I.HlHL
Fig. 305. Mammouth restauré.
auront d'ailleurs l'avantage de nous donner Texplicalion de plusieurs faits consignés dans les annales de différents peuples.
A toutes les époques, et presque dans tous les pays, le hasard a fait découvrir dans le sol des ossements d'Ëléphant. Pline nous a transmis la tradition, recueillie par l'historien Théophraste, qui écrivait 320 ans avant Jésus-Christ, de l'existence d'ossements ou d'ivoire fossile {ebur fossile) ^ dans le sol de la Grèce*.
Gomme certains os de l'Éléphant ont quelque ressemiblance
1. Theophratus auctor est^ et ehur fossile candido et nigro colore inveniri^ et ossa e terra nasci, invenirique lapides osseosy lib. XXXVI, cap. xxix. « Théophraste assure que l'on a trouvé de l'ivoire fossile noir et blanc, ainsi que des os transformés en pierres; ces os étaient nés de la terre. »»
avec ceux de Thomme, on les a souvent pris pour des os humains. Dans les premiers temps de l'histoire, les grands ossements que Ton déterrait accidentellement, passaient pour avoir appartenu à des demi-dieux ou à des héros. On y vit plus tard des restes de géants. Nous avons déjà parlé de Terreur qui fit prendre, chez les Grecs, une rotule d'Éléphant pour celle d'Ajax. C'est également à des os d'Éléphant fossile qu'il faut attribuer le géant dont parle Pline*, et qui fut mis à découvert par un tremblement de terre. On doit encore rapporter à la même origine le prétendu corps d'Oreste, long de 7 coudées (k mètres), qui fut découvert à Tégée par les Spartiates'; celui d'Astérius, fils d'Ajax, découvert dans l'île de Ladée, et long de 10 coudées, selon Pausanias; enfin les grands os qui furent trouvés dans l'île de Rhodes et dont parle l^hlégon de Tralles '.
On remplirait des volumes rien qu'avec les histoires de prétendus géants trouvés dans d'anciens tombeaux. Au reste, ces livres existent, et sont même assez nombreux dans la littérature du moyen âge ; ils ont pour titre : Gigantologie. Tous les faits, plus ou moins réels, tous les récits, véridiques ou imaginaires, rassemblés dans ces recueils, peuvent s'expliquer par la découverte accidentelle d'os d'Éléphant, plutôt que de tout autre animal de notre époque ou de l'ancien monde.
On trouve répétée dans toutes les Giganiologies l'histoire du prétendu géant découvert, au quatorzième siècle, à Trapani, en Sicile, dont parle Boccace, et qu'on ne manqua point de prendre pour Polyphème; ainsi que l'histoire du géant trouvé, au seizième siècle, selon Fasellus, dans les environs de Palerme. Le même auteur cite d'autres parties de la Sicile, comme Melilli, entre Leontium et Syracuse, Carine, à 12 milles de Palerme, Calatrasi, Petralia, etc., où l'on déterra des os de géants.
Le P. Kircher parle de trois autres géants trouvés en Sicile, et dont il ne restait de bien complet que les dents*.
En 1577, un ouragan ayant déraciné un chêne près du cloître