‹ La terre avant le déluge (volume 2)Chapitre 18 sur 53 · Cypris spinigera · texte numérisé non relu

Cypris spinigera

Fig. 213. Cypris waldensis.

Cypris waldensis (fig. 213), peuvent être considérés comme les fossiles caractéristiques de cette petite faune locale.

La puissance de ce dépôt lacustre est d'environ 300 mètres. 11 se compose, d'une part, d'argiles , de marnes et de bancs de calcaire remplis et comme pétris de Paludines; d'autre part, de sables, de grès calcarifères et d'argiles (Hastingssand).

Gomme nous l'avons dit, on considère ces couches comme un dépôt de delta formé à l'embouchure d'une rivière qui se jetait dans la mer crétacée.

Le terrain crétacé n'est pas seulement intéressant par ses fossiles, il présente aussi des sujets d'études au minéralogiste. La craie blanche, examinée au microscope, par M. Ehrenberg, a montré une très-curieuse structure globuliforme Les parties vertes de ses grès et calcaires verls constituent des composés fort singuliers. D'après les résultats des analyses de M. Berthîer, on les a considérées comme des silicates de fer. Les minerais de fer s'y montrent, non pas en couches comme dans le terrain jurassique, mais en amas, dans des espèces de poches de l'assise urgonienne. Us sont ordinairement hydratés à l'état d'hématites et accompagnés de quantités d'ocre tellement abondantes qu'ils sont souvent inexploitables. Dans le midi de la France, ces espèces de Olons ont été travaillés assez profondément par les anciens moines, qui étaient métallurgistes.

Mais c'est spécialement aux artistes que la puissante assise urgonienne présente un intérêt tout spécial, à cause de ses admirables cassures verticales, de ses redressements en forme de pics, plus audacieux les uns que les autres. Dans le Var, les défilés de la Vésubia, de TEsteron, de Tinéa sont serrés entre des murailles, à pic sur plusieurs centaines de mètres, entre lesquelles existe à peine l'espace d'une route étroite que longent des torrents mugissants.

« Dans la Drôme, dit M. Fournet , l'entrée de la belle vallée du Vercors était interdite pendant une partie de Tannée, parce que pour y pénétrer il fallait passer nécessairement au travers de deux orifices, le Grand et le Petit-Goulet^ par lesquels s'échappent les eaux du pays. C'est assez dire qu'il fallait y prendre un bain de pied, môme pendâiit^ks temps de sécheresse. V

« Un pareil état ne pouvait durer, et, en 18^8, il était curieux de voir les mineurs appendus contre le flanc de l'un des précipices latéraux à environ 150 mètres au-dessus du torrent comme à égale hauteur audessous du sommet de la crête. Là, ils commençaient par pratiquer des niches qui, toutes placées au môme niveau et successivement agrandies, se sont raccordées entre elles de manière à constituer dans la roche une route carrossable, tantôt en galerie, tantôt couverte par un encorbelle-

ment et dont le parcours présente de continuelles surprises aux voyageurs.

•r Ce n'est pas tout, ajoute M. Fournet, celui qui parcourt les hauts plateaux du pays, y trouve à chaque pas des effrondrements du sol, désignés sous les noms de pots et de scialets. Les plus vieux ont leur concavité revêtue d'une curieuse végétation dans laquelle dominent les Aucolins, qui y trouvent un abri contre les vents rasants, si furieux dans ces régions culminantes.

•r D'autres forment des espèces de cavernes dans lesquelles se conserve une température assez bonne pour que l'eau s'y congèle, môme au milieu des étés. Ces cavités constituent des glacières naturelles^ que l'on retrouve du reste aussi sur certains hauts plateaux du Jura.

•t Enfin, les crevasses du calcaire reçoivent les eaux provenant des pluies et de la fonte des neiges. Elles s'infiltrent au travers de la roche de manière à arriver à l'assise marnière inférieure, où elles constituent des nappes qui ont dû chercher des issues pour s'épancher au jour. De là, des galeries souterraines qui forment des cavernes d'une longueur parfois considérable, et dans lesquelles se réunissent toutes les merveilles que peuvent engendrer les éboulements , les stalactites, les stalagmites, des lacs placides et des torrents fougueux. Enfin, ces eaux débouchant par les orifices extérieurs donnent naissance à ces belles fontaines qui du premier bond forment une véritable rivière. »

Étage glauconieux. — Le nom de cet étage satire d'une roche nommée glauconiey composée de calcaires et de grains verdâtres de silicate de fer, qui est souvent mêlé aux calcaires de ce terrain.

Les espèces animales fossiles qui servent à reconnaître cet étage sont très-variées. Parmi ses nombreux types, nous citerons les crustacés appartenant aux genres Arcania et Corystcs; beaucoup de mollusques nouveaux , Buccinum, Solen, Plerodonta, Voluta, Chama; une très-grande quantité de mollusques brachiopodes formant des bancs sous-marins très-développés ; des écliinodermes inconnus jusqu'alors, et surtout un grand nombre de zoophytes.

Voici un certain nombre d'espèces caractéristiques de cet étage :

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