PO OR CENT
Matières combustibles 60,800
Azote organique 2,814
Acide phosphorique 7,520
Chaux (en CaO) 19,784
Potasse (en K'O) 1,753
Fer (dosé au caméléon) 2,280
Malgré la forte proportion de chaux (représentant ici près de la moitié des cendres), il me paraissait bien difficile d'admettre que l'acide phosphorique fût entraîné accidentellement ou par les affinités absorbantes. N'avions-nous pas produit un composé chimique nouveau, un humophosphate ? Cette première expérience ne permettait pas de l'établir péremptoirement. Sans doute, la précipitation de î'humate par le phosphate monocalcique détermine toujours l'entraînement d'une fraction de l'acide phosphorique et donne ainsi naissance à des corps riches en phosphore, mais rien ne nous autorise à dire qu'il se produit alors incontestablement des humophosphates.
Il est bien manifeste que les sels métalliques incorporés à une solution d'humate et de phosphate alcalins peuvent former un mélange d'humate et de phosphate insolubles. Le sulfate d'alumine, par exemple, qui précipite I'humate de potasse, précipite également le phosphate alcalin... Du moment que ces corps sont associés ensemble, il n'y a aucune raison pour que la réaction change de sens, et il ne convient pas d'appliquer le nom à^ humophosphate au mélange d'humate et de phosphate d'alumine ainsi obtenu.
Avec le phosphate monocalcique, la réaction n'est pas du tout comparable. Ce composé ne réagit pas, en effet, sur le chlorure et le nitrate de calcium dont la présence ne saurait provoquer l'insolubilisation de l'acide phos-
ACTIONS RÉTROGRADANTES 365
phorique. Pour que le phosphate monocalcique passe à l'état bicalcique, il faut le concours de la chaux libre ou carbonatée. En Tabsence de ces matières, il n'y a donc pas lieu de redouter la formation du phosphate précipité (P«08H*Ca«).
Dès lors, on obtiendra Vhumophosphate calcique — celui que nous avons plus spécialement étudié — en traitant un humate alcalin [humate de potassium) par du phosphate acide de chaux. Voilà le principe de la réaction... Il est très discutable à première vue. — Se formet-il vraiment des substances nouvelles, des humophosphates ? Etant donné que nous connaissons imparfaitement les matières humiques naturelles, la question mérite d'être examinée avec beaucoup de soin. — Les nombreuses recherches effectuées à mon laboratoire vont me permettre de bien préciser les conditions expérimentales.
La préparation de Vhumophosphate exige la mise en œuvre de deux solutions : une solution de phosphate monocalcique et une solution d'humate alcalin exempte de carbonate. Si cette condition n'était pas satisfaite, on obtiendrait inévitablement un produit impur mélangé de phosphate précipité ; le carbonate alcalin, en réagissant sur le sel calcique, provoque la formation du carbonate de chaux qui détermine la rétrogradation du phosphate monocalcique. Il suffit de procéder à l'examen microchimique du précipité ainsi obtenu pour déceler son degré d'impureté : on constate alors, au milieu des flocons brunâtres du composé humique, l'existence de particules blanches ou de petits cristaux caractéristiques.
Pour se mettre à l'abri de ces réactious secondaires, il suffit de préparer l'humate avec des solutions étendues de carbonates alcalins, ou de le rendre très légèrement acétique... Cet acide décompose d'abord le carbonate en excès et précipite ensuite l'humus à des doses élevées : d'où résulte la possibilité d'obtenir, en agissant avec précaution, des liquides humiques neutres ou très légèrement acidulés. Après ébuUition, on peut filtrer les solutions et les employer à la préparation de l'humophosphate.
Dans mes premiers essais de précipitation par le phos-
aéfe LÀ cnxmi bb sôl
phate ihonocâlicique, j'ai opéré sUr 56, ce. ii'iihe solution d'hiimàte potassique (i) normale ou acidifiée, j'àî trouvé :