SÉRIE C
P>Os intrMlait : 1,0 Ac. phfiphor. diié
Humus
Eaux
Il convient de remarquer que les proportions d'acide phosphorique entraîné par les précipités sont très peu différentes, bien que nous ayons ajouté les solutions de phosphate une semaine à l'avance. A partir d'une cer-
^74 <^ CiflHH DIT $Ot
U.ine limite, les propriétés absorbantes de Padde hiimi^ que paraissent satisfaites : elles ne subissent plus de modifications appréciables, quelles que soient les doses de phosphate. Enfin, puisque l'absorption se manifeste même dans un milieu acide, où les f^o^hates devraient rester dissous, c'est une preuve péremptoire de l'existence des composés phospho-humiques. S'il s'agissait d'un simple entraînement mécanique, on trouverait des inégalités bien plus grandes d'une série à l'autre. Nous sommes donc en présence de combinaisons particulières, encore mal définies, mais d'une réelle importance au point de vue des propriétés fertilisantes de l'humus et des composés qui en dérivent.
S'il en est ainsi, on peut se demander pourquoi les acides humiques extraits de différentes terres ne possèdent pas, à poids égal, le même coefficient d'absorption à l'égard des phosphates ? Une semblable objection a été soulevée déjà pour contester le caractère chimique des propriétés absorbantes du sol : on peut répondre avec les mêmes arguments, puisque l'humus est un mélange complexe en voie de transformation. Et de même que nous trouvons dans le sol, à côté des débris rocheux qui continuent à se désagréger lentement, un des produits ultimes de la désagrégation — l'argile proprement dite — dont les propriétés absorbantes sont réelles; de même, à côté des matières végétales en voie de décomposition ou d'humification, nous rencontrons des composés humiques d'une nature particulière qui jouissent de facultés absorbantes — à l'instar de l'argile — et qui peuvent, au même titre, revêtir la forme colloïdale.
Or, le pouvoir absorbant de ces éléments très ténus est partiellement satisfait dans les conditions ordinaires, en sorte que la fixation de l'acide phosphorique — je devrais dire l'absorption d'une manière plus générale -^ telle que nous l'observons est essentiellement complémentaire. On ne mesure, en fait, que VahsorpHon apparente, et l'on comprend qu'elle puisse varier suivant que les substances humiques considérées auront fixé naturellement une proportion plus ou moins forte de phosphates* Ceci n'infirme en aucune façon l'existence des combinaisons 8X>éctales.
Je vais ewcore plxis loin : les acides servant d la précipitation attaquent «n partie Tacide phosphorique combiné à ITiumus, et <&e serait une erreur de croire que la fraction entraînée par les précipités d'acide humique mesure exactement la fraction absorbée : les nombres sont toujours trQp faibles.
'Fornifttkni de la ntatière noire* — Nous sayons Û4jà qti'<en^ précipitant des hutnates alcalins par des compt^sés calciques appropriés, on peut obtenir 'i'httaiate«trhumoîpbosphate correspondants. Si Ton emploie un' liquide contenant à k fois du nitrate de chaux (ou du chlorure de calcium) et du phosphate motiooatcique, il se produit un mélange d'humate et d'tiûmophosph^ate calciques. C'est ce mélange qui corr^pond à la matière noire du mL Que Ton fasse T-arier la composition du réactif précipitant, soit en dimintrant, «oit <en augmentant ia dose de phosphate, et Ton obtiendra ton précipité plus on moins riche en acide phosphorique.
Ainsi,' la constitution de la matière noire dépend à la fois nie k nature -et d^e k richesse des liqnides employés à k précipitation.
Pour simplifier les choses, nons supposerons constante la composition de la solution humiqne. .. En ce cars, c*«st k nature des eaux qui influe sur ia co-mpo- ■sitt^n de la matière noire. Si les eaux dn «ol sont lilJtéfvatemettt dépourmes d'acide phosphoriq'ue, il se prodnira exclusivemrent 'des fenmates terreux (humate ^akâ-qjue snîtout) ne contenant qne ie phosphore des cotnposés îhnmiqnes primitifs^ Au contraire, si les «anx oô^ntiennent des phosphates solmbles, il se fortti'era des hntnophosphates, par précipitation directe, ou 'des 'Composés phospho-humi-ques, par précipita- "tàon et afesorptîon concomitantes. Jitant donné que les eaux t€OTestfes offrent nne -composition irariable
37^ tA CHIMIE DU SOL
d'un moment à Tautre, le même terrain peut engendrer une matière noire d'une valeur très inégale, suivant son état de fertilité, l'intensité de son coefficient digestif et la fréquence des fumures phosphatées.
Dans les sols doués d'une grande activité chimique, dans ceux où l'humus et les phosphates abondent, la matière noire se forme naturellement et accuse une richesse normale; dans les terres pauvres, nécessitant l'apport des engrais phosphatés, l'emploi des superphosphates a pour principal effet d'assurer la formation des composés phospho-humiques.
FoTmation des enduits. — Les grains sableux, séparés de la terre par lévigation, sont ordinairement pourvus d'un enduit de revêtement. M. Schlœsing explique ainsi la formation de ces enduits persistants dont les matériaux constitutifs ont été dissous puis déposés sur les éléments du sol :
« Je commence par considérer la dissolution exis- « tant dans une terre végétale. Elle contient des com- « posés franchement solubles comme les nitrates, « les chlorures, et d'autres très peu solubles ou « réputés insolubles : la matière brune qui procède « du terreau, les carbonate et bicarbonate de chaux, ^ de magnésie ; des phosphates terreux, de la silice, « de l'alumine, de l'oxyde de fer et de l'oxyde de « manganèse. Son volume varie continuellement, « sous les influences contraires de l'évaporation et « des apports d'eaux de pluies ou d'irrigation. Pen- « dant les variations de son volume, les composés « très solubles, presque toujours en quantités relati- « vement faibles, demeurent dissous en totalité, sauf « le cas de sécheresse extrême ; mais il en est autre- < ment des substances très peu solubles.
ACTIONS RÉTftOGRADANTES 377
« Le sol en possède des réserves qui sont considé- « râbles par rapport aux quantités de ces substances « existant à l'état dissous, et les réserves sont partout « disséminées, en sorte que la dissolution est pour « ainsi dire, en tout point, en contact avec elles et « tend constamment à s'en charger dans les mêmes ^ mesures. C'est bien ce qu'a observé et expliqué « M. ScHLŒSiNG fils, en ce qui concerne l'acide phos- « phorique dissous.
« Dans de telles conditions, la dissolution, toujours '« à peu près saturée des substances très peu solu- « blés, doit en laisser déposer ou en dissoudre da- « vantage, selon qu'elle est en voie de diminution ou « d'accroissement de volume. On conçoit sans peine « que, pendant les périodes de diminution, les sub- « stances qu'elle abandonne se déposent sur les sur- « faces du corps qu'elle baigne, c'est-à-dire sur les « éléments du sol, sous la forme de couches extrê- « mement minces. Mais ces couches seraient éphé- « mères et disparaîtraient, pendant les périodes « d'accroissement, si quelque cause n'intervenait « pour les maintenir.
« Cette cause, je la vois dans une certaine attrac- « tion exercée par les éléments du sol sur les sub- « stances déposées à leurs surfaces. Je n'ai pas besoin « de lui prêter l'énergie de celle qui préside aux phé- « nomènes de teinture, où des matières colorantes « solubles perdent absolument toute solubilité en se « fixant sur des fibres. 11 suffit qu'elle agisse à la « façon de la capillarité, quand celle-ci, attirant les « couches très minces d'eau qui enveloppent les par- « ticules d'un corps en poudre humide, diminue « leur tension de vapeur. Q.ue Fattraction supposée « diminue si peu que ce soit la solubilité des sub- « stances déposées sur les éléments d'un sol, il n'en « faut pas plus pour que l'on comprenne la formait .
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« tion des enduits dont il s'agit. Car du moment que « les substances déposées sur les éléments du sol « sont devenues moins solubles, la dissolution s*cst « trouvée plus que saturée à leur égard, et quand « son volume est entré en accroissement, c'est à « leurs réserves qu'elle s'est adressée pour complé- « ter son approvisionnement ; et ainsi, par des alter- « natives d'emprunts faits aux réserves et de dépôts « sur les éléments du sol, un transport s'est établi « des unes aux autres, jusqu'à ce que l'enrobage ait « acquis l'épaisseur au-delà de laquelle Tattraction « na plus agi (i). »
J'ai insisté précédemment sur la nature des enduis. Bien que la plupart des éléments dérivés concourent à la formation de ces revêtements protecteurs, je persiste à croire que la matière noire^ dans la généralité des cas, en est le point de départ et le principe essentiel.