcelle fumée avant . . . 1,50 1,65 1,77 1,98 Parcelle sans engrais. . . 1,46 1,50 1,65 1,81

Même sans tenir compte des prélèvements faits par les plantes, c'est-à-dire de l'azote contenu dans le foin récolté, les gains annuels — pour un hectare de

(i) Annales de la science agronomique ^ année 1897.

ai 2 LES FERMENTS DU SOL

terre pris à o^ïIO et pesant 2000 tonnes — seraient de 70 et de 96 kilogrammes.

Les résultats obtenus par Lawbs et Gilbert, à Rothamsted, ne sont pas moins curieux. Dans un sol maintenu en prairie pendant trente-trois ans (1856- 1888), la teneur en azote s'éleva de 1,520 à 2,345 pour 1000, soit une augmentation annuelle moyenne de 58 kilogrammes par hectare.

Il est curieux de voir que ces expériences de grande culture, poursuivies pendant de longues années, donnent des résultats concordants. Dans tous les cas, la terre s'enrichit considérablement quand on la maintient en prairie.

Mais a-t-on bien le droit d'affirmer que cet enrichissement provient essentiellement des actions microbiennes? Oui, si le sol ne reçoit aucune fumure... Oui encore, si la quantité d'azote apporté par l'engrais est inférieure à celle exportée par les récoltes de foin.

La nature de la flore, indépendamment de la constitution des milieux, n'exerce-t-elle pas une action directe sur l'importance des gains ? Les prairies artificielles, qui sont à base de légumineuses, sont-elles plus efficaces que les prairies naturelles, où les graminées dominent ? Cette question se trouve implicitement résolue par une belle expérience de M. Pa- GNOUL (i), et l'on peut dire que l'avantage est aux légumineuses, parce qu'elles ont la faculté d'utiliser l'azote atmosphérique.

Expérience de M. Pagnoul. — Six vases en grès imperméable, contenant 22 kilogrammes de terre, reçurent une même quantité d'engrais :

(i) Annales agronomiques^ t. XVI, p. 350.

FERMBKTS FIXATEURS D AZOTE 313

10 grammes de plâtre, 5 grammes de sang desséché, I gramme de sulfate d'ammoniaque.

Les deux premiers pots restèrent sans culture ; les autres portèrent un gazon de graminées ou bien du trèfle. On analysa séparément les récoltes, les eaux de drainage, la terre et les engrais, pour établir rigoureusement le bilan de l'azote. Les gains réalisés par l'ensemble, plantes et terres, après deux années (mars 1888-mars 1890) ont été les suivants :

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