‹ La terre arableChapitre 7 sur 77 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

d'inertie absolue dans le sol, au point de vue physiologique, puisque les plantes envoient leurs racines dans tous les sens et parfois à de grandes profondeurs.

Le souS'Sol lui-même peut être exploré par la végétation. Il diffère du sol par sa formation, sa nature et son état physique. Quand le sol s'est formé sur place, avec les éléments ou les matériaux authigèneSy il offre une composition chimique peu différente de celle du sous-sol ; il en est autrement pour les sols de transport constitués par des éléments allôthigènes ou de provenance éloignée.

A nos yeux, la terre arable est une roche superficielle discontinue, et par cela mêm^e accessible à la culture, formée d'espèces minéraies diverses partiellement décomposées ou en voie de décomposition, Cçtte définition scientifique a l'avantage d'être à la fois simple et précise. On pourrait la compléter, au point de vue chimique, en ajoutant, avec H. Davy, que le sol est une espèce de laboratoire dans lequel se préparent une partie des aliments destinés à la végétation.

Une masse rocheuse superficielle s'efFrite ou se pulvérise : elle devient discontinue et accessible aux agents extérieurs ; elle offre aux plantes un support meuble où les racines peuvent s'étendre : voilà le sol primitif. Dans ce sol, essentiellement minéral, que trouvons-nous? Des fragments rocheux mêlés aux composants minéraux de la roche mère qu'un travail de division plus parfait a déjà séparés. Il n'y a là que des éléments originels. Peu à peu, la décomposition chimique se manifeste : des minéraux altérables sont modifiés par dissolution, par oxydation, par carbonatation ; il se fait alors de nouveaux corps (argile et calcaire) ayant une composition et des propriétés chimiques différentes : ce sont des éléments dérivés. Supposons maintenant qu'une végétation cryptogamique ou autre s'empare du terrain et qu'elle meure sur place I Des débris d'êtres organisés s'incorporent à la masse ; l'humus apparaît, et voilà notre sol primitif transformé en sol végétal.

Tout oe travail s'est accompli lentement, au cours des siècles, par étapes successives et lointaines cor-

i '.-' . V : y iÀ^^ORMATION DU SOL

;ç*S5|pnâîjii^'àc^^j:andes périodes géologiques auxquelles nous rattachons : la consolidation des roches, la formation des terrains sédimentaires — qui fut troublée par des éruptions intermittentes donnant lieu parfois à des phénomènes métamorphiques — et l'apparition de la vie.

Au point de vue agrologique, un fait domine tous les autres : ce sont les roches superficielles de Técorce terrestre qui ont engendré le sol. Quelles étaient ces roches ? Comment se sont-elles transformées ou désagrégées ? Par quel mécanisme les masses rocheuses, primitivement dures, compactes et continues, comparables à celles que nous rencontrons dans les profondeurs ou qui apparaissent sur le flanc des montagnes, ont-elles pu former ces particules terreuses où Ton retrouve encore, sous forme de composants sableuxy des espèces minérales parfaitement reconnaissablés et de tout point identiques à celles qui composent les roches? Pour pénétrer le mystérieux travail qui s'est effectué, pour bien en saisir le sens, il faut nécessairement que nous étendions nos connaissances géologiques, minéralogiques et pétrographiques (i).

!• — Étude des masses rocheuses.

Origine des roclies. — On admet que le globe terrestre, à Torigine, était constitué par une masse fluide entourée d'une atmosphère épaisse de gaz et de vapeurs. Peu à peu, à la suite de refroidissements successifs, de profonds changements se produisirent dans les régions périphériques : de séléménts gazeux

(i) La minéralogie 3L pour objet l'étude des minéraux constitutifs des roches ; la pétrographie (de pétros, pierre) s'occupe plus spécialement des roches elles-mêmes.

Page 1